# Œuvres d’Épictète, traduction anglaise d’Elizabeth Carter

- Identifiant : `elizabeth_carter.epictetus_translation`
- Auteur : Épictète
- URL canonique : https://prokopton42.com/fr/ouvrages/epictete/epictetus-translation/reference-32/
- Empreinte : `4d6b5952880d2944af233c714f6ab590cc3f3474ea09ffab98261fdfba355163`

## Passage 32

### Anglais

Why, how do Slaves, how do Fugitives ? To what do they truft, when they run away from their Mailers? Is it to their Eflates? Their Servants ? Their Plate ? To nothing but themfelves. Yet they do not fail to get Neceffaries. And mufl a Philofbpher, think you, v/hen he leaves his own Abode, reft and rely upon others \ and not take care of himfelf ? Muft he be more helplefs and anxious than the brute Beafts •, each of which is feif-fufficient, and wants neither proper Food, nor any fui table and natural Provifion ? One would think, there fhould be no Need for an old Fellow to fit here contriving, that you may not think meanly, nor entertain low and abjedt Notions of yourfelves : but that his Eufmefs would be, to take care, that there may not happen to be [among you] young Men of fuch a Spirit, that, knowing their Affinity to the Gods \ and that we are as it were fettered by the Body and its Poffeflions, and by fo many other Things as are neceffary, upon thefe Accounts, for the Oeconomy and Commerce of Life ; they fhould refolve to throw them off, as both troublefome and ufelefs, and depart to their Kindred §. 3. This is the Work, if any, that ought to employ your Mafter and Preceptor, if you had one : that you fhould come to him, and fay ; '' Epi^etus^ we can no longer bear being tied down to this paultry Body : feeding and refting and cleaning it, and hurried about with fo many '• lov/ Cares on its Account. Are not thefe Things '* indifferent, and nothing to us : and Death no *' Evil? Are not we Relations cf God ; and did

### Français

Eh bien, comment font les esclaves, comment font les fugitifs ? À quoi se fient-ils lorsqu’ils s’enfuient de chez leurs maîtres ? À leurs domaines ? À leurs serviteurs ? À leur vaisselle d’argent ? À rien d’autre qu’à eux-mêmes. Pourtant, ils ne manquent pas d’obtenir le nécessaire. Et un philosophe devrait-il, pensez-vous, lorsqu’il quitte sa demeure, se reposer sur les autres et dépendre d’eux, sans prendre soin de lui-même ? Doit-il être plus démuni et plus inquiet que les bêtes brutes, dont chacune se suffit à elle-même et ne manque ni de la nourriture qui lui convient ni d’aucune provision appropriée et naturelle ?

On penserait qu’il ne devrait pas être nécessaire qu’un vieillard reste assis ici à chercher comment vous empêcher de penser bassement de vous-mêmes ou de nourrir à votre sujet des idées viles et abjectes. Son œuvre devrait plutôt consister à veiller à ce qu’il ne se trouve pas parmi vous de jeunes hommes d’un tel esprit que, connaissant leur affinité avec les dieux et sachant que nous sommes pour ainsi dire enchaînés par le corps et ses possessions, ainsi que par tant d’autres choses nécessaires, à cause de celles-ci, à l’économie et au commerce de la vie, ils ne décident de s’en défaire comme d’objets à la fois pénibles et inutiles, et de partir vers leurs parents.

§ 3. Voilà l’œuvre qui devrait occuper votre maître et précepteur, si vous en aviez un : vous viendriez à lui et diriez : « Épictète, nous ne pouvons plus supporter d’être attachés à ce chétif corps, de le nourrir, de le faire reposer, de le nettoyer et d’être agités par tant de soins bas à cause de lui. Ces choses ne sont-elles pas indifférentes et ne sont-elles pas rien pour nous ? Et la mort n’est-elle pas sans mal ? Ne sommes-nous pas parents de Dieu, et ne sommes-nous pas venus

