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John Locke
Essai philosophique concernant l’entendement humain Section S1
Section 120 sur 1 114
Référence canonique B2.C4.S1
Anglais
Project Gutenberg transcription of Locke author text
The idea of SOLIDITY we receive by our touch: and it arises from the resistance which we find in body to the entrance of any other body into the place it possesses, till it has left it. There is no idea which we receive more constantly from sensation than solidity. Whether we move or rest, in what posture soever we are, we always feel something under us that supports us, and hinders our further sinking downwards; and the bodies which we daily handle make us perceive that, whilst they remain between them, they do, by an insurmountable force, hinder the approach of the parts of our hands that press them. THAT WHICH THUS HINDERS THE APPROACH OF TWO BODIES, WHEN THEY ARE MOVED ONE TOWARDS ANOTHER, I CALL SOLIDITY. I will not dispute whether this acceptation of the word solid be nearer to its original signification than that which mathematicians use it in. It suffices that I think the common notion of solidity will allow, if not justify, this use of it; but if any one think it better to call it IMPENETRABILITY, he has my consent. Only I have thought the term solidity the more proper to express this idea, not only because of its vulgar use in that sense, but also because it carries something more of positive in it than impenetrability; which is negative, and is perhaps more a consequence of solidity, than solidity itself. This, of all other, seems the idea most intimately connected with, and essential to body; so as nowhere else to be found or imagined, but only in matter. And though our senses take no notice of it, but in masses of matter, of a bulk sufficient to cause a sensation in us: yet the mind, having once got this idea from such grosser sensible bodies, traces it further, and considers it, as well as figure, in the minutest particle of matter that can exist; and finds it inseparably inherent in body, wherever or however modified.
Français
Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition
L’Idée de la Solidité nous vient par l’Attouchement ; & elle eſt cauſée par la réſiſtance que nous trouvons dans un Corps juſqu’à ce qu’il aît quitté le lieu qu’il occupe, lors qu’un autre Corps y entre actuellement. De toutes les Idées qui nous viennent par Senſation, il n’y en a point que nous recevions plus conſtamment que celle de la Solidité. Soit que nous ſoyons en mouvement ou en repos, dans quelque ſituation que nous nous rencontrions, nous ſentons toûjours quelque choſe qui nous ſoûtient & qui nous empêche d’aller plus bas ; & nous éprouvons tous les jours en maniant des Corps, que, tandis qu’ils ſont entre nos mains, ils empêchent, par une force invincible, l’approche des parties de nos mains qui les preſſent. Or ce qui empêche ainſi l’approche de deux Corps lors qu’ils ſe meuvent l’un vers l’autre, c’eſt ce que j’appelle Solidité. Je n’examine point ſi le mot de Solide, employé dans ce Sens, approche plus de ſa ſignification originale, que dans le ſens auquel s’en ſervent les Mathématiciens : ſuffit que la notion ordinaire de la Solidité doive, je ne dis pas juſtifier, mais autoriſer l’uſage de ce mot, au ſens que je viens de marquer ; ce que je ne croi pas que perſonne veuille nier. Mais ſi quelqu’un trouve plus à propos d’appeller Impénétrabilité, ce que je viens de nommer Solidité, j’y donne les mains. Pour moi, j’ai crû le terme de Solidité, beaucoup plus propre à exprimer cette idée, non-ſeulement à cause qu’on l’employe communément en ce ſens-là, mais auſſi parce qu’il emporte quelque choſe de plus poſitif que celui d’Impénétrabilité, qui eſt purement négatif, & qui, peut-être, eſt plûtôt un effet de la Solidité, que la Solidité elle-même. Du reſte, la Solidité eſt de toutes les idées, celle qui paroît la plus eſſentielle & la plus étroitement unie au Corps, en ſorte qu’on ne peut la trouver ou imaginer ailleurs que dans la Matiére : & quoi que nos Sens ne la remarquent que dans des amas de matiére d’une groſſeur capable de produire en nous quelque ſenſation, cependant l’Ame ayant une fois reçu cette idée par le moyen de ces Corps groſſiers, la porte encore plus loin, la conſiderant, auſſi bien que la Figure, dans la plus petite partie de matiére qui puiſſe exiſter, & la regardant comme inſeparablement attachée au Corps, où qu’il ſoit, & de quelque maniére qu’il ſoit modifié.
Concepts de ce passage
Soin de l’âme
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Identité personnelle et conscience
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