# Laches

- Identifiant : `plato.laches`
- Auteur : Plato
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/plato/laches/reference-199/
- Empreinte : `b52938374bc77632decb19ae7bd7e5bf0e789a14bd69b36dae7d24be2710c105`

## Passage 199

### Ancient Greek

ΣΩ. καὶ δήπου τὰ περὶ τὸν πόλεμον αὐτοὶ ἂν μαρτυρήσαιτε ὅτι ἡ στρατηγία κάλλιστα προμηθεῖται τά τε ἄλλα καὶ περὶ τὸ μέλλον ἔσεσθαι, οὐδὲ τῇ μαντικῇ οἴεται δεῖν ὑπηρετεῖν ἀλλὰ ἄρχειν, ὡς εἰδυῖα κάλλιον τὰ περὶ τὸν πόλεμον καὶ γιγνόμενα καὶ γενησόμενα· καὶ ὁ νόμος οὕτω τάττει, μὴ τὸν μάντιν τοῦ στρατηγοῦ ἄρχειν, ἀλλὰ τὸν στρατηγὸν τοῦ μάντεως. φήσομεν ταῦτα, ὦ Λάχης; ΛΑ. φήσομεν. ΣΩ. τί δέ; σὺ ἡμῖν, ὦ Νικία, σύμφῃς περὶ τῶν αὐτῶν τὴν αὐτὴν ἐπιστήμην καὶ ἐσομένων καὶ γιγνομένων καὶ γεγονότων ἐπαΐειν; ΝΙ. ἔγωγε· δοκεῖ γάρ μοι οὕτως, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. οὐκοῦν, ὦ ἄριστε, καὶ ἡ ἀνδρεία τῶν δεινῶν ἐπιστήμη ἐστὶν καὶ θαρραλέων, ὡς φῄς· ἦ γάρ; ΝΙ. ναί. ΣΩ. τὰ δὲ δεινὰ ὡμολόγηται καὶ τὰ θαρραλέα τὰ μὲν μέλλοντα ἀγαθά, τὰ δὲ μέλλοντα κακὰ εἶναι. ΝΙ. πάνυ γε. ΣΩ. ἡ δέ γʼ αὐτὴ ἐπιστήμη τῶν αὐτῶν καὶ μελλόντων καὶ πάντως ἐχόντων εἶναι. ΝΙ. ἔστι ταῦτα. ΣΩ. οὐ μόνον ἄρα τῶν δεινῶν καὶ θαρραλέων ἡ ἀνδρεία ἐπιστήμη ἐστίν· οὐ γὰρ μελλόντων μόνον πέρι τῶν ἀγαθῶν τε καὶ κακῶν ἐπαΐει, ἀλλὰ καὶ γιγνομένων καὶ γεγονότων καὶ πάντως ἐχόντων, ὥσπερ αἱ ἄλλαι ἐπιστῆμαι. ΝΙ. ἔοικέν γε. ΣΩ. μέρος ἄρα ἀνδρείας ἡμῖν, ὦ Νικία, ἀπεκρίνω σχεδόν τι τρίτον· καίτοι ἡμεῖς ἠρωτῶμεν ὅλην ἀνδρείαν ὅτι εἴη. καὶ νῦν δή, ὡς ἔοικεν, κατὰ τὸν σὸν λόγον οὐ μόνον δεινῶν τε καὶ θαρραλέων ἐπιστήμη ἡ ἀνδρεία ἐστίν, ἀλλὰ σχεδόν τι ἡ περὶ πάντων ἀγαθῶν τε καὶ κακῶν καὶ πάντως ἐχόντων, ὡς νῦν αὖ ὁ σὸς λόγος, ἀνδρεία ἂν εἴη. οὕτως αὖ μετατίθεσθαι ἢ πῶς λέγεις, ὦ Νικία; ΝΙ. ἔμοιγε δοκεῖ, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. δοκεῖ οὖν σοι, ὦ δαιμόνιε, ἀπολείπειν ἄν τι ὁ τοιοῦτος ἀρετῆς, εἴπερ εἰδείη τά τε ἀγαθὰ πάντα καὶ παντάπασιν ὡς γίγνεται καὶ γενήσεται καὶ γέγονε, καὶ τὰ κακὰ ὡσαύτως; καὶ τοῦτον οἴει ἂν σὺ ἐνδεᾶ εἶναι σωφροσύνης ἢ δικαιοσύνης τε καὶ ὁσιότητος, ᾧ γε μόνῳ προσήκει καὶ περὶ θεοὺς καὶ περὶ ἀνθρώπους ἐξευλαβεῖσθαί τε τὰ δεινὰ καὶ τὰ μή, καὶ τἀγαθὰ πορίζεσθαι, ἐπισταμένῳ ὀρθῶς προσομιλεῖν; ΝΙ. λέγειν τὶ ὦ Σώκρατές μοι δοκεῖς. ΣΩ. οὐκ ἄρα, ὦ Νικία, μόριον ἀρετῆς ἂν εἴη τὸ νῦν σοι λεγόμενον, ἀλλὰ σύμπασα ἀρετή. ΝΙ. ἔοικεν. ΣΩ. καὶ μὴν ἔφαμέν γε τὴν ἀνδρείαν μόριον εἶναι ἓν τῶν τῆς ἀρετῆς. ΝΙ. ἔφαμεν γάρ. ΣΩ. τὸ δέ γε νῦν λεγόμενον οὐ φαίνεται. ΝΙ. οὐκ ἔοικεν. ΣΩ. οὐκ ἄρα ηὑρήκαμεν, ὦ Νικία, ἀνδρεία ὅτι ἔστιν. ΝΙ. οὐ φαινόμεθα.

### English

Soc. And in matters of war; I am sure you yourselves will bear me out when I say that here generalship makes the best forecasts on the whole, and particularly of future results, and is the mistress rather than the servant of the seer’s art, because it knows better what is happening or about to happen in the operations of war; whence the law ordains that the general shall give orders to the seer, and not the seer to the general. May we say this, Laches? Lach. We may. Soc. Well now, do you agree with us, Nicias, that the same knowledge has comprehension of the same things, whether future, present, or past? Nic. I do, for that is my own opinion, Socrates. Soc. And courage, my good friend, is knowledge of what is to be dreaded and dared, as you say, do you not? Nic. Yes. Soc. And things to be dreaded and things to be dared have been admitted to be either future goods or future evils? Nic. Certainly. Soc. And the same knowledge is concerned with the same things, whether in the future or in any particular stage? Nic. That is so. Soc. Then courage is knowledge not merely of what is to be dreaded and what dared, for it comprehends goods and evils not merely in the future, but also in the present and the past and in any stage, like the other kinds of knowledge. Nic. Apparently. Soc. So the answer that you gave us, Nicias, covers only about a third part of courage; whereas our question was of what courage is as a whole. And now it appears, on your own showing, that courage is knowledge not merely of what is to be dreaded and what dared, but practically a knowledge concerning all goods and evils at every stage; such is your present account of what courage must be. What do you say to this new version, Nicias? Nic. I accept it, Socrates. Soc. Now do you think, my excellent friend, there could be anything wanting to the virtue of a man who knew all good things, and all about their production in the present, the future, and the past, and all about evil things likewise? Do you suppose that such a man could be lacking in temperance, or justice, and holiness, when he alone has the gift of taking due precaution, in his dealings with gods and men, as regards what is to be dreaded and what is not, and of procuring good things, owing to his knowledge of the right behaviour towards them? Nic. I think, Socrates, there is something in what you say. Soc. Hence what you now describe, Nicias, will be not a part but the whole of virtue. Nic. Apparently. Soc. But, you know, we said that courage is one of the parts of virtue. Nic. Yes, we did. Soc. And what we now describe is seen to be different. Nic. So it seems. Soc. Thus we have failed to discover, Nicias, what courage really is. Nic. Evidently.

### French

[199a] dans tout ce qui regarde la guerre et ce qui arrive et ce qui doit arriver. La loi même ordonne, non pas que le devin commandera au général, mais que le général commandera au devin. N’est-ce pas là ce que nous disons, Lachès ? LACHÈS. C’est cela même. SOCRATE. Et toi, Nicias, conviens-tu aussi avec nous, que la science d’une chose est toujours la même, soit qu’elle juge du passé, du présent, ou de l’avenir ? NICIAS. Je l’accorde, Socrate, et je le crois comme vous. SOCRATE. Et maintenant, ô excellent Nicias ! le courage est la science de ce qui est à craindre [199b] et de ce qui ne l’est pas. Tel est ton avis, je pense ? NICIAS. Oui. SOCRATE. Et nous sommes convenus que par ce qui est à craindre et ce qui ne l’est pas, il faut entendre les biens ou les maux à venir ? NICIAS. En effet. SOCRATE. Et qu’une science est toujours la même et pour l’avenir et pour tous les temps en général ? NICIAS. Il est vrai. SOCRATE. Le courage n’est donc pas uniquement la science de ce qui est à craindre et de ce qui ne l’est pas ; car elle ne connaît pas seulement les biens et les maux à venir, mais les biens et les maux présens et passés, tous les biens [199c] et tous les maux en général, comme les autres sciences. NICIAS. Il semble bien. SOCRATE. Alors, tu ne nous aurais parlé, Nicias, que de la troisième partie du courage, tandis que nous voulions connaître le courage dans toute son étendue. Mais d’après ce que tu dis, je présume maintenant qu’outre la science de ce qui est à craindre et de ce qui ne l’est pas, le courage serait encore, [199d] selon toi, la science de tous les biens et de tous les maux, en général. Est-ce bien là cette fois ton opinion, ou que veux-tu dire ? NICIAS. Oui, c’est là ce que je pense. SOCRATE. Mais alors, mon très cher Nicias, penses-tu qu’il manquât encore quelque partie de la vertu à celui qui posséderait la science de tous les biens et de tous les maux, quels qu’ils soient, passés, présens et futurs ? Un tel homme aurait-il encore besoin de la sagesse, de la justice et de la piété, lui qui déjà serait en état d’éviter ou de se procurer tous les maux et tous les biens qui lui peuvent arriver de la part des dieux et des hommes, [199e] qui saurait enfin comment s’y prendre en toutes choses ? NICIAS. Ce que tu dis-là, Socrate, me paraît assez juste. SOCRATE. Ce n’est donc pas une partie de la vertu, mais bien toute la vertu que tu nous a définie ? NICIAS. Il semble. SOCRATE. Cependant nous avions dit que le courage n’en est qu’une partie. NICIAS. Nous l’avions dit, il est vrai. SOCRATE. Mais il n’en va plus ainsi, d’après notre définition actuelle. NICIAS. Je l’avoue. SOCRATE. Nous n’avons donc pas trouvé, Nicias, ce que c’est que le courage. NICIAS. Non, à ce qu’il paraît. LACHÈS. J’ai cru pourtant, mon cher Nicias, que tu ne manquerais pas de le trouver,

