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Albert Einstein
Correspondance Born-Einstein: lettres d’Einstein Section section-0081
Section 81 sur 127
Référence canonique section-0081
Anglais
Irene Born
We left the Chancellor’s palace in high spirits, feeling that we had taken part in a historical event and hoping to have seen the last of Prussian arrogance, the Junkers, and the reign of the aristocracy, of cliques of civil servants and of the military, now that German democracy had won. Even the long journey back to the Grunewald, mostly on foot, could not dampen my elated mood. In those days we believed in the triumph of reason, of the ‘brain’. We had yet to learn that it is not the brain which controls human beings but the spinal cord - seat of the instincts and of blind passions. Even scientists are no exception to this. Einstein had criticised Max Laue earlier on (Letter No. 3) but in this letter he gladly acknowledges his bravery towards the Nazis. Einstein did not think much of an ‘ethical code’. The words contained in this letter about Bohr, about ‘the feeling for what ought to be, and what ought not to’, and about the role of the individual in the society of cynics, are of profound wisdom. Finally, Einstein concerns himself with my lecture ‘Experiment and Theory in Physics’ .3081 Scientifically, we had indeed drifted far apart. He concentrated on speculations about his unified field theory, while I tried to keep a tight reign on my inclination to speculate. My little book is a sharp attack against certain papers by the astronomers Eddington and Milne, who both, though in completely different ways, tried to solve the enigma of the world of atoms and of the cosmos by means of pure thought alone. I still, to this day, believe my arguments to be reasonable but, on the other hand, Einstein is quite right in that empiricism alone, without bold ideas, does not get one anywhere. He is a master who finds the right proportions. The last paragraph deals again with the fundamental dice-game in quantum mechanics, and is probably the best and most lucid formulation of Einstein’s point of view. I have discussed it thoroughly in my book Natural Philosophy of Cause and Chance3* and there is no need to go into it again. 84 Grange Loan 82 Edinburgh 9 October, 1944
Français Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
Nous quittâmes le palais du chancelier d’excellente humeur, avec le sentiment d’avoir participé à un événement historique et l’espoir d’en avoir fini avec l’arrogance prussienne, les Junkers et le règne de l’aristocratie, des cliques de fonctionnaires et des militaires, maintenant que la démocratie allemande avait triomphé. Même le long trajet de retour jusqu’au Grunewald, effectué en grande partie à pied, ne put refroidir mon exaltation. À cette époque, nous croyions au triomphe de la raison, du « cerveau ». Il nous restait à apprendre que ce n’est pas le cerveau qui gouverne les êtres humains, mais la moelle épinière, siège des instincts et des passions aveugles. Même les scientifiques ne font pas exception. Einstein avait auparavant critiqué Max Laue (lettre no 3), mais, dans cette lettre, il reconnaît volontiers son courage face aux nazis. Einstein ne faisait pas grand cas d’un « code d’éthique ». Les mots que contient cette lettre au sujet de Bohr, du « sentiment de ce qui doit être et de ce qui ne doit pas être », et du rôle de l’individu dans la société des cyniques, sont d’une profonde sagesse. Enfin, Einstein s’intéresse à ma conférence « Expérience et théorie en physique ».3081 Sur le plan scientifique, nous nous étions en effet beaucoup éloignés l’un de l’autre. Il se concentrait sur les spéculations relatives à sa théorie unifiée des champs, tandis que j’essayais de tenir fermement en bride mon inclination à spéculer. Mon petit livre attaque vivement certains articles des astronomes Eddington et Milne, qui tous deux, quoique de manières totalement différentes, tentaient de résoudre par la seule pensée l’énigme du monde des atomes et du cosmos. Aujourd’hui encore, je crois mes arguments raisonnables ; mais, d’un autre côté, Einstein a tout à fait raison de dire que l’empirisme seul, sans idées audacieuses, ne mène nulle part. C’est un maître qui trouve les justes proportions. Le dernier paragraphe traite une nouvelle fois du jeu de dés fondamental de la mécanique quantique et constitue probablement la formulation la meilleure et la plus limpide du point de vue d’Einstein. Je l’ai examiné en détail dans mon livre Natural Philosophy of Cause and Chance3*, et il n’est pas nécessaire d’y revenir. 84 Grange Loan, 82 Édimbourg, 9 octobre 1944.
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