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Elizabeth Carter

Lettres d’Elizabeth Carter à Catherine Talbot Unité 48

Unité 47 sur 139

Référence canonique 48

Anglais

Op/. 26, 1750. PRAY dear Miss Talbot, what is this platonic heresy of which you accuse me? I expect to hear it proved more clearly than that annihi lation of time of which you accuse yourself, a charge which though you wrote it, is one of the most completely absurd things I ever read, and set me a staring for half an hour to find out the meaning, when after all I could not discover any pne article in the whole description, that a person of plain understanding could twist or torture to such a perverse interpretation as you put upon it. The spirit of controversy seems to be at present in me, and I am determined with a laudable firmness to vindicate the only character you ever take it into, into your head to treat unjustly. First then, tliat same ride and walk in the garden, of which you express yourself in such discontented fashion, as sweeping away the whole of the morning, I deem no other than a necessary means for a cheerful en joyment of the rest of the day. Of all consider ations, next to a good conscience, surely health is the most important, as it is the sine qua non (if you talk absurdities I will talk Latin) not only of every comfort, but of all the active duties of life. Then in attendance upon Polly, and Flora, and Phillis. To make any thing of this charge, one could not help at the first view suspecting you had given your mind over to playing with kittens, but seeing that you have assigned them such employ ments and characters as exceed the capacity of any kittens that occur in history, one is at tast obliged to conclude that they are human creatures. Now is there any one person in the world, except the injured oue I am defending, whom you would have stigmatized with the title of unsteady idleness, for an attention to the virtue, the health, and the happiness of the more helpless part of mankind? In any other case you would have allowed such an employment to have been a very profitable, and very noble use of time, and would have agreed that the deepest theories, and most sublime contempla tions, have not half the merit of that active social virtue virtue that generously exerts itself for the good of others. I should be glad to see the plan of that reform in the management of time that you seem to think so necessary, though I am inclined to believe that after all your researches, it will be very difficult to find a more laudable scheme than that which you treat with such a severity of censure and reproach. There are indeed some things upon which one does not dare suffer one's thoughts to run out, nor does it seem at all necessary they should, PhikH sophers indeed, and I believe some divines teach us that to take a view of the worst alterations that may happen in our circumstances, is a means to bear them with the greater calmness ; but I am inclined to think that real misfortunes when they do come to pass, are not rendered at all the lighter from people having tormented themselves by thinking on them a considerable time beforehand, and damped every cheerful enjoyment of present blessings by looking forward to their loss, To keep the mind under an habitual <dependance upon Providence, and a proper sense of the duty of submission and resignation in general, seems to be quite sufficient, without exercising the thoughts in painful foretastes of any particular trial to which one may be probably exposed. With regard to our happiness in this , the more closely our thoughts are confined to to the present day, -the better*; whenever they are sent out to wander too far beyond it, the mind is soon lost and confused in the darkness and variety of human events, and distracted by the tumult of hopes and fears. Nor is there any point of die future in which it can quietly and securely repose, unless it passes by all the hurry and perturbation of time, and extends its views at once to eternity

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

26 oct. 1750.

Dites-moi, chère Miss Talbot, quelle est donc cette hérésie platonicienne dont vous m’accusez ? J’attends de vous la voir démontrée plus clairement que cette annihilation du temps dont vous vous accusez vous-même. Cette accusation, bien que vous l’ayez écrite, est l’une des choses les plus complètement absurdes que j’aie jamais lues et m’a laissée bouche bée pendant une demi-heure, tandis que je cherchais à en découvrir le sens. Après tout cela, je n’ai pu trouver dans toute la description un seul article qu’une personne d’un entendement ordinaire pût tordre ou torturer jusqu’à lui donner l’interprétation perverse que vous en faites.

L’esprit de controverse semble m’habiter présentement, et je suis résolue, avec une fermeté louable, à défendre le seul caractère qu’il vous vienne jamais à l’esprit de traiter injustement. Premièrement donc, cette même promenade à cheval et à pied dans le jardin dont vous parlez avec tant de mécontentement, comme si elle balayait toute la matinée, je ne la considère que comme un moyen nécessaire de jouir gaiement du reste de la journée. De toutes les considérations, immédiatement après une bonne conscience, la santé est assurément la plus importante, puisqu’elle est la sine qua non, si vous dites des absurdités je parlerai latin, non seulement de tout bien-être, mais encore de tous les devoirs actifs de la vie.

Ensuite vient votre attention envers Polly, Flora et Phillis. Pour donner quelque consistance à cette accusation, on ne pouvait s’empêcher de soupçonner au premier abord que vous aviez livré votre esprit au jeu avec des chatons ; mais, voyant que vous leur avez attribué des occupations et des caractères qui surpassent les capacités de tous les chatons mentionnés dans l’histoire, on est enfin obligée de conclure que ce sont des créatures humaines. Existe-t-il donc au monde une seule personne, hormis la personne lésée que je défends, que vous auriez flétrie du nom d’oisiveté inconstante parce qu’elle prête attention à la vertu, à la santé et au bonheur de la partie la plus démunie de l’humanité ? Dans tout autre cas, vous auriez admis qu’une telle occupation constituait un emploi du temps très profitable et très noble, et vous auriez convenu que les théories les plus profondes et les contemplations les plus sublimes ne possèdent pas la moitié du mérite de cette vertu sociale active qui s’exerce généreusement au bien d’autrui.

Je serais heureuse de voir le plan de cette réforme dans l’administration du temps que vous paraissez juger si nécessaire, bien que je sois portée à croire qu’après toutes vos recherches il vous sera fort difficile de trouver un dessein plus louable que celui que vous traitez avec tant de sévérité, de censure et de reproche.

Il y a véritablement certaines choses sur lesquelles on n’ose permettre à ses pensées de s’étendre, et cela ne paraît d’ailleurs aucunement nécessaire. Les philosophes, et je crois certains théologiens, nous enseignent certes qu’envisager les pires changements susceptibles de survenir dans nos circonstances est un moyen de les supporter avec plus de calme. Mais je suis portée à penser que les malheurs véritables, lorsqu’ils se produisent, ne sont aucunement allégés parce que les gens se sont tourmentés à y penser longtemps à l’avance et ont terni toute jouissance sereine des bénédictions présentes en anticipant leur perte.

Maintenir l’esprit dans une dépendance habituelle envers la Providence et conserver un juste sentiment du devoir de soumission et de résignation en général semblent parfaitement suffisants, sans exercer les pensées aux avant-goûts douloureux d’une épreuve particulière à laquelle on sera probablement exposé. En ce qui concerne notre bonheur ici-bas, plus étroitement nos pensées se limitent au jour présent, mieux cela vaut. Chaque fois qu’on les envoie vagabonder trop loin au-delà, l’esprit se perd bientôt et se confond dans l’obscurité et la diversité des événements humains, et se trouve déchiré par le tumulte des espoirs et des craintes. Il n’est aucun point de l’avenir où il puisse reposer paisiblement et sûrement, à moins de dépasser toute l’agitation et la perturbation du temps et d’étendre d’un seul mouvement sa vue jusqu’à l’éternité.

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