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John Locke
Essai philosophique concernant l’entendement humain Section S16
Section 901 sur 1 114
Référence canonique B4.C4.S16
Anglais
Project Gutenberg transcription of Locke author text
But it is the issue of rational parents, and must therefore be concluded to have a rational soul. I know not by what logic you must so conclude. I am sure this is a conclusion that men nowhere allow of. For if they did, they would not make bold, as everywhere they do to destroy ill-formed and mis-shaped productions. Ay, but these are MONSTERS. Let them be so: what will your drivelling, unintelligent, intractable changeling be? Shall a defect in the body make a monster; a defect in the mind (the far more noble, and, in the common phrase, the far more essential part) not? Shall the want of a nose, or a neck, make a monster, and put such issue out of the rank of men; the want of reason and understanding, not? This is to bring all back again to what was exploded just now: this is to place all in the shape, and to take the measure of a man only by his outside. To show that according to the ordinary way of reasoning in this matter, people do lay the whole stress on the figure, and resolve the whole essence of the species of man (as they make it) into the outward shape, how unreasonable soever it be, and how much soever they disown it, we need but trace their thoughts and practice a little further, and then it will plainly appear. The well-shaped changeling is a man, has a rational soul, though it appear not: this is past doubt, say you: make the ears a little longer, and more pointed, and the nose a little flatter than ordinary, and then you begin to boggle: make the face yet narrower, flatter, and longer, and then you are at a stand: add still more and more of the likeness of a brute to it, and let the head be perfectly that of some other animal, then presently it is a monster; and it is demonstration with you that it hath no rational soul, and must be destroyed. Where now (I ask) shall be the just measure; which the utmost bounds of that shape, that carries with it a rational soul? For, since there have been human foetuses produced, half beast and half man; and others three parts one, and one part the other; and so it is possible they may be in all the variety of approaches to the one or the other shape, and may have several degrees of mixture of the likeness of a man, or a brute;--I would gladly know what are those precise lineaments, which, according to this hypothesis, are or are not capable of a rational soul to be joined to them. What sort of outside is the certain sign that there is or is not such an inhabitant within? For till that be done, we talk at random of MAN: and shall always, I fear, do so, as long as we give ourselves up to certain sounds, and the imaginations of settled and fixed species in nature, we know not what. But, after all, I desire it may be considered, that those who think they have answered the difficulty, by telling us, that a mis-shaped foetus is a MONSTER, run into the same fault they are arguing against; by constituting a species between man and beast. For what else, I pray, is their monster in the case, (if the word monster signifies anything at all,) but something neither man nor beast, but partaking somewhat of either? And just so is the CHANGELING before mentioned. So necessary is it to quit the common notion of species and essences, if we will truly look into the nature of things, and examine them by what our faculties can discover in them as they exist, and not by groundless fancies that have been taken up about them.
Français
Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition
Mais un Imbecille vient de parens raiſonnables ; & par conſéquent il faut qu’il ait une Ame raiſonnable. Je ne vois pas par quelle règle de Logique vous pouvez tirer une telle conſéquence ; qui certainement n’eſt reconnuë en aucun endroit de la Terre ; car ſi elle l’étoit, comment les hommes oſeroient-ils détruire, comme ils font par-tout, des productions mal formées & contrefaites ? Oh, direz-vous, mais ces Productions ſont des Monſtres. Eh bien, ſoit. Mais que ſeront ces Imbecilles, toûjours couverts de bave, ſans intelligence, & tout-à-fait intraitables ? Un défaut dans le corps fera-t-il un Monſtre, & non un défaut dans l’Eſprit, qui eſt la plus noble, & comme on parle communément, la plus eſſentielle partie de l’Homme ? Eſt-ce le manque d’un Nez ou d’un Cou qui doit faire un Monſtre, & exclurre du rang des hommes ces ſortes de Productions ; & non, le manque de Raiſon & d’Entendement ? C’eſt réduire toute la Queſtion à ce qui vient d’être refuté tout à l’heure ; c’eſt faire tout conſiſter dans la figure, & ne juger de l’Homme que par ſon extérieur. Mais pour faire voir qu’en effet de la maniére dont on raiſonne ſur ce ſujet, les gens ſe fondent entierement ſur la Figure, & réduiſent toute l’Eſſence de l’Eſpèce humaine (ſuivant l’idée qu’ils s’en forment) à la forme extérieure, quelque déraiſonnable que cela ſoit, & malgré tout ce qu’ils diſent pour le déſavouer, nous n’avons qu’à ſuivre leurs penſées & leur pratique un peu plus avant, & la choſe paroîtra avec la derniére évidence. Un Imbecille bien formé eſt un homme, il a une Ame raiſonnable quoi qu’on n’en voye aucun ſigne : il n’y a point de doute à cela, dites-vous. Faites les oreilles un peu plus longues & plus pointuës, le nez un peu plus plat qu’à l’ordinaire ; & vous commencez à héſiter. Faites le viſage plus étroit, plus plat & plus long ; vous voilà tout-à-fait indéterminé. Donnez-lui encore plus de reſſemblance à une Bête Brute, juſqu’à ce que la tête ſoit parfaitement celle de quelque autre Animal, dès-lors c’eſt un Monſtre ; & ce vous eſt une Démonſtration qu’il n’a point d’Ame, & qu’il doit être détruit. Je vous demande préſentement, où trouver la juſte meſure & les derniéres bornes de la Figure qui emporte avec elle une Ame raiſonnable ? Car puiſqu’il y a eu des Fœtus humains, moitié bête & moitié homme, & d’autres dont les trois parties participent de l’un, & l’autre partie de l’autre, & qu’il peut arriver qu’ils approchent de l’une ou de l’autre forme ſelon toute la variété imaginable, & qu’ils reſſemblent à un homme ou à une bête par différens dégrez mêlez enſemble ; je ſerois bien aiſe de ſavoir quels ſont au juſte les lineamens auxquels une Ame raiſonnable peut ou ne peut pas être unie, ſelon cette Hypotheſe, quelle ſorte d’extérieur eſt une marque aſſûrée qu’une Ame habite ou n’habite pas dans le Corps. Car juſqu’à ce qu’on en ſoit venu là, nous parlons de l’Homme au hazard ; nous en parlerons, je croi, toûjours ainſi, tandis que nous nous fixerons à certains ſons, & que nous nous figurerons certaines Eſpèces déterminées dans la Nature, ſans ſavoir ce que c’eſt. Mais après tout, je ſouhaiterois qu’on conſiderât que ceux qui croyent avoir ſatisfait à la difficulté, en nous diſant qu’un Fœtus contrefait eſt un Monſtre, tombent dans la même faute qu’ils veulent reprendre, c’eſt qu’ils établiſſent par-là une Eſpèce moyenne entre l’Homme & la Bête ; car je vous prie, qu’eſt-ce que leur Monſtre en ce cas-là, (ſi le mot de Monſtre ſignifie quoi que ce ſoit) ſinon une choſe qui n’eſt ni homme ni bête, mais qui participe de l’un & de l’autre ? Or tel eſt juſtement l’Imbecille dont on vient de parler. Tant il eſt néceſſaire de renoncer à la notion commune des Eſpèces & des Eſſences, ſi nous voulons pénétrer véritablement dans la nature des Choſes mêmes, & les examiner par ce que nos Facultez nous y peuvent faire découvrir, à les conſiderer telles qu’elles exiſtent, & non pas, par de vaines fantaiſies dont on s’eſt entêté ſur leur ſujet ſans aucun fondement.
Concepts de ce passage
Soin de l’âme
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