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Elizabeth Carter
Lettres d’Elizabeth Carter à Catherine Talbot Unité 23
Unité 22 sur 139
Référence canonique 23
Anglais
Deal, Sept. 5, 1746. I SHALL not at present, dear Miss Talbot, pretend to determine whether what you do is well or ill done, but in order to take away all possible colour of excuse, beg leave to assure you, that whether your Letters are well or ill wrote, sense or nonsense, it is very certain they give me very great pleasure, and upon this occasion I find it to my own interest de me servir de votre compliment, que cela vaut toute une panegyrique. Vous avez crue me faire rire d'une espece de flatterie dont j'ai soupire"e. Helas, cela ne se trouve que trop souvent, et a des consequences fort facheuses. Je connois des gens, qui a force de s'etre flatt6 qu'ils ne sont que des vauriens, le sont devenu tout de bon. II n'y a point de gens plus incorrigibles que ceux la. Les folies les plus outre's ne leur coutent rien, ils y marchent de pied ferine, et de sang froid. Ils se sont figure* d'etre de si peu de consideration qu'on ne leur demandera pas conte de leurs actions. Beau moyen de se defaire de la peine qu'on trouve a moderer ces passions ! II y a quelque terns Mademoiselle que je vous quitte, me voici de retour. Ou en etois je avec M 2 mes mes observations? je n'en sais rien inmportej je passerai a des autres sujets qui vaudront peut etre tout autant, c'est a dire fort peu de chose. Que je vous plains de n'etre pas folle dc la musique ! je vien d'entendre une chanson sur une epinette, chantee par une tres belle voix qui m'a tout-a-fait charme ; vous croyerex peut-etre que je 1'ai achete bien chere, puisque j'ai marche cinq miles par un chemin sabloneux, ou il ne s'est trouve pas un seul arbrisseau, mais malgre tout cela la chanson m'a fort bien recompense. Pourquoi me suis je avise de vous ecrire en francois, car assurement je Teens fort mal ? Apparemment c est que j'avois un presentiment que je ne dirois que des sottises, et les eottises se dissent mieux en cctte langue que dans la notre. Je vais pourtant reprendre 1'Anglois, et je vous conseille de me quitter car je iiai pas encore finic sur la rnusique. To be sure you think me very extravagant in my * fondness for this amusement, but I really owe * This fondness for music continued through lifo# especially fdr the compositions of Handel and Corelli. Little more thai) z year before she died, the Editor saw her in her eldest bro ther's drawing-room at Deal, listening for more than two hours with Unabuting attention and delight to the* performance and singing of her two youngest nieces, Mr. Garter's daughters, accompanied on the violin by their father, then in his 81st year, and their uncle, her younger brother. 1 more more to its influence than most people. I seldom hear an agreeable air but it recalls to my mind almost every pleasing occurrence of my life, and gives me a new enjoyment of it. Every body I either love or admire, every conversation that struck me with peculiar pleasure, and every fine passage of a favourite author, the powerful magie of Mr. Handel conjures up to my thoughts. One some times finds an effect like this in a solitary evening walk, from a calm sky and a beautiful view of rural scenes, but the images arising from these are more faint and languid, and at best lull one into a kind of waking insensibility. On the contrary, music, at the same time that it impresses a thou sand vivid phantoms on the mind, gives one spirits to attend to all their varieties without fatigue. After all, what connection is there between fine prospects and harmonious sounds, and the very re mote ideas they summon up ? One may perhaps in some measure account for these strange effects by supposing that the mind cannot rest satisfied with the confused sensations of a mere mechanical plea sure, and therefore at the same time that it finds itself affected with agreeable impressions, calls in some species of moral good to explain and support them. I think, however, I had better let these points alone, and proceed to thank you for your excellent observations upon the great solemnity at Westminster Westminster Hall. I often transported myself there in idea, and always in your company. From the disputes which at present arise in almost every company, I was led to look over the two celebrated speeches in Sallust. I opened the book with a full determination to like Caesar's speech, and in spite of my said determination, before I shut it I was obliged to prefer Cato's. But indeed neither of them are applicable to affairs in our own country. I cannot pretend to follow you in your deep poli tical studies, but I too have been reading Memoirs, namely, the Memoirs of Ulysses, which in pure reverence to the name of Homer, I have w?ith some difficulty just got through; perhaps it may not be to my credit to confess this, and several passages which my want of judgment makes to appear te dious, ought to be admired for their noble sim plicity ; but really it does not seem of any great importance to the reader whether Telemachus (like a notable housewifely young man as he was) hung his cloaths upon a peg, or was sloven enough to throw them on the floor; or whether Mr. Trulliber* (I have forgot his Greek name) took exact care of the hogs. If it was not an incontestable fact Eumaeus. Had such a poem been written in this age of refinement, the censure would have been just. Mrs. Carter's criticism was not designed for the public ; had she meant to give fact that Milton wrote Paradise Regained, one could never believe Homer wrote the Odyssey. I ought to make a thousand apologies for this strange nonsensical Letter, which has been begun these ten days, and I have sat so often down to it that it is filled with nothing but bits, and ends, and snuffs of thoughts; but was I to write it again, it is ten to one if I should improve it. I cannot leave off without telling you how gladly I would consent to be whirled through the air in some fairy vehicle, and be set down on the spot you have allotted for me, but should be extremely dis appointed in the end of my journey to find you quiet and silent. Nothing but the distance of a hundred miles could make me satisfied with a quiet image of you, and this you cruelly deny your, &c. give a serious opinion, her taste was too good to have allowed her to throw any ridicule upon the interesting delineation of the domestic manners qf the Greeks, which is to be found in die Odyssey. Miss
Français Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
Deal, 5 sept. 1746.
JE ne prétendrai pas pour le moment, chère Miss Talbot, décider si ce que vous faites est bien ou mal fait ; mais, afin d’ôter toute couleur possible d’excuse, permettez-moi de vous assurer que, vos lettres fussent-elles bien ou mal écrites, sensées ou insensées, il est très certain qu’elles me donnent un très grand plaisir. En cette occasion, je trouve qu’il est de mon intérêt de me servir de votre compliment, que cela vaut tout un panégyrique. Vous avez cru me faire rire d’une espèce de flatterie dont j’ai soupiré. Hélas, cela ne se trouve que trop souvent, et a des conséquences fort fâcheuses. Je connais des gens qui, à force de s’être flattés qu’ils ne sont que des vauriens, le sont devenus tout de bon. Il n’y a point de gens plus incorrigibles que ceux-là. Les folies les plus outrées ne leur coûtent rien ; ils y marchent de pied ferme et de sang-froid. Ils se sont figuré être de si peu de considération qu’on ne leur demandera pas compte de leurs actions. Beau moyen de se défaire de la peine qu’on trouve à modérer ses passions !
Il y a quelque temps, Mademoiselle, que je vous quitte ; me voici de retour. Où en étais-je avec mes observations ? Je n’en sais rien, n’importe ; je passerai à d’autres sujets qui vaudront peut-être tout autant, c’est-à-dire fort peu de chose. Que je vous plains de n’être pas folle de la musique ! Je viens d’entendre une chanson sur une épinette, chantée par une très belle voix qui m’a tout à fait charmée ; vous croirez peut-être que je l’ai achetée bien cher, puisque j’ai marché cinq milles par un chemin sablonneux où il ne s’est trouvé pas un seul arbrisseau, mais malgré tout cela la chanson m’a fort bien récompensée. Pourquoi me suis-je avisée de vous écrire en français, car assurément je l’écris fort mal ? Apparemment c’est que j’avais un pressentiment que je ne dirais que des sottises, et les sottises se disent mieux en cette langue que dans la nôtre. Je vais pourtant reprendre l’anglais, et je vous conseille de me quitter, car je n’ai pas encore fini sur la musique.
Assurément, vous me trouvez très extravagante dans mon goût pour cet amusement, mais je dois réellement plus à son influence que la plupart des gens.
* Ce goût pour la musique se maintint toute sa vie, particulièrement pour les compositions de Handel et de Corelli. Un peu plus d’un an avant sa mort, l’éditeur la vit dans le salon de son frère aîné à Deal, écoutant pendant plus de deux heures, avec une attention et un plaisir qui ne faiblirent point, l’exécution instrumentale et le chant de ses deux plus jeunes nièces, filles de M. Carter, accompagnées au violon par leur père, alors âgé de quatre-vingt-un ans, et par leur oncle, frère cadet de Mrs Carter.
J’entends rarement un air agréable sans qu’il rappelle à mon esprit presque tous les événements plaisants de ma vie et m’en donne une jouissance nouvelle. Toute personne que j’aime ou que j’admire, toute conversation qui m’a frappée d’un plaisir particulier et tout beau passage d’un auteur favori, la puissante magie de M. Handel les évoque dans mes pensées. On éprouve quelquefois un effet semblable lors d’une promenade solitaire au soir, devant un ciel calme et une belle vue de scènes champêtres ; mais les images qui en naissent sont plus faibles et languissantes, et tout au plus nous bercent-elles dans une sorte d’insensibilité éveillée. Au contraire, la musique, en même temps qu’elle imprime dans l’esprit mille fantômes vivement colorés, nous donne assez d’entrain pour suivre sans fatigue toutes leurs variations.
Après tout, quel rapport y a-t-il entre de beaux paysages, des sons harmonieux et les idées fort éloignées qu’ils convoquent ? On peut peut-être rendre compte dans une certaine mesure de ces effets étranges en supposant que l’esprit ne peut se tenir satisfait des sensations confuses d’un plaisir purement mécanique ; et qu’ainsi, au moment même où il se trouve affecté d’impressions agréables, il appelle quelque espèce de bien moral pour les expliquer et les soutenir.
Je crois toutefois que je ferais mieux de laisser ces questions et de vous remercier pour vos excellentes observations sur la grande solennité de Westminster Hall. Je m’y suis souvent transportée en imagination, et toujours en votre compagnie. Les disputes qui s’élèvent actuellement dans presque toutes les sociétés m’ont conduite à revoir les deux discours célèbres de Salluste. J’ai ouvert le livre avec la ferme résolution de préférer le discours de César ; malgré cette résolution, avant de le refermer, j’ai été obligée de préférer celui de Caton. Mais, en vérité, ni l’un ni l’autre ne s’applique aux affaires de notre propre pays.
Je ne saurais prétendre vous suivre dans vos profondes études politiques, mais moi aussi j’ai lu des Mémoires, à savoir les Mémoires d’Ulysse, dont, par pur respect pour le nom d’Homère, je viens non sans peine d’achever la lecture. Peut-être n’est-il pas à mon honneur de l’avouer, et plusieurs passages que mon défaut de jugement me fait trouver fastidieux devraient-ils être admirés pour leur noble simplicité ; mais, en vérité, il ne semble pas très important au lecteur de savoir si Télémaque, tel le notable jeune homme plein d’ordre domestique qu’il était, suspendait ses vêtements à une cheville, ou s’il était assez négligent pour les jeter à terre ; ni si M. Trulliber* (j’ai oublié son nom grec) prenait exactement soin des porcs. S’il n’était pas incontestablement établi que Milton a écrit Le Paradis reconquis, on ne pourrait jamais croire qu’Homère a écrit l’Odyssée.
* Eumée. Si un tel poème avait été écrit en ce siècle raffiné, la critique eût été juste. La critique de Mrs Carter n’était pas destinée au public ; si elle avait voulu donner une opinion sérieuse, son goût était trop sûr pour lui permettre de tourner en ridicule l’intéressante peinture des mœurs domestiques des Grecs que l’on trouve dans l’Odyssée.
Je devrais présenter mille excuses pour cette étrange et insensée lettre, commencée il y a dix jours, et devant laquelle je me suis assise tant de fois qu’elle n’est remplie que de bribes, de bouts et de mèches de pensées ; mais si je devais la récrire, il y a dix chances contre une que je l’améliore. Je ne puis finir sans vous dire avec quel empressement je consentirais à être emportée dans les airs par quelque véhicule féerique et déposée à l’endroit que vous m’avez assigné ; mais je serais extrêmement déçue, au terme de mon voyage, de vous trouver tranquille et silencieuse. Seule une distance de cent milles pourrait me faire tenir pour satisfaisante une image silencieuse de vous, et celle-ci, vous me la refusez cruellement.
Votre, etc.
Miss
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