# Treatise on the Emendation of the Intellect, English Manifestation

- Identifiant : `spinoza.emendation_en`
- Auteur : Baruch Spinoza
- URL canonique : https://prokopton42.com/en/works/spinoza/emendation-en/reference-section-0003/
- Empreinte : `22bb83963a6f756d154f3517d93e3e00d7f43ca9ca7cf9df80b18018abe157b3`

## Passage section-0003

### English

Further reflection convinced me, that if I could really get to the root of the matter I
should be leaving certain evils for a certain good. I thus perceived that I was in a state
of great peril, and I compelled myself to seek with all my strength for a remedy,
however uncertain it might be; as a sick man struggling with a deadly disease, when
he sees that death will surely be upon him unless a remedy be found, is compelled to
seek such a remedy with all his strength, inasmuch as his whole hope lies therein. All
the objects pursued by the multitude not only bring no remedy that tends to preserve
our being, but even act as hindrances, causing the death not seldom of those who
possess them, and always of those who are possessed by them.1 There are many
examples of men who have suffered persecution even to death for the sake of their
riches, and of men who in pursuit of wealth have exposed themselves to so many
dangers, that they have paid away their life as a penalty for their folly. Examples are
no less numerous of men, who have endured the utmost wretchedness for the sake of
gaining or preserving their reputation. Lastly, there are innumerable cases of men,
who have hastened their death through over-indulgence in sensual pleasure. All these
evils seem to have arisen from the fact, that happiness or unhappiness is made wholly
to depend on the quality of the object which we love. When a thing is not loved, no
quarrels will arise concerning it—no sadness will be felt if it perishes—no envy if it is
possessed by another—no fear, no hatred, in short no disturbances of the mind. All
these arise from the love of what is perishable, such as the objects already mentioned.
But love towards a thing eternal and infinite feeds the mind wholly with joy, and is
itself unmingled with any sadness, wherefore it is greatly to be desired and sought for
with all our strength. Yet it was not at random that I used the words, “If I could go to
the root of the matter,” for, though what I have urged was perfectly clear to my mind,
I could not forthwith lay aside all love of riches, sensual enjoyment, and fame. One
thing was evident, namely, that while my mind was employed with these thoughts it
turned away from its former objects of desire, and seriously considered the search for
a new principle; this state of things was a great comfort to me, for I perceived that the
evils were not such as to resist all remedies. Although these intervals were at first
rare, and of very short duration, yet afterwards, as the true good became more and
more discernible to me, they became more frequent and more lasting; especially after
I had recognized that the acquisition of wealth, sensual pleasure, or fame, is only a
hindrance, so long as they are sought as ends not as means; if they be sought as
means, they will be under restraint, and, far from being hindrances, will further not a
little the end for which they are sought, as I will show in due time.

### French

Une réflexion plus poussée me convainquit que, si je pouvais réellement aller au fond de la question, j’abandonnerais des maux certains pour un bien certain. Je compris ainsi que je me trouvais dans un grand péril et je me contraignis à chercher de toutes mes forces un remède, si incertain fût-il. Ainsi, lorsqu’un malade aux prises avec une maladie mortelle voit que la mort le saisira certainement si l’on ne trouve aucun remède, il est contraint de chercher ce remède de toutes ses forces, puisque tout son espoir repose en lui. Tous les objets que poursuit la multitude non seulement n’apportent aucun remède propre à conserver notre être, mais lui font même obstacle, causant souvent la mort de ceux qui les possèdent et toujours celle de ceux qu’ils possèdent.1 Il existe de nombreux exemples d’hommes qui ont subi des persécutions jusqu’à la mort à cause de leurs richesses, et d’hommes qui, dans leur poursuite de la fortune, se sont exposés à tant de dangers qu’ils ont payé de leur vie le prix de leur folie. Non moins nombreux sont les exemples d’hommes qui ont enduré la plus grande misère pour acquérir ou conserver leur réputation. Enfin, il existe d’innombrables cas d’hommes qui ont hâté leur mort par un usage immodéré des plaisirs sensuels. Tous ces maux semblent provenir de ce que le bonheur ou le malheur dépend entièrement de la qualité de l’objet que nous aimons. Lorsqu’une chose n’est pas aimée, elle ne suscite aucune querelle, aucune tristesse si elle périt, aucune envie si un autre la possède, aucune crainte, aucune haine, en un mot aucun trouble de l’esprit. Tous ces troubles naissent de l’amour de ce qui est périssable, comme les objets déjà mentionnés. Mais l’amour d’une chose éternelle et infinie nourrit entièrement l’esprit de joie et ne se mêle lui-même d’aucune tristesse. Il doit donc être grandement désiré et recherché de toutes nos forces. Pourtant, ce n’est pas au hasard que j’ai employé les mots : « Si je pouvais aller au fond de la question », car, bien que ce que j’ai avancé fût parfaitement clair à mon esprit, je ne pouvais renoncer sur-le-champ à tout amour des richesses, des plaisirs sensuels et de la renommée. Une chose était évidente : tandis que mon esprit s’occupait de ces pensées, il se détournait de ses anciens objets de désir et considérait sérieusement la recherche d’un nouveau principe. Cet état m’apporta un grand réconfort, car je compris que les maux n’étaient pas de nature à résister à tous les remèdes. Quoique ces intervalles fussent d’abord rares et de très courte durée, ils devinrent ensuite plus fréquents et plus durables à mesure que le vrai bien se rendait pour moi plus discernable, surtout après que j’eus reconnu que l’acquisition de la fortune, du plaisir sensuel ou de la renommée ne constitue un obstacle que lorsqu’ils sont recherchés comme des fins et non comme des moyens. S’ils sont recherchés comme des moyens, ils seront contenus dans certaines limites et, loin de faire obstacle, favoriseront grandement la fin pour laquelle ils sont recherchés, comme je le montrerai en son temps.

