# Table Talk

- Identifiant : `plutarch.table_talk`
- Auteur : Plutarch
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/plutarch/table-talk/reference-9-14-3/
- Empreinte : `92556e24b130085aa612f05be5aa24767bb6c01f2510fa487048b39faf13bacc`

## Passage 9.14.3

### Ancient Greek

εἶπεν οὖν ὁ ἀδελφός, ὅτι τρεῖς ᾔδεσαν οἱ παλαιοὶ Μούσας· καὶ τούτου λέγειν ἀπόδειξιν ὀψιμαθές ἐστι καὶ ἄγροικον ἐν τοσούτοις καὶ τοιούτοις ἀνδράσιν. αἰτία δʼ οὐχ ὡς ἔνιοι λέγουσι τὰ μελῳδούμενα γένη, τὸ διάτονον καὶ τὸ χρωματικὸν καὶ τὸ ἐναρμόνιον οὐδʼ οἱ τὰ διαστήματα παρέχοντες ὅροι, νήτη καὶ μέση καὶ ὑπάτη· καίτοι Δελφοί γε τὰς Μούσας οὕτως ὠνόμαζον, οὐκ ὀρθῶς ἑνὶ μαθήματι, μᾶλλον δὲ μορίῳ μαθήματος ἑνὸς τοῦ μουσικοῦ , τῷ γʼ ἁρμονικῷ , προστιθέντες. ἁπάσας δʼ ὡς ἐγὼ νομίζω τὰς διὰ λόγου περαινομένας ἐπιστήμας καὶ τέχνας οἱ παλαιοὶ καταμαθόντες ἐν τρισὶ γένεσιν οὔσας, τῷ φιλοσόφῳ καὶ τῷ ῥητορικῷ καὶ τῷ μαθηματικῷ, τριῶν ἐποιοῦντο δῶρα καὶ χάριτας θεῶν ἃς Μούσας ὠνόμαζον. ὓστερον δὲ καὶ καθʼ Ἡσίοδον ἤδη μᾶλλον ἐκκαλυπτομένων τῶν δυνάμεων , διαιροῦντες εἰς καὶ εἴδη τρεῖς πάλιν ἑκάστην ἔχουσαν ἐν αὑτῇ διαφορὰς ἑώρων ὦν ἐν μὲν τῷ μαθηματικῷ τὸ περὶ μουσικήν ἐστι καὶ τὸ περὶ ἀριθμητικὴν καὶ τὸ περὶ γεωμετρίαν, ἐν τῷ φιλοσόφῳ τὸ λογικὸν καὶ τὸ ἠθικὸν καὶ τὸ φυσικόν, ἐν τῷ ῥητορικῷ τὸ ἐγκωμιαστικὸν πρῶτον γεγονέναι λέγουσι, δεύτερον τὸ συμβουλευτικόν, ἔσχατον δὲ τὸ δικανικόν. ὧν μηδὲν ἄθεον μηδʼ ἄμουσον εἶναι ἄμοιρον κρείττονος καὶ ἡγεμονίας ἀξιοῦντες, εἰκότως ἰσαρίθμους τὰς Μούσας οὐκ ἐποίησαν ἀλλʼ οὔσας ἀνεῦρον. ὥσπερ οὖν τὰ ἐννέα διαίρεσιν εἰς τρεῖς λαμβάνει τριάδας, ὧν ἑκάστη πάλιν εἰς μονάδας διαιρεῖται τοσαύτας· οὕτως ἓν μέν ἐστι καὶ κοινὸν ἡ τοῦ λόγου περὶ τὸ κύριον ὀρθότης, νενέμηνται σύντρεις εἰς τῶν τριῶν γενῶν ἕκαστον· εἶτα πάλιν αὖ μοναδικῶς ἑκάστη μίαν περιέπει λαχοῦσα καὶ κοσμεῖ δύναμιν. οὐ οἶμαι τοὺς ποιηματικοὺς καὶ τοὺς ἀστρολογικοὺς ἐγκαλεῖν ἡμῖν ὡς παραλείπουσι · τὰς τέχνας αὐτῶν, εἰδότας οὐδὲν ἧττον ἡμῶν ἀστρολογίαν γεωμετρίᾳ ποιητικὴν δὲ μουσικῇ συννεμομένην.

### English

My brother said, that the ancients celebrated but three Muses, and that to bring proofs for this assertion would be pedantic and uncivil in such a company. The reason of this number was (not as some say) the three different sorts of music, the diatonic, the chromatic, and harmonic, nor those stops that make the intervals nete, mese, and hypate; though the Delphians gave the Muses this name erroneously, in my opinion, appropriating it to one science, or rather to a part of one single science, the harmoniac part of music. But, as I think, the ancients, reducing all arts and sciences which are practised and performed by reason or discourse to three heads, philosophy, rhetoric, and mathematics, accounted them the gifts of three Gods, and named them the Muses. Afterwards, about Hesiod’s time, the sciences being better and more thoroughly looked into, men subdividing them found that each science contained three different parts. In mathematics are comprehended music, arithmetic, and geometry; in philosophy are logic, ethics, and physics. In rhetoric, they say the first part was demonstrative or encomiastic, the second deliberative, the third judicial. None of all which they believed to be without a God or a Muse or some superior power for its patron, and did not, it is probable, make the Muses equal in number to these divisions, but found them to be so. Now, as you may divide nine into threes, and each three into as many units; so there is but one rectitude of reason, which is employed about the supreme truth, and which belongs to the whole in common, while each of the three kinds of science has three Muses assigned to it, and each of these has her separate faculty assigned to her, which she disposes and orders. And I do not think the poets and astrologers will find fault with us for passing over their professions in silence, since they know, as well as we, that astrology is comprehended in geometry, and poetry in music.

### French

Mon frère dit que les anciens ne célébraient que trois Muses, et que produire des preuves à l’appui de cette assertion serait pédant et discourtois en pareille compagnie. La raison de ce nombre n’était pas, comme certains le prétendent, les trois genres différents de musique, le diatonique, le chromatique et l’enharmonique, ni les notes qui déterminent les intervalles nète, mèse et hypate, bien que les Delphiens aient donné ces noms aux Muses, à tort selon moi, en les rapportant à une seule science, ou plutôt à une partie d’une science unique, la partie harmonique de la musique. Mais je pense que les anciens, ramenant à trois chefs tous les arts et toutes les sciences qui se pratiquent et s’accomplissent par la raison ou le discours, à savoir la philosophie, la rhétorique et les mathématiques, les considérèrent comme les dons de trois divinités et les nommèrent les Muses. Plus tard, vers le temps d’Hésiode, les sciences ayant été mieux et plus profondément étudiées, les hommes les subdivisèrent et découvrirent que chacune comprenait trois parties distinctes. Les mathématiques comprennent la musique, l’arithmétique et la géométrie ; la philosophie comprend la logique, l’éthique et la physique. Dans la rhétorique, disent-ils, la première partie était démonstrative ou encomiastique, la deuxième délibérative et la troisième judiciaire. Ils ne croyaient aucune de ces parties privée d’un dieu, d’une Muse ou de quelque puissance supérieure pour la protéger ; et vraisemblablement, ils n’établirent pas le nombre des Muses d’après celui de ces divisions, mais constatèrent qu’il lui était égal. Or, de même que l’on peut diviser neuf en trois groupes de trois et chacun de ces groupes en autant d’unités, il n’existe qu’une seule rectitude de la raison, appliquée à la vérité suprême et commune à l’ensemble, tandis que chacun des trois genres de science reçoit trois Muses, dont chacune se voit assigner une faculté particulière qu’elle organise et ordonne. Je ne pense pas que les poètes et les astrologues nous reprocheront d’avoir passé leurs professions sous silence, puisqu’ils savent aussi bien que nous que l’astrologie est comprise dans la géométrie, et la poésie dans la musique.

