# Parmenides

- Identifiant : `plato.parmenides`
- Auteur : Plato
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/plato/parmenides/reference-151/
- Empreinte : `ed68e6485b484af739dda95a7a7710e6a5cd505d5bd69a95180f682b87d35ce4`

## Passage 151

### Ancient Greek

καὶ μὴν αὐτό γε ἐν ἑαυτῷ ὂν καὶ περὶ ἑαυτὸ ἂν εἴη ἔξωθεν, καὶ περιέχον μὲν μεῖζον ἂν ἑαυτοῦ εἴη, περιεχόμενον δὲ ἔλαττον, καὶ οὕτω μεῖζον ἂν καὶ ἔλαττον εἴη αὐτὸ ἑαυτοῦ τὸ ἕν. εἴη γὰρ ἄν. οὐκοῦν καὶ τόδε ἀνάγκη, μηδὲν εἶναι ἐκτὸς τοῦ ἑνός τε καὶ τῶν ἄλλων; πῶς γὰρ οὔ; ἀλλὰ μὴν καὶ εἶναί που δεῖ τό γε ὂν ἀεί. ναί. οὐκοῦν τό γε ἔν τῳ ὂν ἐν μείζονι ἔσται ἔλαττον ὄν; οὐ γὰρ ἂν ἄλλως ἕτερον ἐν ἑτέρῳ εἴη. οὐ γάρ. ἐπειδὴ δὲ οὐδὲν ἕτερον ἔστι χωρὶς τῶν ἄλλων καὶ τοῦ ἑνός, δεῖ δὲ αὐτὰ ἔν τῳ εἶναι, οὐκ ἀνάγκη ἤδη ἐν ἀλλήλοις εἶναι, τά τε ἄλλα ἐν τῷ ἑνὶ καὶ τὸ ἓν ἐν τοῖς ἄλλοις, ἢ μηδαμοῦ εἶναι; φαίνεται. ὅτι μὲν ἄρα τὸ ἓν ἐν τοῖς ἄλλοις ἔνεστι, μείζω ἂν εἴη τὰ ἄλλα τοῦ ἑνός, περιέχοντα αὐτό, τὸ δὲ ἓν ἔλαττον τῶν ἄλλων, περιεχόμενον· ὅτι δὲ τὰ ἄλλα ἐν τῷ ἑνί, τὸ ἓν τῶν ἄλλων κατὰ τὸν αὐτὸν λόγον μεῖζον ἂν εἴη, τὰ δὲ ἄλλα τοῦ ἑνὸς ἐλάττω. ἔοικεν. τὸ ἓν ἄρα ἴσον τε καὶ μεῖζον καὶ ἔλαττόν ἐστιν αὐτό τε αὑτοῦ καὶ τῶν ἄλλων. φαίνεται. καὶ μὴν εἴπερ μεῖζον καὶ ἔλαττον καὶ ἴσον, ἴσων ἂν εἴη μέτρων καὶ πλειόνων καὶ ἐλαττόνων αὑτῷ καὶ τοῖς ἄλλοις, ἐπειδὴ δὲ μέτρων, καὶ μερῶν. πῶς δʼ οὔ; ἴσων μὲν ἄρα μέτρων ὂν καὶ πλειόνων καὶ ἐλαττόνων, καὶ ἀριθμῷ ἔλαττον ἂν καὶ πλέον εἴη αὐτό τε αὑτοῦ καὶ τῶν ἄλλων καὶ ἴσον αὑτῷ τε καὶ τοῖς ἄλλοις κατὰ ταὐτά. πῶς; ὧνπερ μεῖζόν ἐστι, πλειόνων που καὶ μέτρων ἂν εἴη αὐτῶν, ὅσων δὲ μέτρων, καὶ μερῶν· καὶ ὧν ἔλαττον, ὡσαύτως· καὶ οἷς ἴσον, κατὰ ταὐτά. οὕτως. οὐκοῦν ἑαυτοῦ μεῖζον καὶ ἔλαττον ὂν καὶ ἴσον ἴσων ἂν εἴη μέτρων καὶ πλειόνων καὶ ἐλαττόνων αὑτῷ, ἐπειδὴ δὲ μέτρων, καὶ μερῶν; πῶς δʼ οὔ; ἴσων μὲν ἄρα μερῶν ὂν αὑτῷ ἴσον ἂν τὸ πλῆθος αὑτῷ εἴη, πλειόνων δὲ πλέον, ἐλαττόνων δὲ ἔλαττον τὸν ἀριθμὸν αὑτοῦ. φαίνεται. οὐκοῦν καὶ πρὸς τἆλλα ὡσαύτως ἕξει τὸ ἕν; ὅτι μὲν μεῖζον αὐτῶν φαίνεται, ἀνάγκη πλέον εἶναι καὶ τὸν ἀριθμὸν αὐτῶν· ὅτι δὲ σμικρότερον, ἔλαττον· ὅτι δὲ ἴσον μεγέθει, ἴσον καὶ τὸ πλῆθος εἶναι τοῖς ἄλλοις; ἀνάγκη. οὕτω δὴ αὖ, ὡς ἔοικε, τὸ ἓν καὶ ἴσον καὶ πλέον καὶ ἔλαττον τὸν ἀριθμὸν αὐτό τε αὑτοῦ ἔσται καὶ τῶν ἄλλων. ἔσται. ἆρʼ οὖν καὶ χρόνου μετέχει τὸ ἕν, καὶ ἐστί τε καὶ γίγνεται νεώτερόν τε καὶ πρεσβύτερον αὐτό τε ἑαυτοῦ καὶ τῶν ἄλλων, καὶ οὔτε νεώτερον οὔτε πρεσβύτερον οὔτε ἑαυτοῦ οὔτε τῶν ἄλλων, χρόνου μετέχον; πῶς; εἶναι μέν που αὐτῷ ὑπάρχει, εἴπερ ἓν ἔστιν. ναί.

### English

Ceph. But the one, being within itself, would also be contained by itself, and since it contains itself it would be greater than itself, and since it is contained by itself it would be less than itself; thus the one would be both greater and less than itself. Yes, it would. And is it true, moreover, that nothing can exist outside of the one and the others? Of course. But that which exists must always exist somewhere. Yes. And that which exists in anything will be smaller and will exist in the greater? One thing cannot exist in another in any other way, can it? No, it cannot. But since there is nothing else apart from the one and the others, and they must be in something, must they not be in one another, the others in the one and the one in the others, or else be nowhere at all? Clearly. And because the one is in the others, the others will be greater than the one, since they contain it, and the one less than the others, since it is contained; but because the others are in the one, the one will by the same reasoning be greater than the others, and the others less than the one. So it appears. Then the one is equal to and greater and less than itself and the others. Evidently. And if equal and greater and less, it will be of equal and more and less measures with itself and the others, and since of equal, more, and less measures, of equal, more, and less parts. Of course. And being of equal and more and less measures, it will be less and more in number than itself and the others and likewise equal in number to itself and the others. How is that? If it is greater than any things, it will be of more measures than they; and of as many parts as measures. Similarly if it is less or equal, the number of parts will be less or equal. True. Then one, being greater and less than itself and equal to itself, will be of more and less measures than itself and of equal measures with itself, and if of measures, of parts also? Of course. And being of equal parts with itself, it will also be equal in number to itself, and if of more parts, more in number, and if of less parts, less in number than itself. Clearly. And will not the one possess the same relation towards other things? Because it is shown to be greater than they, must it not also be more in number than they and because it is smaller, less in number? And because it is equal in size, must it not be also, equal in number to the others? Yes, it must. And so once more, as it appears, the one will be equal to, greater than, and less than itself and other things in number. Yes, it will. And does the one partake of time and if it partakes of time, is it and does it become younger and older than itself and other things, and neither younger nor older than itself and the others? What do you mean? If one is, it is thereby shown to be. Yes.

### French

[151a] et en tant qu’il se renferme ainsi, il doit être plus grand, et en tant qu’il est renfermé en lui, plus petit que lui-même. De la sorte l’un serait plus grand et plus petit que lui-même. — Oui, en effet. — N’est-il pas impossible aussi qu’il y ait rien en dehors de l’un, et des choses qui sont autres que l’un ? — Assurément. — Or, ce qui est doit toujours être quelque part. — Oui. — Mais toutes les fois qu’une chose est dans une autre, n’est-ce pas un plus petit dans un plus grand ? Car il serait impossible autrement que deux choses différentes fussent l’une dans l’autre. — Impossible. — Or, puisqu’il n’existe rien en dehors de l’un et des autres choses, et qu’il est pourtant nécessaire que l’un et les autres choses soient en quelque chose, ne faut-il pas que l’un et les autres choses soient mutuellement compris les uns dans les autres, les autres choses dans l’un, et l’un dans les autres choses ; [151b] car autrement l’un et les autres choses ne seraient nulle part. — Cela est évident. — Mais dès que l’un est dans les autres choses, celles-ci seront plus grandes que l’un, puisqu’elles le renferment, et l’un plus petit qu’elles, puisqu’il en est renfermé. D’un autre côté, dès que les autres choses sont comprises dans l’un, par la même raison l’un sera plus grand que les autres choses, et celles-ci plus petites que l’un. — Il semble. — L’un est donc à la fois égal à lui-même et aux autres choses, plus grand et plus petit que lui-même et que les autres choses. — Certainement. — Mais si l’un est plus grand, plus petit et égal, il aura des mesures égales [151c] à lui-même et aux autres choses, ou plus ou moins nombreuses ; et si des mesures, des parties aussi. — Soit. — Avec des mesures égales ou avec plus ou moins de mesures, il sera plus ou moins grand que lui-même et que les autres choses, ou égal en nombre aux autres choses et à lui-même par la même raison. — Comment ? — Pour être plus grand que telle, autre chose, il faut qu’il ait plus de mesures, et autant de mesures, autant de parties ; il en est de même pour être plus petit ou pour être égal. — Oui. — Par conséquent, l’un étant plus grand et plus petit que lui-même et égal à lui-même, [151d] ne sera-t-il pas d’égale mesure avec lui-même, et n’aura-t-il pas plus et moins de mesures que lui-même ? Et ce qui est vrai des mesures ne l’est-il pas des parties ? — Oui. — Étant donc égal à lui-même en parties, il sera égal à lui-même en nombre ; ayant plus ou moins de parties que lui-même, il sera plus et moins que lui-même en nombre. — D’accord. — Et n’en sera-t-il pas de même de l’un dans son rapport avec les autres choses ? Plus grand qu’elles, il sera plus qu’elles en nombre ; plus petit, il sera moins en nombre égal, il sera égal en nombre. — Nécessairement. — Il paraît donc [151e] que l’un est en nombre à la fois égal, supérieur et inférieur et à lui-même et aux autres choses. — Oui. — L’un participe-t-il aussi du temps ? est-il, devient-il plus jeune et plus vieux que lui-même et les autres choses ; ou, tout en participant du temps, n’est-il au contraire ni plus jeune ni plus vieux que lui-même et les autres choses ? — Comment ? — L’un est de quelque manière, s’il est un. — Oui. — Or, être, qu’est-ce autre chose que participer de l’existence dans le temps présent, de même

