# Socrates in Plato’s Phaedrus

- Identifiant : `socrates.plato_phaedrus`
- Auteur : Plato
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/plato/plato-phaedrus/reference-252/
- Empreinte : `a004ba8e1b466131b9cabfd97f4cc20330bda93d015af1843983f9feb99652fc`

## Passage 252

### Ancient Greek

ΣΩ. ὅθεν δὴ ἑκοῦσα εἶναι οὐκ ἀπολείπεται, οὐδέ τινα τοῦ καλοῦ περὶ πλείονος ποιεῖται, ἀλλὰ μητέρων τε καὶ ἀδελφῶν καὶ ἑταίρων πάντων λέλησται, καὶ οὐσίας διʼ ἀμέλειαν ἀπολλυμένης παρʼ οὐδὲν τίθεται, νομίμων δὲ καὶ εὐσχημόνων, οἷς πρὸ τοῦ ἐκαλλωπίζετο, πάντων καταφρονήσασα δουλεύειν ἑτοίμη καὶ κοιμᾶσθαι ὅπου ἂν ἐᾷ τις ἐγγυτάτω τοῦ πόθου· πρὸς γὰρ τῷ σέβεσθαι τὸν τὸ κάλλος ἔχοντα ἰατρὸν ηὕρηκε μόνον τῶν μεγίστων πόνων. τοῦτο δὲ τὸ πάθος, ὦ παῖ καλέ, πρὸς ὃν δή μοι ὁ λόγος, ἄνθρωποι μὲν ἔρωτα ὀνομάζουσιν, θεοὶ δὲ ὃ καλοῦσιν ἀκούσας εἰκότως διὰ νεότητα γελάσῃ. λέγουσι δὲ οἶμαί τινες Ὁμηριδῶν ἐκ τῶν ἀποθέτων ἐπῶν δύο ἔπη εἰς τὸν ἔρωτα, ὧν τὸ ἕτερον ὑβριστικὸν πάνυ καὶ οὐ σφόδρα τι ἔμμετρον· ὑμνοῦσι δὲ ὧδε— τὸν δʼ ἤτοι θνητοὶ μὲν ἔρωτα καλοῦσι ποτηνόν, ἀθάνατοι δὲ Πτέρωτα, διὰ πτεροφύτορʼ ἀνάγκην. Homeridae τούτοις δὴ ἔξεστι μὲν πείθεσθαι, ἔξεστιν δὲ μή· ὅμως δὲ ἥ γε αἰτία καὶ τὸ πάθος τῶν ἐρώντων τοῦτο ἐκεῖνο τυγχάνει ὄν. τῶν μὲν οὖν Διὸς ὀπαδῶν ὁ ληφθεὶς ἐμβριθέστερον δύναται φέρειν τὸ τοῦ πτερωνύμου ἄχθος· ὅσοι δὲ Ἄρεώς τε θεραπευταὶ καὶ μετʼ ἐκείνου περιεπόλουν, ὅταν ὑπʼ Ἔρωτος ἁλῶσι καί τι οἰηθῶσιν ἀδικεῖσθαι ὑπὸ τοῦ ἐρωμένου, φονικοὶ καὶ ἕτοιμοι καθιερεύειν αὑτούς τε καὶ τὰ παιδικά. καὶ οὕτω καθʼ ἕκαστον θεόν, οὗ ἕκαστος ἦν χορευτής, ἐκεῖνον τιμῶν τε καὶ μιμούμενος εἰς τὸ δυνατὸν ζῇ, ἕως ἂν ᾖ ἀδιάφθορος καὶ τὴν τῇδε πρώτην γένεσιν βιοτεύῃ, καὶ τούτῳ τῷ τρόπῳ πρός τε τοὺς ἐρωμένους καὶ τοὺς ἄλλους ὁμιλεῖ τε καὶ προσφέρεται. τόν τε οὖν ἔρωτα τῶν καλῶν πρὸς τρόπου ἐκλέγεται ἕκαστος, καὶ ὡς θεὸν αὐτὸν ἐκεῖνον ὄντα ἑαυτῷ οἷον ἄγαλμα τεκταίνεταί τε καὶ κατακοσμεῖ, ὡς τιμήσων τε καὶ ὀργιάσων. οἱ μὲν δὴ οὖν Διὸς δῖόν τινα εἶναι ζητοῦσι τὴν ψυχὴν τὸν ὑφʼ αὑτῶν ἐρώμενον· σκοποῦσιν οὖν εἰ φιλόσοφός τε καὶ ἡγεμονικὸς τὴν φύσιν, καὶ ὅταν αὐτὸν εὑρόντες ἐρασθῶσι, πᾶν ποιοῦσιν ὅπως τοιοῦτος ἔσται.

### English

Socrates. Therefore the soul will not, if it can help it, be left alone by the beautiful one, but esteems him above all others, forgets for him mother and brothers and all friends, neglects property and cares not for its loss, and despising all the customs and proprieties in which it formerly took pride, it is ready to be a slave and to sleep wherever it is allowed, as near as possible to the beloved; for it not only reveres him who possesses beauty, but finds in him the only healer of its greatest woes. Now this condition, fair boy, about which I am speaking, is called Love by men, but when you hear what the gods call it, perhaps because of your youth you will laugh. But some of the Homeridae, I believe, repeat two verses on Love from the spurious poems of Homer, one of which is very outrageous and not perfectly metrical. They sing them as follows: Mortals call him winged Love, but the immortals call him The winged One, because he must needs grow wings. You may believe this, or not; but the condition of lovers and the cause of it are just as I have said. Now he who is a follower of Zeus, when seized by love can bear a heavier burden of the winged god; but those who are servants of Ares and followed in his train, when they have been seized by Love and think they have been wronged in any way by the beloved, become murderous and are ready to sacrifice themselves and the beloved. And so it is with the follower of each of the other gods; he lives, so far as he is able, honoring and imitating that god, so long as he is uncorrupted, and is living his first life on earth, and in that way he behaves and conducts himself toward his beloved and toward all others. Now each one chooses his love from the ranks of the beautiful according to his character, and he fashions him and adorns him like a statue, as though he were his god, to honor and worship him. The followers of Zeus desire that the soul of him whom they love be like Zeus; so they seek for one of philosophical and lordly nature, and when they find him and love him, they do all they can to give him such a character.

### French

[252a] volupté. Aussi ne veut-elle se détacher à aucun prix de son bien-aimé ; rien à ses yeux n’est aussi précieux ; mère, parents, famille, amis, elle oublie tout ; son bien négligé se perd sans qu’elle en tienne aucun compte ; les goûts nobles et légitimes qui faisaient son orgueil, n’ont plus pour elle aucun charme ; elle est prête à vivre esclave, et à s’endormir du plus profond sommeil, pourvu que ce soit le plus près possible de son bien-aimé. Car indépendamment du culte qu’elle rend à la beauté, [252b] elle ne trouve qu’auprès d’elle un remède à ses maux cuisants. Cette affection, beau jeune homme auquel s’adresse ce discours, les hommes l’appellent amour ; si je te dis comment les dieux l’appellent, le nom te fera rire sans doute par sa singularité. Quelques Homérides nous citent, je crois, des pièces détachées d’Homère deux vers dont l’un est bien outrageant pour l’amour et assez peu mesuré : [252c] Les mortels le nomment l’Amour (Éros) qui a des ailes ; Mais les dieux l’appellent Ptéros, parce qu’il a la vertu d’en donner. On est libre d’admettre ou de rejeter l’autorité de ces vers, mais il n’en est pas moins vrai que les amants éprouvent l’espèce de sentiment que j’ai tâché de décrire. Si l’homme épris d’amour fut autrefois un de ceux qui composaient le cortège de Jupiter, le dieu qui tire son nom de ses ailes est pour lui un fardeau moins incommode, il le supporte avec plus de constance. Mais ceux qui, attachés à la suite de Mars, l’ont suivi autour du ciel, une fois pris par l’amour, s’irritent à la seule idée d’une injure de la part de celui qu’ils aiment, et une rage sanguinaire les porte à s’immoler, eux et le jeune homme qu’ils chérissent. [252d] Ainsi le dieu dont on suivait le cortège, on l’honore dans cette vie ; on s’efforce de l’imiter, tant qu’on n’a pas été corrompu ; et l’on conserve pendant la première génération les mêmes mœurs, la même manière de vivre et d’agir, soit envers ceux qu’on aime, soit envers les autres hommes. Chacun se choisit un amour analogue à son caractère, fait de cet amour son dieu, et se plaît à le former et à l’orner comme une statue, pour [252e] l’adorer et célébrer ses mystères. Ceux qui ont suivi Jupiter veulent trouver une âme de Jupiter dans celui qu’ils aiment. Ils examinent donc s’il a naturellement le goût de la sagesse et du commandement, et lorsqu’ils l’ont trouvé tel qu’ils le désirent, qu’ils lui ont donné leur amour, ils font tout pour l’affermir dans ces heureuses dispositions. S’ils ne s’étaient pas d’abord livrés aux études qui s’y rapportent, ils s’y appliquent maintenant et s’instruisent par le secours des autres et par leurs propres efforts ; ils s’interrogent avec soin pour retrouver en eux-mêmes l’image de leur dieu

