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Albert Einstein

Comment je vois le monde Section section-0097

Section 97 sur 169

Référence canonique section-0097

Anglais

Alan Harris

complete manner, on a foundation quite different from the Newtonian dian was possible with it. But quite apart from the question which is superior, the fictitious character of fundamental principles is perfecdy evident from the fact diat we can point to two essentially differ¬ ent principles, both of which correspond with experience to a large extent; this proves at the same time that every attempt at a logical deduction of the basic concepts and postulates of mechanics from elementary experiences is doomed to failure. If, then, it is true that this axiomatic basis of theo¬ retical physics cannot be extracted from experience but must be freely invented, can we ever hope to find the right way ? Nay more, has this right way any existence outside our illusions ? Can we hope to be guided in the right way by experience when there exist theories (such as classical mechanics) which to a large extent do justice to experience, without getting to the root of the matter ? I answer without hesitation that there is, in my opinion, a right way, and that we are capable of finding it. Our experience hitherto justifies us in believing that nature is the realisation of the simplest conceivable mathematical ideas. I am convinced that we can discover by means of purely mathematical constructions the concepts and die laws connecting them with each other, which furnish the key to the understanding of natural phenomena. Experience may suggest the appropriate mathematical concepts, but they most certainly cannot be deduced from it. Experience remains, of course, the sole criterion of die physical utility of a mathematical con¬ struction. But the creative principle resides in mathe¬ matics. In a certain sense, therefore, I hold it true that pure thought can grasp reality, as the ancients dreamed. In order to justify diis confidence, I am compelled

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

plus complète, sur un fondement tout différent du fondement newtonien qu’il n’était possible de le faire avec celui-ci. Mais, indépendamment même de la question de savoir lequel est supérieur, le caractère fictif des principes fondamentaux ressort parfaitement du fait que nous pouvons indiquer deux principes essentiellement différents qui correspondent tous deux, dans une large mesure, à l’expérience. Cela prouve en même temps que toute tentative de déduction logique des concepts et postulats fondamentaux de la mécanique à partir d’expériences élémentaires est vouée à l’échec. S’il est donc vrai que cette base axiomatique de la physique théorique ne peut être extraite de l’expérience, mais doit être librement inventée, pouvons-nous jamais espérer trouver la bonne voie ? Bien plus, cette bonne voie existe-t-elle en dehors de nos illusions ? Pouvons-nous espérer être guidés sur la bonne voie par l’expérience, alors qu’il existe des théories, comme la mécanique classique, qui rendent largement justice à l’expérience sans atteindre le fond des choses ? Je réponds sans hésitation qu’il existe, à mon avis, une bonne voie et que nous sommes capables de la trouver. Notre expérience jusqu’à présent nous autorise à croire que la nature est la réalisation des idées mathématiques les plus simples qui se puissent concevoir. Je suis convaincu que nous pouvons découvrir, au moyen de constructions purement mathématiques, les concepts et les lois qui les relient entre eux et qui fournissent la clé de la compréhension des phénomènes naturels. L’expérience peut suggérer les concepts mathématiques appropriés, mais ceux-ci ne peuvent certainement pas en être déduits. L’expérience demeure, bien entendu, l’unique critère de l’utilité physique d’une construction mathématique. Mais le principe créateur réside dans les mathématiques. En un certain sens, je tiens donc pour vrai que la pensée pure peut saisir la réalité, comme le rêvaient les Anciens. Pour justifier cette confiance, je suis contraint

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