# Cratylus

- Identifiant : `plato.cratylus`
- Auteur : Plato
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/plato/cratylus/reference-425/
- Empreinte : `5e7d98e897d17e2f854e34d46e783a68f20e9a3d0b1b6224c993e8c1f32171e7`

## Passage 425

### Ancient Greek

ΣΩ. μᾶλλον δὲ οὐχ ἡμεῖς, ἀλλὰ λέγων ἐξηνέχθην. συνέθεσαν μὲν γὰρ οὕτως ᾗπερ σύγκειται οἱ παλαιοί· ἡμᾶς δὲ δεῖ, εἴπερ τεχνικῶς ἐπιστησόμεθα σκοπεῖσθαι αὐτὰ πάντα, οὕτω διελομένους, εἴτε κατὰ τρόπον τά τε πρῶτα ὀνόματα κεῖται καὶ τὰ ὕστερα εἴτε μή, οὕτω θεᾶσθαι· ἄλλως δὲ συνείρειν μὴ φαῦλον ᾖ καὶ οὐ καθʼ ὁδόν, ὦ φίλε Ἑρμόγενες. ΕΡΜ. ἴσως νὴ Δίʼ, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. τί οὖν; σὺ πιστεύεις σαυτῷ οἷός τʼ ἂν εἶναι ταῦτα οὕτω διελέσθαι; ἐγὼ μὲν γὰρ οὔ. ΕΡΜ. πολλοῦ ἄρα δέω ἔγωγε. ΣΩ. ἐάσομεν οὖν, ἢ βούλει οὕτως ὅπως ἂν δυνώμεθα, καὶ ἂν σμικρόν τι αὐτῶν οἷοί τʼ ὦμεν κατιδεῖν, ἐπιχειρῶμεν, προειπόντες, ὥσπερ ὀλίγον πρότερον τοῖς θεοῖς, ὅτι οὐδὲν εἰδότες τῆς ἀληθείας τὰ τῶν ἀνθρώπων δόγματα περὶ αὐτῶν εἰκάζομεν, οὕτω δὲ καὶ νῦν αὖ εἰπόντες ἡμῖν αὐτοῖς ἴωμεν, ὅτι εἰ μέν τι χρῆν ἔδει αὐτὰ διελέσθαι εἴτε ἄλλον ὁντινοῦν εἴτε ἡμᾶς, οὕτως ἔδει αὐτὰ διαιρεῖσθαι, νῦν δὲ τὸ λεγόμενον κατὰ δύναμιν δεήσει ἡμᾶς περὶ αὐτῶν πραγματεύεσθαι; δοκεῖ ταῦτα, ἢ πῶς λέγεις; ΕΡΜ. πάνυ μὲν οὖν σφόδρα ἔμοιγε δοκεῖ. ΣΩ. γελοῖα μὲν οἶμαι φανεῖσθαι, ὦ Ἑρμόγενες, γράμμασι καὶ συλλαβαῖς τὰ πράγματα μεμιμημένα κατάδηλα γιγνόμενα· ὅμως δὲ ἀνάγκη. οὐ γὰρ ἔχομεν τούτου βέλτιον εἰς ὅτι ἐπανενέγκωμεν περὶ ἀληθείας τῶν πρώτων ὀνομάτων, εἰ μὴ ἄρα βού λει, ὥσπερ οἱ τραγῳδοποιοὶ ἐπειδάν τι ἀπορῶσιν ἐπὶ τὰς μηχανὰς καταφεύγουσι θεοὺς αἴροντες, καὶ ἡμεῖς οὕτως εἰπόντες ἀπαλλαγῶμεν, ὅτι τὰ πρῶτα ὀνόματα οἱ θεοὶ ἔθεσαν καὶ διὰ ταῦτα ὀρθῶς ἔχει. ἆρα καὶ ἡμῖν κράτιστος οὗτος τῶν λόγων; ἢ ἐκεῖνος, ὅτι παρὰ βαρβάρων τινῶν αὐτὰ παρειλήφαμεν, εἰσὶ δὲ ἡμῶν ἀρχαιότεροι βάρβαροι;

### English

Socrates. No, not we; I said that too hastily. For the ancients gave language its existing composite character; and we, if we are to examine all these matters with scientific ability, must take it to pieces as they put it together and see whether the words, both the earliest and the later, are given systematically or not; for if they are strung together at haphazard, it is a poor, unmethodical performance, my dear Hermogenes. Hermogenes. By Zeus, Socrates, may be it is. Socrates. Well, do you believe you could take them to pieces in that way? I do not believe I could. Hermogenes. Then I am sure I could not. Socrates. Shall we give up then? Or shall we do the best we can and try to see if we are able to understand even a little about them, and, just as we said to the gods a while ago that we knew nothing about the truth but were guessing at human opinion about them, so now, before we proceed, shall we say to ourselves that if anyone, whether we or someone else, is to make any analysis of names, he will have to analyze them in the way we have described, and we shall have to study them, as the saying is, with all our might? Do you agree, or not? Hermogenes. Yes, I agree most heartily. Socrates. It will, I imagine, seem ridiculous that things are made manifest through imitation in letters and syllables; nevertheless it cannot be otherwise. For there is no better theory upon which we can base the truth of the earliest names, unless you think we had better follow the example of the tragic poets, who, when they are in a dilemma, have recourse to the introduction of gods on machines. So we may get out of trouble by saying that the gods gave the earliest names, and therefore they are right. Is that the best theory for us? Or perhaps this one, that we got the earliest names from some foreign folk and the foreigners are more ancient than we are? Or that it is impossible to investigate them because of their antiquity, as is also the case with the foreign words?

### French

Socrate. Non, pas nous. J’ai parlé trop vite. Ce sont les anciens qui ont donné au langage le caractère composé qu’il possède aujourd’hui. Quant à nous, si nous voulons examiner toutes ces questions avec une compétence scientifique, nous devons le décomposer comme ils l’ont assemblé et voir si les mots, les plus anciens comme les plus récents, ont été donnés méthodiquement ou non. Car s’ils ont été enfilés au hasard, le travail est mauvais et dépourvu de méthode, mon cher Hermogène.

Hermogène. Par Zeus, Socrate, c’est peut-être le cas.

Socrate. Eh bien, crois-tu pouvoir les décomposer de cette manière ? Moi, je ne pense pas en être capable.

Hermogène. Alors, je suis certain de ne pas l’être non plus.

Socrate. Devons-nous donc renoncer ? Ou bien ferons-nous de notre mieux pour essayer de voir si nous pouvons en comprendre ne serait-ce qu’un peu ? Tout à l’heure, nous avons dit aux dieux que nous ne savions rien de la vérité et que nous ne faisions que conjecturer les opinions humaines à leur sujet. De même, avant de poursuivre, devons-nous maintenant nous dire que si quelqu’un, nous-mêmes ou un autre, doit entreprendre une analyse quelconque des noms, il devra les analyser de la manière que nous avons décrite, et que nous devrons les étudier, comme le dit le proverbe, de toutes nos forces ? Es-tu d’accord ou non ?

Hermogène. Oui, je suis entièrement d’accord.

Socrate. Il paraîtra, j’imagine, ridicule que les choses soient rendues manifestes par une imitation réalisée au moyen de lettres et de syllabes. Pourtant, il ne peut en aller autrement. Car il n’existe pas de meilleure théorie sur laquelle nous puissions fonder la vérité des noms les plus anciens, à moins que tu ne penses préférable de suivre l’exemple des poètes tragiques qui, lorsqu’ils sont dans l’embarras, recourent à l’introduction de dieux sur des machines. Nous pourrions ainsi sortir de difficulté en disant que les dieux ont donné les noms les plus anciens et que, par conséquent, ils sont justes. Est-ce là la meilleure théorie pour nous ? Ou peut-être celle-ci : nous avons reçu les noms les plus anciens d’un peuple étranger, et les étrangers sont plus anciens que nous ? Ou bien encore : il est impossible de les examiner en raison de leur antiquité, comme c’est aussi le cas des mots étrangers ?

