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Carl Gustav Jung

Essais réunis de psychologie analytique Section section-0168

Section 168 sur 508

Référence canonique section-0168

Anglais

Various; edited by Constance E. Long

What we see in the development of the world-process, the original source of the changes in the Godhead, we see also in the individual. Parental power guides the child like a higher controlling fate. But when he begins to grow up, there begins also the conflict between the infantile constellation and the individuality, the parental influence dating from the prehistoric (infantile) period is repressed, sinks into the unconscious but is not thereby eliminated; by invisible threads it directs the individual creations of the ripening mind as they appear. Like everything that has passed into the unconscious, the infantile constellation sends up into consciousness dim, foreboding feelings, feelings of mysterious guidance and opposing influences. Here are the roots of the first religious sublimations. In the place of the father, with his constellating virtues and faults, there appears, on the one hand, an altogether sublime deity, on the other the devil, in modern times for the most part largely whittled away by the perception of one's own moral responsibility. Elevated love is attributed to the former, a [174] lower sexuality to the latter. As soon as we approach the territory of the neurosis, the antithesis is stretched to the utmost limit. God becomes the symbol of the most complete sexual repression, the Devil the symbol of sexual lust. Thus it is that the conscious expression of the father-constellation, like every expression of an unconscious complex when it appears in consciousness, gets its Janus-face, its positive and its negative components. A curious, beautiful example of this crafty play of the unconscious is seen in the love-episode in the Book of Tobias. Sarah, the daughter of Raguel in Ecbatana, desires to marry; but her evil fate wills it that seven times, one after another, she chooses a husband who dies on the marriage-night. The evil spirit Asmodi, by whom she is persecuted, kills these husbands. She prays to Jehovah to let her die rather than suffer this shame again. She is despised even by her father's maid-servants. The eighth bridegroom, Tobias, is sent to her by God. He too is led into the bridal-chamber. Then the old Raguel, who has only pretended to go to bed, gets up again and goes out and digs his son-in-law's grave beforehand, and in the morning sends a maid to the bridal-chamber to make sure of the expected death. But this time Asmodi's part is played out, Tobias is alive.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Ce que nous voyons dans le développement du processus du monde, source première des transformations de la Divinité, nous le voyons aussi chez l’individu. La puissance parentale guide l’enfant comme un destin supérieur qui le gouverne. Mais lorsqu’il commence à grandir, le conflit commence aussi entre la constellation infantile et l’individualité ; l’influence parentale datant de la période préhistorique, c’est-à-dire infantile, est refoulée, sombre dans l’inconscient, mais n’est pas éliminée pour autant ; par des fils invisibles, elle dirige les créations individuelles de l’esprit mûrissant à mesure qu’elles apparaissent. Comme tout ce qui est passé dans l’inconscient, la constellation infantile fait monter jusqu’à la conscience des sentiments obscurs et prémonitoires, des sentiments de direction mystérieuse et d’influences contraires. C’est là que se trouvent les racines des premières sublimations religieuses. À la place du père, avec ses vertus et ses défauts constellants, apparaît d’un côté une divinité tout à fait sublime, de l’autre le diable, largement réduit dans les temps modernes par la perception de sa propre responsabilité morale. À la première est attribué l’amour élevé, au second une [174] sexualité inférieure. Dès que nous approchons du territoire de la névrose, l’antithèse est poussée à sa limite extrême. Dieu devient le symbole du refoulement sexuel le plus complet, le Diable celui de la convoitise sexuelle. Ainsi, l’expression consciente de la constellation paternelle, comme toute expression d’un complexe inconscient lorsqu’il apparaît dans la conscience, acquiert son visage de Janus, ses composantes positive et négative. Un curieux et bel exemple de ce jeu rusé de l’inconscient se trouve dans l’épisode amoureux du Livre de Tobie. Sara, fille de Raguel à Ecbatane, désire se marier ; mais son mauvais destin veut qu’à sept reprises successives elle choisisse un mari qui meurt pendant la nuit de noces. Le mauvais esprit Asmodée, qui la persécute, tue ces maris. Elle prie Jéhovah de la laisser mourir plutôt que de subir de nouveau cette honte. Elle est méprisée même par les servantes de son père. Le huitième époux, Tobie, lui est envoyé par Dieu. Lui aussi est conduit dans la chambre nuptiale. Alors le vieux Raguel, qui a seulement fait semblant d’aller se coucher, se relève, sort et creuse d’avance la tombe de son gendre ; le matin, il envoie une servante dans la chambre nuptiale pour s’assurer de la mort attendue. Mais cette fois, le rôle d’Asmodée est terminé : Tobie est vivant.

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