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Aristote

Éthique à Nicomaque Section 5

Section 100 sur 116

Référence canonique 8.5

Grec ancien

ὥσπερ δʼ ἐπὶ τῶν ἀρετῶν οἳ μὲν καθʼ ἕξιν οἳ δὲ κατʼ ἐνέργειαν ἀγαθοὶ λέγονται, οὕτω καὶ ἐπὶ τῆς φιλίας· οἱ μὲν γὰρ συζῶντες χαίρουσιν ἀλλήλοις καὶ πορίζουσι τἀγαθά, οἱ δὲ καθεύδοντες ἢ κεχωρισμένοι τοῖς τόποις οὐκ ἐνεργοῦσι μέν, οὕτω δʼ ἔχουσιν ὥστʼ ἐνεργεῖν φιλικῶς· οἱ γὰρ τόποι οὐ διαλύουσι τὴν φιλίαν ἁπλῶς, ἀλλὰ τὴν ἐνέργειαν. ἐὰν δὲ χρόνιος ἡ ἀπουσία γίνηται, καὶ τῆς φιλίας δοκεῖ λήθην ποιεῖν· ὅθεν εἴρηται πολλὰς δὴ φιλίας ἀπροσηγορία διέλυσεν. οὐ φαίνονται δʼ οὔθʼ οἱ πρεσβῦται οὔθʼ οἱ στρυφνοὶ φιλικοὶ εἶναι· βραχὺ γὰρ ἐν αὐτοῖς τὸ τῆς ἡδονῆς, οὐδεὶς δὲ δύναται συνημερεύειν τῷ λυπηρῷ οὐδὲ τῷ μὴ ἡδεῖ· μάλιστα γὰρ ἡ φύσις φαίνεται τὸ λυπηρὸν φεύγειν, ἐφίεσθαι δὲ τοῦ ἡδέος. οἱ δʼ ἀποδεχόμενοι ἀλλήλους, μὴ συζῶντες δέ, εὔνοις ἐοίκασι μᾶλλον ἢ φίλοις. οὐδὲνγὰρ οὕτως ἐστὶ φίλων ὡς τὸ συζῆν ʽὡ̓φελείας μὲν γὰρ οἱ ἐνδεεῖς ὀρέγονται, συνημερεύειν δὲ καὶ οἱ μακάριοι· μονώταις γὰρ εἶναι τούτοις ἥκιστα προσήκεἰ· συνδιάγειν δὲ μετʼ ἀλλήλων οὐκ ἔστι μὴ ἡδεῖς ὄντας μηδὲ χαίροντας τοῖς αὐτοῖς, ὅπερ ἡ ἑταιρικὴ δοκεῖ ἔχειν. μάλιστα μὲν οὖν ἐστὶ φιλία ἡ τῶν ἀγαθῶν, καθάπερ πολλάκις εἴρηται· δοκεῖ γὰρ φιλητὸν μὲν καὶ αἱρετὸν τὸ ἁπλῶς ἀγαθὸν ἢ ἡδύ, ἑκάστῳ δὲ τὸ αὑτῷ τοιοῦτον· ὁ δʼ ἀγαθὸς τῷ ἀγαθῷ διʼ ἄμφω ταῦτα. ἔοικε δʼ ἡ μὲν φίλησις πάθει, ἡ δὲ φιλία ἕξει· ἡ γὰρ φίλησις οὐχ ἧττον πρὸς τὰ ἄψυχά ἐστιν, ἀντιφιλοῦσι δὲ μετὰ προαιρέσεως, ἡ δὲ προαίρεσις ἀφʼ ἕξεως· καὶ τἀγαθὰ βούλονται τοῖς φιλουμένοις ἐκείνων ἕνεκα, οὐ κατὰ πάθος ἀλλὰ καθʼ ἕξιν. καὶ φιλοῦντες τὸν φίλον τὸ αὑτοῖς ἀγαθὸν φιλοῦσιν· ὁ γὰρ ἀγαθὸς φίλος γινόμενος ἀγαθὸν γίνεται ᾧ φίλος. ἑκάτερος οὖν φιλεῖ τε τὸ αὑτῷ ἀγαθόν, καὶ τὸ ἴσον ἀνταποδίδωσι τῇ βουλήσει καὶ τῷ ἡδεῖ· λέγεται γὰρ φιλότης ἰσότης, μάλιστα δὲ τῇ τῶν ἀγαθῶν ταῦθʼ ὑπάρχει.

Anglais

Harris Rackham, 1926

It is with friendship as it is with the virtues; men are called good in two senses, either as having a virtuous disposition or as realizing virtue in action, and similarly friends when in each other’s company derive pleasure from and confer benefits on each other, whereas friends who are asleep or parted are not actively friendly, yet have the disposition to be so. For separation does not destroy friendship absolutely, though it prevents its active exercise. If however the absence be prolonged, it seems to cause the friendly feeling itself to be forgotten: hence the poet’s remark Full many a man finds friendship end For lack of converse with his friend. The old and the morose do not appear to be much given to friendship, for their capacity to please is small, and nobody can pass his days in the company of one who is distasteful to him, or not pleasing, since it seems to be one of the strongest instincts of nature to shun what is painful and seek what is pleasant. And when persons approve of each other without seeking such other’s society, this seems to be goodwill rather than friendship. Nothing is more characteristic of friends than that they seek each other’s society: poor men desire their friends’ assistance, and even the most prosperous wish for their companionship (indeed they are the last people to adopt the life of a recluse); but it is impossible for men to spend their time together unless they give each other pleasure, or have common tastes. The latter seems to be the bond between the members of a comradeship. Friendship between good men then is the truest friendship, as has been said several times before. For it is agreed that what is good and pleasant absolutely is lovable and desirable strictly, while what is good and pleasant for a particular person is lovable and desirable relatively to that person; but the friendship of good men for each other rests on both these grounds. Liking seems to be an emotion, friendship a fixed disposition, for liking can be felt even for inanimate things, but reciprocal liking involves deliberate choice, and this springs from a fixed disposition. Also, when men wish the good of those they love for their own sakes, their goodwill does not depend on emotion but on a fixed disposition. And in loving their friend they love their own good, for the good man in becoming dear to another becomes that other’s good. Each party therefore both loves his own good and also makes an equivalent return by wishing the other’s good, and by affording him pleasure; for there is a saying, Amity is equality, and this is most fully realized in the friendships of the good.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Il en va de l’amitié comme des vertus. Les hommes sont appelés bons en deux sens, soit parce qu’ils possèdent une disposition vertueuse, soit parce qu’ils réalisent la vertu dans l’action. De même, lorsque des amis sont ensemble, ils prennent plaisir l’un à l’autre et se rendent mutuellement des bienfaits, tandis que les amis qui dorment ou sont séparés n’exercent pas activement leur amitié, mais possèdent la disposition à le faire. Car la séparation ne détruit pas absolument l’amitié, quoiqu’elle en empêche l’exercice actif. Toutefois, si l’absence se prolonge, elle semble faire oublier le sentiment amical lui-même; d’où cette remarque du poète: «Combien d’hommes voient finir l’amitié faute de converser avec leur ami.» Les vieillards et les personnes moroses ne semblent guère portés à l’amitié, car leur capacité de plaire est faible, et personne ne peut passer ses jours en compagnie de quelqu’un qui lui déplaît ou ne lui est pas agréable, puisqu’il semble que l’un des instincts naturels les plus puissants soit de fuir ce qui est pénible et de rechercher ce qui est agréable. Lorsque des personnes s’approuvent mutuellement sans rechercher la compagnie l’une de l’autre, cela paraît être de la bienveillance plutôt que de l’amitié. Rien n’est plus caractéristique des amis que de rechercher la compagnie l’un de l’autre: les pauvres désirent l’assistance de leurs amis, et même les plus prospères souhaitent leur compagnie, car ils sont précisément les moins disposés à adopter la vie d’un solitaire. Mais il est impossible aux hommes de passer leur temps ensemble s’ils ne se procurent pas mutuellement du plaisir ou s’ils n’ont pas des goûts communs. Ceux-ci semblent constituer le lien entre les membres d’une confrérie. L’amitié entre hommes bons est donc l’amitié la plus véritable, comme on l’a dit plusieurs fois auparavant. On s’accorde en effet à reconnaître que ce qui est bon et agréable absolument est aimable et désirable au sens strict, tandis que ce qui est bon et agréable pour une personne déterminée est aimable et désirable relativement à cette personne; or l’amitié réciproque des hommes bons repose sur ces deux fondements. L’affection semble être une émotion, l’amitié une disposition stable, car l’affection peut être éprouvée même pour des choses inanimées, tandis que l’affection réciproque implique un choix délibéré, lequel procède d’une disposition stable. De plus, lorsque les hommes veulent le bien de ceux qu’ils aiment pour eux-mêmes, leur bienveillance ne dépend pas d’une émotion, mais d’une disposition stable. Et en aimant leur ami, ils aiment leur propre bien, car l’homme bon, en devenant cher à un autre, devient le bien de cet autre. Chacune des parties aime donc son propre bien et offre aussi une rétribution équivalente en voulant le bien de l’autre et en lui procurant du plaisir. Car, selon le dicton, «L’amitié est égalité», et cela se réalise de la manière la plus complète dans les amitiés entre hommes bons.

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