# Éclairages sur la relativité

- Identifiant : `einstein.sidelights_on_relativity`
- Auteur : Albert Einstein
- URL canonique : https://prokopton42.com/fr/ouvrages/einstein/sidelights-on-relativity/reference-section-0009/
- Empreinte : `fecb14ed5d2ddbbee1e61df60a7d84802403b0f71f0a8420496ffb325327260a`

## Passage section-0009

### Anglais

But on the other hand there is a weighty argument to be adduced in favour of the ether hypothesis. To deny the ether is ultimately to assume that empty space has no physical qualities whatever. The fundamental facts of mechanics do not harmonize with this view. For the mechanical behaviour of a corporeal system hovering freely in empty space depends not only on relative positions (distances) and relative velocities, but also on its state of rotation, which physically may be taken as a characteristic not appertaining to the system in itself. In order to be able to look upon the rotation of the system, at least formally, as something real, Newton objectivises space. Since he classes his absolute space together with real things, for him rotation relative to an absolute space is also something real. Newton might no less well have called his absolute space “Ether”; what is essential is merely that besides observable objects, another thing, which is not perceptible, must be looked upon as real, to enable acceleration or rotation to be looked upon as something real. It is true that Mach tried to avoid having to accept as real something which is not observable by endeavouring to substitute in mechanics a mean acceleration with reference to the totality of the masses in the universe in place of an acceleration with reference to absolute space. But inertial resistance opposed to relative acceleration of distant masses presupposes action at a distance; and as the modern physicist does not believe that he may accept this action at a distance, he comes back once more, if he follows Mach, to the ether, which has to serve as medium for the effects of inertia. But this conception of the ether to which we are led by Mach’s way of thinking differs essentially from the ether as conceived by Newton, by Fresnel, and by Lorentz. Mach’s ether not only conditions the behaviour of inert masses, but is also conditioned in its state by them.

### Français

Mais, d’autre part, il existe un argument de poids en faveur de l’hypothèse de l’éther. Nier l’éther revient en définitive à supposer que l’espace vide ne possède absolument aucune qualité physique. Les faits fondamentaux de la mécanique ne s’accordent pas avec cette conception. Car le comportement mécanique d’un système matériel flottant librement dans l’espace vide dépend non seulement des positions relatives, c’est-à-dire des distances, et des vitesses relatives, mais aussi de son état de rotation, qui peut physiquement être considéré comme une caractéristique n’appartenant pas au système lui-même. Afin de pouvoir considérer, au moins formellement, la rotation du système comme quelque chose de réel, Newton objective l’espace. Puisqu’il classe son espace absolu parmi les choses réelles, la rotation relativement à un espace absolu est également quelque chose de réel pour lui. Newton aurait tout aussi bien pu appeler son espace absolu « éther » ; l’essentiel est simplement qu’outre les objets observables, une autre chose, imperceptible, doive être tenue pour réelle afin que l’accélération ou la rotation puisse être considérée comme quelque chose de réel. Il est vrai que Mach tenta d’éviter d’avoir à accepter comme réel quelque chose qui n’est pas observable, en s’efforçant de substituer en mécanique à l’accélération par rapport à l’espace absolu une accélération moyenne par rapport à la totalité des masses de l’univers. Mais la résistance inertielle opposée à l’accélération relative de masses éloignées présuppose une action à distance ; et comme le physicien moderne ne croit pas pouvoir admettre cette action à distance, il revient une fois encore, s’il suit Mach, à l’éther, qui doit servir de milieu aux effets d’inertie. Mais cette conception de l’éther à laquelle nous conduit la pensée de Mach diffère essentiellement de l’éther tel que le concevaient Newton, Fresnel et Lorentz. L’éther de Mach ne conditionne pas seulement le comportement des masses inertes, son état est aussi conditionné par elles.

