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Elizabeth Carter

Lettres d’Elizabeth Carter à Catherine Talbot Unité 13

Unité 12 sur 139

Référence canonique 13

Anglais

Deal, July 20, 1744-. I HOPE, my dear Miss Talbot, you will not again think it necessary to limit yourself to the. term of thirty minutes, for really you are not one of those orators whom I could wish confined to a Clepsydra. I could with the most pleasing atten tion listen to such discourses as your's, " from morn to noon, from noon till dewy eve ;" especially when you preach only your own doctrine; for as to David Simple, (though I respect a great many of his opi nions) I am somewhat inclined to be heterodox, not not that I am going to trouble you with my reasons for dissenting from him, which I have at this pre sent time of writing totally forgot, but hope you will believe they are right good ones. As for your second scheme I am utterly forbid to think of it, from an extraordinary tenderness to the safety of my person, as I do not find you have mentioned any expedient how I should avoid break ing my neck, which I believe would certainly follow my ever getting within side of them, for " libera io naqui et vissi, et morro sciolta.'5 I am something too volatile to live for ages " in shady cloysters mewed;" a scheme very inconsistent with rny prin ciples, who am so real a friend to universal liberty, that I make a scruple of keeping birds in a cage, and did but last week refuse the offer of a very mu sical linnet. But now, dear Miss Talbot, it is time for me most gratefully and sincerely to thank you for the serious part of your Letter, which I hope will con tribute to make me wiser and better: of which to my sorrow there is abundant need. I must how ever in justice to myself tell you it was not from a contracted principle of monopolizing a person who I think possesses every amiable quality, that gave me the uneasiness I troubled you with ; for her fa vourites always become mine, and could I flatter myself the case would be parallel to what you de- VOL. i. F scribe, scribe, I could bear it with tolerable tranquillity; but I am persuaded it would be quite different. At all events, be that as it may, your advice is equally good, and I shall pay a much greater re gard to it, than if it was dictated by Seneca or Epictetus. I make no doubt but you have read Siris *, as I have to no great purpose you will think, as I fairly confess I have no clear idea what one half of it means: what I can understand of it extremely pleases me, but possibly its being beyond the reach of my comprehension is the cause that some parts of the book appear entirely visionary, and more like the glittering confusion of a lively ima gination; than any regular system of distinct rea soning. Pray what is your opinion of tar-water? As I am as perfect a Hamadryad as you can possibly be, I should p:iy the utmost deference to your favouiix trees. I hope by this time, the fair face of the creation has recovered all its charms, and that you are no longer insensible to the beau ties of a season when every sense and every heart is joy. Where indeed below the stars shall happi- * By Bishop Berkeley, of whom Pope says with more than his usual truth of character, that he possessed " every virtue under heaven." This ingenious and eccentric work was first published in this year. t, ness tiess be found, if it flies from a mind like yours! If I might venture to dispute any point with you, who understand every thing so much better than myself, I should be inclined to philosophize a little with you upon this melancholy reflection. Give me leave however, dear Miss Talbot, most sin cerely to wish, you may very seldom, if it were possible never, feel any stronger argument against human happiness than such an accidental flagging of the spirits as an hour's enlivening conversation, or a hundred varied amusements might easily con quer. These transient fits of oscitation, and inac tivity, are perhaps no more than a necessary re laxation to the mind, and serve to quicken its fa culties to a more lively sensation of returning plea sure. I am greatly inclined to be an advocate for the happiness of human life, and you will allow my opinion to be tolerably impartial, when I tell you that I am at this moment talking in downright con tradiction to what I feel, however luckily for you, the want of a frank puts an end to my specu lations, for I believe all the philosophy I might utter in another sheet would not be worth sixpence to you, so adieu! &c. Miss 6'S

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Deal, 20 juillet 1744.

J’ESPÈRE, ma chère Mlle Talbot, que vous ne jugerez plus nécessaire de vous limiter au terme de trente minutes, car vous n’êtes vraiment pas de ces orateurs que je souhaiterais voir soumis à une clepsydre. Je pourrais écouter avec la plus agréable attention des discours tels que les vôtres « du matin jusqu’à midi, de midi jusqu’au soir couvert de rosée », surtout lorsque vous ne prêchez que votre propre doctrine.

Quant à David Simple, quoique je respecte un grand nombre de ses opinions, je suis quelque peu portée à l’hétérodoxie. Non que je m’apprête à vous importuner de mes raisons de différer de lui, lesquelles m’ont entièrement échappé au moment présent où j’écris, mais j’espère que vous croirez qu’elles sont fort bonnes.

Pour ce qui est de votre second projet, une tendresse extraordinaire pour la sûreté de ma personne m’interdit absolument d’y songer, car je ne vois pas que vous ayez indiqué quelque moyen qui m’éviterait de me rompre le cou, conséquence qui, je crois, suivrait certainement mon entrée chez elles ; car « libera io nacqui e vissi, e morrò sciolta ». Je suis un peu trop volatile pour vivre des siècles « enfermée dans de sombres cloîtres », projet fort incompatible avec mes principes. Je suis une amie si véritable de la liberté universelle que je me fais scrupule de garder des oiseaux en cage, et que la semaine dernière seulement j’ai refusé qu’on m’offrît une linotte fort musicale.

Mais maintenant, chère Mlle Talbot, il est temps que je vous remercie avec la plus grande gratitude et la plus parfaite sincérité pour la partie sérieuse de votre lettre, qui, je l’espère, contribuera à me rendre plus sage et meilleure ; j’en ai malheureusement grand besoin.

Je dois cependant, par justice envers moi-même, vous dire que le malaise dont je vous ai importunée ne procédait pas d’un principe étroit qui m’aurait poussée à monopoliser une personne en qui je crois réunies toutes les qualités aimables. Ses favorites deviennent toujours les miennes ; et si je pouvais me flatter que le cas fût parallèle à celui que vous décrivez, je pourrais le supporter avec une tranquillité passable. Mais je suis persuadée qu’il en irait tout autrement.

Quoi qu’il en soit et quoi qu’il arrive, votre conseil est également bon, et j’y aurai bien plus d’égard que s’il avait été dicté par Sénèque ou Épictète.

Je ne doute pas que vous ayez lu Siris*, comme je l’ai fait sans grand profit, penserez-vous, puisque j’avoue franchement n’avoir aucune idée claire de ce que signifie la moitié de l’ouvrage. Ce que j’en puis comprendre me plaît extrêmement ; mais il est possible que certaines parties du livre me paraissent entièrement visionnaires et ressembler davantage à la confusion brillante d’une imagination vive qu’à un système régulier de raisonnements distincts, précisément parce qu’elles dépassent la portée de mon entendement. Je vous prie, quelle est votre opinion de l’eau de goudron ?

Puisque je suis une Hamadryade aussi parfaite que vous pouvez l’être, je témoignerais la plus grande déférence à vos arbres favoris. J’espère qu’à cette heure le beau visage de la création a recouvré tous ses charmes et que vous n’êtes plus insensible aux beautés d’une saison où chaque sens et chaque cœur est joie.

* Par l’évêque Berkeley, dont Pope dit, avec plus que sa justesse habituelle dans la peinture des caractères, qu’il possédait « toutes les vertus qui sont sous le ciel ». Cet ouvrage ingénieux et singulier fut publié pour la première fois cette année.

Où donc, sous les étoiles, trouvera-t-on le bonheur s’il fuit un esprit tel que le vôtre ! Si je pouvais me risquer à disputer un point avec vous, qui comprenez toute chose bien mieux que moi, je serais portée à philosopher quelque peu avec vous sur cette réflexion mélancolique.

Permettez-moi toutefois, chère Mlle Talbot, de souhaiter très sincèrement que vous éprouviez fort rarement, et si possible jamais, d’argument plus puissant contre le bonheur humain qu’un abattement accidentel des esprits qu’une heure de conversation animée ou cent divertissements variés pourraient aisément vaincre.

Ces accès passagers d’oscitation et d’inactivité ne sont peut-être rien de plus qu’une détente nécessaire de l’esprit, et servent à ranimer ses facultés afin qu’il ressente plus vivement le plaisir qui revient. Je suis fort portée à défendre le bonheur de la vie humaine, et vous admettrez que mon opinion est assez impartiale lorsque je vous dirai qu’en ce moment même je parle en contradiction directe avec ce que je ressens.

Heureusement pour vous, le manque d’affranchissement postal met fin à mes spéculations, car je crois que toute la philosophie que je pourrais proférer sur une autre feuille ne vaudrait pas six pence pour vous. Adieu donc ! etc.

Mlle S.

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