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Elizabeth Carter

Lettres d’Elizabeth Carter à Catherine Talbot Unité 40

Unité 39 sur 139

Référence canonique 40

Anglais

Deal, June 20, 1 74p. HAVE you concluded, dear Miss Talbot, that I was run away, or that I had determined to translate all Epictetus before I sent you any. Alas ! the scraps enclosed will prove how idle I have been ; but I have been ill, and this is about the time of year my mother makes her round of visits, which serve for the rest of the year. She sets out about three, and remains fixt to one chair till sunset. It is not, however, expected for me to hold out the whole time. I should certainly conclude I had lost the power of motion, and fancy myself bedridden. Are you hlest in Oxford shire with a warmer climate than we are ? At Deal we absolutely freeze, and sunshine skies and green trees affect one no more than they would by seeing them at Christmas in a picture. I was delighted with the description of your dress, and heartily wish I had seen you in it ; but mistake me not, 'tis you and not the dress I would have scen^ . I am 1 am at present so extremely indolent (aft evil" $hat will encrease and not diminish) that if my very fcmtome could be brought by much wishing, 'tis ten to one whether I might have the heart to bestow it, which is saying a great deal, if you had an idea what sort of an object this same fantome Is, which you certainly have -not, by your rallying me ;so about a Captain. A plume and ,a cockade never once entered into his composition, and to any of the Captains of this world, who have fallen in my way, he bears not the least resemblance. You would certainly have been much nearer the figure of my fancy, if, instead of a blustering hero, you had represented him as gentle and elegant as Mrs. Howe's Philocles *, and, whatever you may think of H, almost as serious too. But now I have men tioned heroes, and in no very civil fashion, 'tis but just J should retract my epithet in favour of one with whom I am greatly delighted, who is no other than Eumenes. There is something so amiably modest and quiet in his character, so very unlike the character of tragedy heroes, that if k were only on his account I should be a little disposed to Quarrel with you for calling Merope a bad play. The author, to be sure, has been guilty of one esr ^ential fault in not assigning this gentle youth IQ f gee her " Six Letters from Laura to Aurcli?." some such quiet, peaceable person as you or me, instead of delivering him up to the violent gentle woman, who was for 4< storming attention's ear.'* My vanity is really not equal to the insplent com parison I haye made, so I take shame to myself, and ask your pardon. I am sorry to find you so outrageous about poor Tom Jones ; he is no doubt an imperfect, but not a detestable character, with all that honesty, good nature, and generosity of temper. Though nobody can admire Clarissa more than I do ; yet with all our partiality, I am afraid, it must be confessed, that Fielding's book is the most natural representa tion of what passes in the world, and of the bizarrejies which arise from the mixture of good and badt which makes up the composition of most folks. Richardson has no doubt a very good hand at paint ing excellence, but there is a strange awkwardness and extravagance in his vicious characters. To be sure, poor man, he had read in a book, or heard some one say, there was such a thing in the world as wickedness, but being totally ignorant in what manner the said wickedness operates upon the human heart, and what checks Jtfid restraints it meets with to prevent its ever being perfectly uni form and consistent in any one character, he has idrawn such a monster, as I hope never existed in mortal shape, for to the honour of human nature and the gracious Author of it, be it spoken, Clarissa is an infinitely more imitable character, than Love lace, or the Harlowes

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Deal, 20 juin 1749.

Avez-vous conclu, chère Miss Talbot, que je m’étais enfuie, ou que j’avais résolu de traduire tout Épictète avant de vous en envoyer quoi que ce soit ? Hélas ! les fragments ci-joints prouveront combien j’ai été oisive ; mais j’ai été malade, et c’est à peu près l’époque de l’année où ma mère fait sa tournée de visites, laquelle tient lieu de visites pour tout le reste de l’année. Elle part vers trois heures et demeure fixée sur la même chaise jusqu’au coucher du soleil. On n’attend toutefois pas de moi que je tienne pendant tout ce temps. Je conclurais assurément que j’ai perdu la faculté de me mouvoir et m’imaginerais clouée au lit.

Jouissez-vous, dans l’Oxfordshire, d’un climat plus chaud que le nôtre ? À Deal, nous gelons absolument, et les ciels ensoleillés et les arbres verts ne nous touchent pas davantage que si nous les voyions à Noël dans un tableau. J’ai été enchantée de la description de votre costume et souhaite de tout cœur vous y avoir vue ; mais ne vous méprenez pas, c’est vous, et non le costume, que j’aurais voulu voir.

Je suis actuellement si extrêmement indolente, mal qui augmentera au lieu de diminuer, que, quand mon fantôme même pourrait être amené par la force de mes souhaits, il y aurait dix chances contre une pour que j’aie le cœur de les formuler. C’est beaucoup dire, si vous aviez une idée de la sorte d’objet qu’est ce même fantôme, idée que vous n’avez certainement pas, à en juger par la manière dont vous me raillez à propos d’un capitaine. Jamais plume ni cocarde n’entrèrent dans sa composition, et il ne ressemble en rien à aucun des capitaines de ce monde qui ont croisé mon chemin. Vous vous seriez assurément beaucoup plus approchée de la figure de mon imagination si, au lieu d’un héros tapageur, vous l’aviez représenté aussi doux et élégant que le Philoclès* de Mrs Howe et, quoi que vous en pensiez, presque aussi sérieux.

* Voir ses Six Lettres de Laura à Aurelia.

Mais puisque j’ai mentionné les héros, et d’une manière fort peu civile, il est juste que je retire mon épithète en faveur de l’un d’eux qui m’enchante grandement, et qui n’est autre qu’Eumène. Il y a dans son caractère quelque chose de si aimablement modeste et paisible, si différent de celui des héros de tragédie, que, ne fût-ce qu’à cause de lui, je serais un peu disposée à vous chercher querelle pour avoir qualifié Mérope de mauvaise pièce. L’auteur a certainement commis une faute essentielle en n’attribuant pas ce doux jeune homme à quelque personne aussi tranquille et paisible que vous ou moi, au lieu de le livrer à la violente dame qui voulait « assaillir l’oreille de l’attention ».

Ma vanité n’égale véritablement pas l’insolente comparaison que j’ai faite ; j’en prends donc honte et vous demande pardon.

Je suis fâchée de vous trouver si furieuse contre le pauvre Tom Jones. C’est sans doute un caractère imparfait, mais non détestable, avec toute son honnêteté, sa bonté naturelle et sa générosité de tempérament. Bien que personne ne puisse admirer Clarissa plus que moi, malgré toute notre partialité il faut, je le crains, reconnaître que le livre de Fielding représente plus naturellement ce qui se passe dans le monde et les bizarreries que produit le mélange de bien et de mal entrant dans la composition de la plupart des gens.

Richardson possède sans doute une très bonne main pour peindre l’excellence, mais ses personnages vicieux ont quelque chose d’étrangement gauche et extravagant. Assurément, le pauvre homme avait lu dans un livre, ou entendu dire à quelqu’un, qu’il existait dans le monde une chose appelée méchanceté ; mais, ignorant totalement la manière dont ladite méchanceté agit sur le cœur humain, ainsi que les freins et les contraintes qu’elle rencontre et qui l’empêchent d’être jamais parfaitement uniforme et conséquente dans un même caractère, il a dessiné un monstre tel que j’espère qu’il n’en exista jamais sous forme mortelle. Car, qu’on le dise à l’honneur de la nature humaine et de son gracieux Auteur, Clarissa est un caractère infiniment plus imitable que Lovelace ou les Harlowe.

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