# An Essay Concerning Human Understanding

- Identifiant : `locke.essay_human_understanding`
- Auteur : John Locke
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/john-locke/essay-human-understanding/reference-b3-c6-s39/
- Empreinte : `7cedb20097555e11c96c42e4a837e6e7f999a7848a9430c2bdffb20d4b088aa2`

## Passage B3.C6.S39

### English

How much the making of species and genera is in order to general names; and how much general names are necessary, if not to the being, yet at least to the completing of a species, and making it pass for such, will appear, besides what has been said above concerning ice and water, in a very familiar example. A silent and a striking watch are but one species, to those who have but one name for them: but he that has the name WATCH for one, and CLOCK for the other, and distinct complex ideas to which those names belong, to HIM they are different species. It will be said perhaps, that the inward contrivance and constitution is different between these two, which the watchmaker has a clear idea of. And yet it is plain they are but one species to him, when he has but one name for them. For what is sufficient in the inward contrivance to make a new species? There are some watches that are made with four wheels, others with five; is this a specific difference to the workman? Some have strings and physics, and others none; some have the balance loose, and others regulated by a spiral spring, and others by hogs' bristles. Are any or all of these enough to make a specific difference to the workman, that knows each of these and several other different contrivances in the internal constitutions of watches? It is certain each of these hath a real difference from the rest; but whether it be an essential, a specific difference or no, relates only to the complex idea to which the name watch is given: as long as they all agree in the idea which that name stands for, and that name does not as a generical name comprehend different species under it, they are not essentially nor specifically different. But if any one will make minuter divisions, from differences that he knows in the internal frame of watches, and to such precise complex ideas give names that shall prevail; they will then be new species, to them who have those ideas with names to them, and can by those differences distinguish watches into these several sorts; and then WATCH will be a generical name. But yet they would be no distinct species to men ignorant of clock-work, and the inward contrivances of watches, who had no other idea but the outward shape and bulk, with the marking of the hours by the hand. For to them all those other names would be but synonymous terms for the same idea, and signify no more, nor no other thing but a watch. Just thus I think it is in natural things. Nobody will doubt that the wheels or springs (if I may so say) within, are different in a RATIONAL MAN and a CHANGELING; no more than that there is a difference in the frame between a DRILL and a CHANGELING. But whether one or both these differences be essential or specifical, is only to be known to us by their agreement or disagreement with the complex idea that the name man stands for: for by that alone can it be determined whether one, or both, or neither of those be a man.

### French

Outre l’exemple de la Glace & de l’Eau que nous avons rapporté * ci-deſſus, en voici un fort familier par où il ſera aiſé de voir combien la formation des Genres & des Eſpèces a du rapport aux noms généraux, & combien les noms généraux ſont néceſſaires, ſi ce n’eſt pour donner l’exiſtence à une Eſpèce, du moins pour la rendre complete, & la faire paſſer pour telle. Une Montre qui ne marque que les heures, & une Montre ſonnante ne ſont qu’une ſeule Eſpèce à l’égard de ceux qui n’ont qu’un pour les déſigner : mais à l’égard de celui qui a le nom de Montre pour déſigner la prémiére, & celui d’Horloge pour ſignifier la derniére, avec les différentes idées complexes auxquelles ces noms appartiennent, ce ſont, par rapport à lui, des Eſpèces différentes. On dira peut-être que la diſpoſition intérieure eſt différente de ces deux Machines dont un Horloger à une idée fort diſtincte. Qu’importe ? Il y a des Montres à quatre roûës, & d’autres à cinq ; eſt-ce là une différence ſpécifique par rapport à l’Ouvrier ? Quelques-unes ont des cordes & des fuſées, & d’autres n’en ont point : quelques-unes ont le balancier libre, & d’autres conduit par un reſſort fait en ligne ſpirale, & d’autres par des ſoyes de Pourceau : quelqu’une de ces choſes ou toutes enſemble ſuffiſent-elles pour faire une différence ſpécifique à l’égard de l’Ouvrier qui connoit chacune de ces différences en particulier, & pluſieurs autres qui ſe trouvent dans la conſtitution intérieure des Montres ? Il eſt certain que chacune de ces choſes différe réellement du reſte, mais de ſavoir ſi c’eſt une différence eſſentielle & ſpécifique, ou non, c’eſt une queſtion dont la déciſion dépend uniquement de l’idée complexe à laquelle le nom de montre eſt appliqué. Tandis que toutes ces choſes conviennent dans l’idée que ce nom ſignifie, & que ce nom ne comprend pas différentes Eſpèces ſous lui en qualité de terme générique, il n’y a entre elles ni différence eſſentielle, ni ſpécifique. Mais ſi quelqu’un veut faire de plus petites diviſions fondées ſur les différences qu’il connoit dans la configuration intérieure des Montres, & donner des noms à ces idées complexes, formées ſur ces préciſions, il peut le faire ; & en ce cas-là ce ſeront tout autant de nouvelles Eſpèces & l’égard de ceux qui ont ces idées & qui leur aſſignent des noms particuliers : de ſorte qu’en vertu de ces différences ils peuvent diſtinguer les Montres en toutes ces diverſes Eſpèces ; & alors le mot de Montre ſera un terme générique. Cependant ce ne ſeroient pas des Eſpèces diſtinctes par rapport à des gens qui n’étant point Horlogers ignoreraient la compoſition intérieure des Montres, & n’en auroient point d’autre idée que comme d’une Machine d’une certaine forme extérieure, d’une telle groſſeur, qui marque les heures par le moyen d’une aiguille. Tous ces autres noms ne ſeroient à leur égard qu’autant de termes ſynonymes pour exprimer la même idée, & ne ſignifieroient autre choſe qu’une Montre. Il en eſt juſtement de même dans les choſes naturelles. Il n’y a perſonne, je m’aſſûre, qui doute que les Rouës ou les Reſſorts (ſi j’oſe m’exprimer ainſi) qui agiſſent intérieurement dans un homme raiſonnable & dans un Imbecille ne ſoient différens, de même qu’il y a de la différence entre la forme d’un Singe, & celle d’un Imbecille. Mais de ſavoir ſi l’une de ces différences, ou toutes deux ſont eſſentielles ou ſpecifiques, nous ne ſaurions le connoître que par la conformité ou non-conformité qu’un Imbecille & un Singe ont avec l’idée complexe qui eſt ſignifiée par le mot Homme ; car c’eſt uniquement par-là qu’on peut déterminer, ſi l’un de ces Etres eſt Homme, s’ils le ſont tous deux, ou s’ils ne le ſont ni l’un ni l’autre.

