# Collected Papers on Analytical Psychology

- Identifiant : `jung.collected_papers_analytical_psychology`
- Auteur : Carl Gustav Jung
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/jung/collected-papers-analytical-psychology/reference-section-0163/
- Empreinte : `e9061d7d307d091a3aa6c07f3b6fb06b3996973ba6d0ed10269a9afdfcd6581c`

## Passage section-0163

### English

But all this does not go so far as to say that we must cast the blame of inherited sins upon our parents. A sensitive child whose intuition is only too quick in reflecting in his own soul all the excesses of his parents must lay the blame for his fate on his own characteristics. But, as our last case shows, this is not always so, for the parents can (and unfortunately only too often do) fortify the evil in the child's soul, preying upon the child's ignorance to make him the slave of their complexes. In our case this attempt on the part of the father is quite obvious. It is perfectly clear why he wanted to marry his daughter to this brutish creature: he wanted to keep her and make her his slave for ever . What he did is but a crass exaggeration of what is done by thousands of so-called respectable, educated people, who have their own share in this educational dust-heap of enforced discipline. The [170] fathers who allow their children no independent possession of their own emotions, who fondle their daughters with ill-concealed eroticism and tyrannical passion, who keep their sons in leading-strings, force them into callings and finally marry them off "suitably," and the mothers who even in the cradle excite their children with unhealthy tenderness, later on make them into slavish puppets, and then at last, out of jealousy, destroy their children's love-life fundamentally, they all act not otherwise than this stupid and brutal boor.

It will be asked, wherein lies the parents' magic power to bind their children to themselves, as with iron fetters, often for the whole of their lives? The psychoanalyst knows that it is nothing but the sexuality on both sides.

We are always trying not to admit the child's sexuality. That view only comes from wilful ignorance, which happens to be very prevalent again just now. [158]

### French

Mais tout cela ne va pas jusqu’à dire que nous devions rejeter sur nos parents la faute des péchés hérités. Un enfant sensible, dont l’intuition ne reflète que trop promptement dans sa propre âme tous les excès de ses parents, doit attribuer son destin à ses propres caractéristiques. Mais, comme le montre notre dernier cas, il n’en va pas toujours ainsi, car les parents peuvent, et malheureusement ne le font que trop souvent, fortifier le mal dans l’âme de l’enfant, profitant de son ignorance pour le rendre esclave de leurs complexes. Dans notre cas, cette tentative de la part du père est tout à fait évidente. La raison pour laquelle il voulait marier sa fille à cette créature brutale est parfaitement claire : il voulait la garder et faire d’elle son esclave pour toujours. Ce qu’il fit n’est qu’une exagération grossière de ce que font des milliers de personnes dites respectables et instruites, qui ont leur propre part dans ce dépotoir éducatif qu’est la discipline imposée. Les [170] pères qui ne permettent à leurs enfants aucune possession indépendante de leurs propres émotions, qui caressent leurs filles avec un érotisme mal dissimulé et une passion tyrannique, qui tiennent leurs fils en lisière, leur imposent une profession et finissent par les marier « convenablement », et les mères qui, dès le berceau, excitent leurs enfants par une tendresse malsaine, en font plus tard des pantins serviles et, finalement, détruisent par jalousie la vie amoureuse de leurs enfants jusque dans ses fondements, tous n’agissent pas autrement que ce paysan stupide et brutal.

On demandera en quoi réside la puissance magique des parents qui leur permet d’attacher leurs enfants à eux comme par des chaînes de fer, souvent pour toute leur vie. Le psychanalyste sait qu’il ne s’agit de rien d’autre que de la sexualité des deux côtés.

Nous essayons toujours de ne pas admettre la sexualité de l’enfant. Cette conception ne procède que d’une ignorance volontaire, qui se trouve être de nouveau très répandue à l’heure actuelle. [158]

