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Aristote

Éthique à Nicomaque Section 7

Section 41 sur 116

Référence canonique 3.7

Grec ancien

τὸ δὲ φοβερὸν οὐ πᾶσι μὲν τὸ αὐτό, λέγομεν δέ τι καὶ ὑπὲρ ἄνθρωπον. τοῦτο μὲν οὖν παντὶ φοβερὸν τῷ γε νοῦν ἔχοντι· τὰ δὲ κατʼ ἄνθρωπον διαφέρει μεγέθει καὶ τῷ μᾶλλον καὶ ἧττον· ὁμοίως δὲ καὶ τὰ θαρραλέα. ὁ δὲ ἀνδρεῖος ἀνέκπληκτος ὡς ἄνθρωπος. φοβήσεται μὲν οὖν καὶ τὰ τοιαῦτα, ὡς δεῖ δὲ καὶ ὡς ὁ λόγος ὑπομενεῖ τοῦ καλοῦ ἕνεκα· τοῦτο γὰρ τέλος τῆς ἀρετῆς. ἔστι δὲ μᾶλλον καὶ ἧττον ταῦτα φοβεῖσθαι, καὶ ἔτι τὰ μὴ φοβερὰ ὡς τοιαῦτα φοβεῖσθαι. γίνεται δὲ τῶν ἁμαρτιῶν ἣ μὲν ὅτι ὃ οὐ δεῖ, ἣ δὲ ὅτι οὐχ ὡς δεῖ, ἣ δὲ ὅτι οὐχ ὅτε, ἤ τι τῶν τοιούτων· ὁμοίως δὲ καὶ περὶ τὰ θαρραλέα. ὁ μὲν οὖν ἃ δεῖ καὶ οὗ ἕνεκα ὑπομένων καὶ φοβούμενος, καὶ ὡς δεῖ καὶ ὅτε, ὁμοίως δὲ καὶ θαρρῶν, ἀνδρεῖος· κατʼ ἀξίαν γάρ, καὶ ὡς ἂν ὁ λόγος, πάσχει καὶ πράττει ὁ ἀνδρεῖος. τέλος δὲ πάσης ἐνεργείας ἐστὶ τὸ κατὰ τὴν ἕξιν. †καὶ τῷ ἀνδρείῳ δὲ ἡ ἀνδρεία καλόν.† τοιοῦτον δὴ καὶ τὸ τέλος· ὁρίζεται γὰρ ἕκαστον τῷ τέλει. καλοῦ δὴ ἕνεκα ὁ ἀνδρεῖος ὑπομένει καὶ πράττει τὰ κατὰ τὴν ἀνδρείαν. τῶν δʼ ὑπερβαλλόντων ὁ μὲν τῇ ἀφοβίᾳ ἀνώνυμος (εἴρηται δʼ ἡμῖν ἐν τοῖς πρότερον ὅτι πολλά ἐστιν ἀνώνυμα), εἴη δʼ ἄν τις μαινόμενος ἢ ἀνάλγητος, εἰ μηδὲν φοβοῖτο, μήτε σεισμὸν μήτε κύματα, καθάπερ φασὶ τοὺς Κελτούς· ὁ δὲ τῷ θαρρεῖν ὑπερβάλλων περὶ τὰ φοβερὰ θρασύς. δοκεῖ δὲ καὶ ἀλαζὼν εἶναι ὁ θρασὺς καὶ προσποιητικὸς ἀνδρείας· ὡς γοῦν ἐκεῖνος περὶ τὰ φοβερὰ ἔχει, οὗτος βούλεται φαίνεσθαι· ἐν οἷς οὖν δύναται, μιμεῖται. διὸ καὶ εἰσὶν οἱ πολλοὶ αὐτῶν θρασύδειλοι· ἐν τούτοις γὰρ θρασυνόμενοι τὰ φοβερὰ οὐχ ὑπομένουσιν. ὁ δὲ τῷ φοβεῖσθαι ὑπερβάλλων δειλός· καὶ γὰρ ἃ μὴ δεῖ καὶ ὡς οὐ δεῖ, καὶ πάντα τὰ τοιαῦτα ἀκολουθεῖ αὐτῷ. ἐλλείπει δὲ καὶ τῷ θαρρεῖν· ἀλλʼ ἐν ταῖς λύπαις ὑπερβάλλων μᾶλλον καταφανής ἐστιν. δύσελπις δή τις ὁ δειλός· πάντα γὰρ φοβεῖται. ὁ δʼ ἀνδρεῖος ἐναντίως· τὸ γὰρ θαρρεῖν εὐέλπιδος. περὶ ταὐτὰ μὲν οὖν ἐστὶν ὅ τε δειλὸς καὶ ὁ θρασὺς καὶ ὁ ἀνδρεῖος, διαφόρως δʼ ἔχουσι πρὸς αὐτά· οἳ μὲν γὰρ ὑπερβάλλουσι καὶ ἐλλείπουσιν, ὃ δὲ μέσως ἔχει καὶ ὡς δεῖ· καὶ οἱ μὲν θρασεῖς προπετεῖς, καὶ βουλόμενοι πρὸ τῶν κινδύνων ἐν αὐτοῖς δʼ ἀφίστανται, οἱ δʼ ἀνδρεῖοι ἐν τοῖς ἔργοις ὀξεῖς, πρότερον δʼ ἡσύχιοι. καθάπερ οὖν εἴρηται, ἡ ἀνδρεία μεσότης ἐστὶ περὶ θαρραλέα καὶ φοβερά, ἐν οἷς εἴρηται, καὶ ὅτι καλὸν αἱρεῖται καὶ ὑπομένει, ἢ ὅτι αἰσχρὸν τὸ μή. τὸ δʼ ἀποθνήσκειν φεύγοντα πενίαν ἢ ἔρωτα ἤ τι λυπηρὸν οὐκ ἀνδρείου, ἀλλὰ μᾶλλον δειλοῦ· μαλακία γὰρ τὸ φεύγειν τὰ ἐπίπονα, καὶ οὐχ ὅτι καλὸν ὑπομένει, ἀλλὰ φεύγων κακόν.

Anglais

Harris Rackham, 1926

Now although the same things are not fearful to everybody, there are some terrors which we pronounce beyond human endurance, and these of course are fearful to everyone in his senses. And the terrors that man can endure differ in magnitude and degree; as also do the situations inspiring confidence. But the courageous man is proof against fear so far as man may be. Hence although he will sometimes fear even terrors not beyond man’s endurance, he will do so in the right way, and he will endure them as principle dictates, for the sake of what is noble ; for that is the end at which virtue aims. On the other hand it is possible to fear such terrors too much, and too little; and also to fear things that are not fearful as if they were fearful. Error arises either from fearing what one ought not to fear, or from fearing in the wrong manner, or at the wrong time, or the like; and similarly with regard to occasions for confidence. The courageous man then is he that endures or fears the right things and for the right purpose and in the right manner and at the right time, and who shows confidence in a similar way. (For the courageous man feels and acts as the circumstances merit, and as principle may dictate. And every activity aims at the end that corresponds to the disposition of which it is the manifestation. So it is therefore with the activity of the courageous man: his courage is noble; therefore its end is nobility, for a thing is defined by its end; therefore the courageous man endures the terrors and dares the deeds that manifest courage, for the sake of that which is noble.) Of the characters that run to excess, on the other hand, he who exceeds in fearlessness has no name (this, as we remarked before, is the case with many qualities), but we should call a man mad, or else insensitive to pain, if he feared nothing, earthquake nor billows, as they say of the Kelts; he who exceeds in confidence [in the face of fearful things ] is rash. The rash man is generally thought to be an impostor, who pretends to courage which he does not possess; at least, he wishes to appear to feel towards fearful things as the courageous man actually does feel, and therefore he imitates him in the things in which he can. Hence most rash men really are cowards at heart, for they make a bold show in situations that inspire confidence, but do not endure terrors. He that exceeds in fear is a coward, for he fears the wrong things, and in the wrong manner, and soon with the rest of the list. He is also deficient in confidence; but his excessive fear in face of pain is more apparent. The coward is therefore a despondent person, being afraid of everything; but the courageous man is just the opposite, for confidence belongs to a sanguine temperament. The coward, the rash man, and the courageous man are therefore concerned with the same objects, but are differently disposed towards them: the two former exceed and fall short, the last keeps the mean and the right disposition. The rash, moreover, are impetuous, and though eager before the danger comes they hang back at the critical moment; whereas the courageous are keen at the time of action but calm beforehand. As has been said then, Courage is the observance of the mean in relation to things that inspire confidence or fear, in the circumstances stated ; and it is confident and endures because it is noble to do so or base not to do so. But to seek death in order to escape from poverty, or the pangs of love, or from pain or sorrow, is not the act of a courageous man, but rather of a coward; for it is weakness to fly from troubles, and the suicide does not endure death because it is noble to do so, but to escape evil.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Or, bien que les mêmes choses ne soient pas redoutables pour tout le monde, il existe certaines terreurs que nous déclarons supérieures aux forces humaines, et celles-ci sont naturellement redoutables pour tout homme sain d’esprit. Quant aux terreurs que l’homme peut supporter, elles diffèrent en grandeur et en degré ; il en va de même pour les situations qui inspirent de l’assurance. Mais l’homme courageux résiste à la peur dans toute la mesure où un homme le peut. Aussi, bien qu’il craigne parfois même des terreurs qui ne dépassent pas les forces humaines, il les craindra de la manière qui convient et les supportera comme le prescrit la raison, en vue de ce qui est noble ; car telle est la fin que vise la vertu. Il est possible, d’autre part, de craindre de telles terreurs trop ou trop peu ; il est également possible de craindre comme redoutables des choses qui ne le sont pas. L’erreur consiste soit à craindre ce qu’on ne doit pas craindre, soit à le craindre d’une manière inadéquate, au mauvais moment ou de quelque autre façon semblable ; et il en va de même des occasions de montrer de l’assurance. L’homme courageux est donc celui qui supporte ou craint les choses qu’il faut, pour la fin qu’il faut, de la manière et au moment qu’il faut, et qui manifeste son assurance d’une façon semblable. (Car l’homme courageux éprouve et agit comme les circonstances le méritent et comme la raison peut le prescrire. Or toute activité vise la fin qui correspond à la disposition dont elle est la manifestation. Il en va donc ainsi de l’activité de l’homme courageux : son courage est noble ; sa fin est par conséquent la noblesse, car une chose se définit par sa fin ; l’homme courageux supporte donc les terreurs et ose les actions qui manifestent le courage en vue de ce qui est noble.) Parmi les caractères qui tombent dans l’excès, en revanche, celui qui pèche par excès d’intrépidité n’a pas de nom, ce qui, comme nous l’avons remarqué auparavant, est le cas de nombreuses qualités ; mais nous devrions qualifier de fou, ou bien d’insensible à la douleur, l’homme qui ne craindrait rien, ni tremblement de terre ni vagues, comme on le dit des Celtes. Celui qui pèche par excès d’assurance face aux choses redoutables est téméraire. On pense généralement que le téméraire est un imposteur qui feint un courage qu’il ne possède pas ; du moins souhaite-t-il paraître éprouver envers les choses redoutables ce que l’homme courageux éprouve réellement, et il l’imite donc dans les situations où il le peut. C’est pourquoi la plupart des hommes téméraires sont en réalité lâches au fond d’eux-mêmes, car ils font montre de hardiesse dans les situations qui inspirent de l’assurance, mais ne supportent pas les terreurs. Celui qui pèche par excès de peur est un lâche, car il craint les mauvaises choses, de la mauvaise manière, et ainsi de suite pour le reste de l’énumération. Il manque également d’assurance, mais c’est son excès de peur devant la douleur qui apparaît le plus manifestement. Le lâche est donc un homme porté au découragement, puisqu’il a peur de tout ; mais l’homme courageux est tout le contraire, car l’assurance appartient à un tempérament plein d’espoir. Le lâche, le téméraire et l’homme courageux ont donc affaire aux mêmes objets, mais sont disposés différemment envers eux : les deux premiers pèchent par excès et par défaut, le dernier conserve le juste milieu et la disposition droite. Les téméraires, en outre, sont impétueux et, bien qu’ardents avant que le danger ne survienne, ils reculent au moment critique ; les hommes courageux, au contraire, sont ardents au moment d’agir, mais calmes auparavant. Comme on l’a dit, le Courage consiste donc à observer le juste milieu relativement aux choses qui inspirent l’assurance ou la peur, dans les circonstances indiquées ; il se montre assuré et persévère parce qu’il est noble de le faire, ou honteux de ne pas le faire. Mais rechercher la mort afin d’échapper à la pauvreté, aux tourments de l’amour, à la douleur ou au chagrin n’est pas le fait d’un homme courageux, mais plutôt celui d’un lâche ; car c’est une faiblesse que de fuir les épreuves, et celui qui se suicide ne supporte pas la mort parce qu’il est noble de le faire, mais afin d’échapper au mal.

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