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Épictète

Manuel d’Épictète Chapitre 32

Chapitre 32 sur 53

Référence canonique 32

Grec ancien

Heinrich Schenkl, Epicteti dissertationes ab Arriano digestae (1916)

ὅταν μαντικῇ προσίῃς, μέμνησο, ὅτι, τί μὲν ἀποβήσεται, οὐκ οἶδας, ἀλλὰ ἥκεις ὡς παρὰ τοῦ μάντεως αὐτὸ πευσόμενος, ὁποῖον δέ τι ἐστίν, ἐλήλυθας εἰδώς, εἴπερ εἶ φιλόσοφος. εἰ γάρ ἐστί τι τῶν οὐκ ἐφʼ ἡμῖν, πᾶσα ἀνάγκη μήτε ἀγαθὸν αὐτὸ εἶναι μήτε κακόν. μὴ φέρε οὖν πρὸς τὸν μάντιν ὄρεξιν ἢ ἔκκλισιν μηδὲ τρέμων αὐτῷ πρόσει, ἀλλὰ διεγνωκώς, ὅτι πᾶν τὸ ἀποβησόμενον ἀδιάφορον καὶ οὐδὲν πρὸς σέ, ὁποῖον δʼ ἂν ᾖ, ἔσται αὐτῷ χρήσασθαι καλῶς καὶ τοῦτο οὐθεὶς κωλύσει. θαῤῥῶν οὖν ὡς ἐπὶ συμβούλους ἔρχου τοὺς θεούς· καὶ λοιπόν, ὅταν τί σοι συμβουλευθῇ, μέμνησο τίνας συμβούλους παρέλαβες καὶ τίνων παρακούσεις ἀπειθήσας. ἔρχου δὲ ἐπὶ τὸ μαντεύεσθαι, καθάπερ ἠξίου Σωκράτης, ἐφʼ ὧν ἡ πᾶσα σκέψις τὴν ἀναφορὰν εἰς τὴν ἔκβασιν ἔχει καὶ οὔτε ἐκ λόγου οὔτε ἐκ τέχνης τινὸς ἄλλης ἀφορμαὶ δίδονται πρὸς τὸ συνιδεῖν τὸ προκείμενον· ὥστε, ὅταν δεήσῃ συγκινδυνεῦσαι φίλῳ ἢ πατρίδι, μὴ μαντεύεσθαι, εἰ συγκινδυνευτέον. καὶ γὰρ ἂν προείπῃ σοι ὁ μάντις φαῦλα γεγονέναι τὰ ἱερά, δῆλον ὅτι θάνατος σημαίνεται ἢ πήρωσις μέρους τινὸς τοῦ σώματος ἢ φυγή· ἀλλʼ αἱρεῖ ὁ λόγος καὶ σὺν τούτοις παρίστασθαι τῷ φίλῳ καὶ τῇ πατρίδι συγκινδυνεύειν. τοιγαροῦν τῷ μείζονι μάντει πρόσεχε, τῷ Πυθίῳ, ὃς ἐξέβαλε τοῦ ναοῦ τὸν οὐ βοηθήσαντα ἀναιρουμένῳ τῷ φίλῳ.

Anglais

George Long · George Long, The Encheiridion (1877)

When you have recourse to divination, remember that you do not know how it will turn out, but that you are come to inquire from the diviner. But of what kind it is, you know when you come, if indeed you are a philosopher. For if it is any of the things which are not in our power, it is absolutely necessary that it must be neither good nor bad. Do not then bring to the diviner desire or aversion ([Greek: echchlinein]): if you do, you will approach him with fear. But having determined in your mind that everything which shall turn out (result) is indifferent, and does not concern you, and whatever it may be, for it will be in your power to use it well, and no man will hinder this, come then with confidence to the gods as your advisers. And then when any advice shall have been given, remember whom you have taken as advisers, and whom you will have neglected, if you do not obey them. And go to divination, as Socrates said that you ought, about those matters in which all the inquiry has reference to the result, and in which means are not given either by reason nor by any other art for knowing the thing which is the subject of the inquiry. Wherefore when we ought to share a friend’s danger, or that of our country, you must not consult the diviner whether you ought to share it. For even if the diviner shall tell you that the signs of the victims are unlucky, it is plain that this is a token of death, or mutilation of part of the body, or of exile. But reason prevails, that even with these risks, we should share the dangers of our friend, and of our country. Therefore attend to the greater diviner, the Pythian god, who ejected from the temple him who did not assist his friend, when he was being murdered.

Français

Jean-Marie Guyau · Jean-Marie Guyau, Manuel d’Épictète (1875)

I . Quand tu vas consulter l’art des devins, songes-y bien, tu ne sais sans doute pas ce qui doit arriver, et tu vas auprès du devin pour l’apprendre ; mais tu sais en y allant la qualité de ce qui doit arriver, si du moins tu es philosophe . Car, si c’est une des choses qui ne dépendent point de nous, il est de toute nécessité que ce ne soit ni un bien ni un mal. II . N’apporte donc auprès du devin ni désir ni aversion, et ne l’approche pas en tremblant, mais sache bien que tout ce qui arrivera est indifférent et ne te regarde en rien ; quoi que ce soit, il sera en ton pouvoir d’en user bien, et cela, personne ne t’en empêchera. Avec assurance donc, et comme vers des conseillers, va vers les dieux. Au reste, quand tu auras reçu d’eux un conseil, rappelle-toi quels conseillers tu as pris, et à qui tu désobéiras si tu n’as pas confiance en eux. III . Va consulter l’oracle comme Socrate voulait qu’on y allât , sur ces choses seules où toutes les recherches n’ont rapport qu’à l’événement, et où l’on ne peut tirer secours ni de la raison ni d’aucun art pour connaître l’objet qu’on se propose . Mais, quand il faudra t’exposer au péril pour un ami ou pour la patrie, ne demande pas à l’oracle si tu dois t’y exposer ; car si le devin t’annonce que les victimes n’ont pas été favorables, il est évident que ce signe te présage la mort, ou la perte de quelque membre, ou l’exil ; mais la raison démontre que, malgré toutes ces choses, il faut rester aux côtés d’un ami et s’exposer au danger pour la patrie. Écoute donc un plus grand devin, Apollon Pythien, qui chassa de son temple celui qui n’avait pas secouru son ami qu’on assassinait .

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