# Introduction aux œuvres d’Épictète, par Elizabeth Carter

- Identifiant : `elizabeth_carter.epictetus_introduction`
- Auteur : Elizabeth Carter
- URL canonique : https://prokopton42.com/fr/ouvrages/elizabeth-carter/epictetus-introduction/reference-7/
- Empreinte : `e0bc56ca38cb14d9dd2c7cc6d8be43fb84e7154329349e5b4006ec5ab0ce6e07`

## Passage 7

### Anglais

Indeed there is often so much Obscurity, and Appearance of Contradiction, in their Expressions, that it is very difficult, if not impossible, to form any precise Idea of their Meaning. They who, with Impartiality, read what the ancient Philosophers, of all Sects, have written on the Nature of God, will often find Cause to think, with the utmost Veneration and Gratitude, on the only Book, in which this important Article is explained, so far as is necessary to be known, in a manner perfectly agreeable to the Principles of simple, unperverted Reason. For what it graciously teaches more than Reason could, it confirms by such Evidences of its Authority, as Reason must admit, or contradict itself $. 14. The Stoics sometimes define God to be an intelligent, fiery Spirit, without Form, but passing into whatever things it pleases, and assimilating itself to all: sometimes active operative Fire. It might be hoped, that these were only metaphorical Phrases, if they did not expressly speak of God as corporeal; which is objected to them by Plutarch. Indeed they defined all Essence to be Body. which, probably, they did not discover the ill Tendency, any more than Tertullian; who inconsiderately followed them in this very unphilosophical Notion, that what is not Body, is nothing at all. His Christian Faith secures him from the Imputation of Impiety: and the just and becoming Manner, in which the Stoics, in many Instances, speak of God, should incline one to form the same favourable Judgment of them: and those Authors seem guilty of great Injustice, who represent them, as little better than Atheists

### Français

Il y a souvent tant d’obscurité et d’apparence de contradiction dans leurs expressions qu’il est très difficile, sinon impossible, de se former une idée précise de leur sens. Ceux qui lisent avec impartialité ce que les anciens philosophes de toutes les sectes ont écrit sur la nature de Dieu trouveront souvent sujet à considérer, avec la plus profonde vénération et gratitude, le seul Livre où cet important article est expliqué, autant qu’il est nécessaire de le connaître, d’une manière parfaitement conforme aux principes d’une raison simple et non pervertie. Car ce qu’il enseigne gracieusement au-delà de ce que la raison pouvait découvrir, il le confirme par des preuves de son autorité que la raison doit admettre sous peine de se contredire elle-même. §. 14. Les stoïciens définissent parfois Dieu comme un esprit intelligent et igné, sans forme, mais passant dans toutes les choses qui lui plaisent et s’assimilant à toutes. Ils le définissent parfois comme un feu actif et opérant. On pourrait espérer qu’il ne s’agit que d’expressions métaphoriques s’ils ne parlaient expressément de Dieu comme corporel, ce que Plutarque leur reproche. Ils définissaient en effet toute essence comme corps. Ils n’en découvrirent probablement pas la fâcheuse tendance, pas plus que Tertullien, qui les suivit inconsidérément dans cette notion fort peu philosophique selon laquelle ce qui n’est pas corps n’est absolument rien. Sa foi chrétienne le met à l’abri de l’accusation d’impiété. La manière juste et convenable dont les stoïciens parlent de Dieu en de nombreuses occasions devrait nous incliner à porter sur eux le même jugement favorable. Les auteurs qui les représentent comme à peine meilleurs que des athées semblent donc coupables d’une grande injustice.

