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Friedrich Nietzsche

Crépuscule des idoles Bloc b0087

Bloc 87 sur 147

Référence canonique b0087

Allemand

4. Man mache einen Überschlag: es liegt nicht nur auf der Hand, dass die deutsche Cultur niedergeht, es fehlt auch nicht am zureichenden Grund dafür. Niemand kann zuletzt mehr ausgeben als er hat - das gilt von Einzelnen, das gilt von Völkern. Giebt man sich für Macht, für grosse Politik, für Wirthschaft, Weltverkehr, Parlamentarismus, Militär-Interessen aus, - giebt man das Quantum Verstand, Ernst, Wille, Selbstüberwindung, das man ist, nach dieser Seite weg, so fehlt es auf der andern Seite. Die Cultur und der Staat - man betrüge sich hierüber nicht - sind Antagonisten: „Cultur-Staat“ ist bloss eine moderne Idee. Das Eine lebt vom Andern, das Eine gedeiht auf Unkosten des Anderen. Alle grossen Zeiten der Cultur sind politische Niedergangs-Zeiten: was gross ist im Sinn der Cultur war unpolitisch, selbst antipolitisch. - Goethen gieng das Herz auf bei dem Phänomen Napoleon, - es gieng ihm zu bei den „Freiheits-Kriegen“… In demselben Augenblick, wo Deutschland als Grossmacht heraufkommt, gewinnt Frankreich als Culturmacht eine veränderte Wichtigkeit. Schon heute ist viel neuer Ernst, viel neue Leidenschaft des Geistes nach Paris übergesiedelt; die Frage des Pessimismus zum Beispiel, die Frage Wagner, fast alle psychologischen und artistischen Fragen werden dort unvergleichlich feiner und gründlicher erwogen als in Deutschland, - die Deutschen sind selbst unfähig zu dieser Art Ernst. - In der Geschichte der europäischen Cultur bedeutet die Heraufkunft des „Reichs“ vor allem Eins: eine Verlegung des Schwergewichts. Man weiss es überall bereits: in der Hauptsache - und das bleibt die Cultur - kommen die Deutschen nicht mehr in Betracht. Man fragt: habt ihr auch nur Einen für Europa mitzählenden Geist aufzuweisen? wie euer Goethe, euer Hegel, euer Heinrich Heine, euer Schopenhauer mitzählte? - Dass es nicht einen einzigen deutschen Philosophen mehr giebt, darüber ist des Erstaunens kein Ende. -

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

4. German culture plainly declines, with sufficient cause. Neither individuals nor peoples can spend more than they possess. Expend intelligence, seriousness, will, and self-overcoming upon power, great politics, economics, world trade, parliamentarianism, and military interests, and they are absent elsewhere. Culture and the state are antagonists; the “culture-state” is a modern idea. Each lives from and prospers at the other’s expense. Great cultural ages are politically decadent: cultural greatness is unpolitical, even antipolitical. Napoleon opened Goethe’s heart; the “Wars of Liberation” closed it. As Germany rises as a great power, France gains new importance as a cultural power. New spiritual seriousness and passion have moved to Paris: pessimism, Wagner, and nearly every psychological and artistic question are treated there more subtly and thoroughly. The Reich shifted Europe’s center of gravity. Germans no longer count in what matters, culture. Where is a spirit comparable to Goethe, Hegel, Heine, or Schopenhauer? Astonishment that no German philosopher remains is endless.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

4. Faisons le compte : non seulement le déclin de la culture allemande saute aux yeux, mais il ne manque pas non plus de raison suffisante. Personne, en fin de compte, ne peut dépenser plus qu’il ne possède, cela vaut pour les individus comme pour les peuples. Si l’on se dépense pour la puissance, pour la grande politique, pour l’économie, le commerce mondial, le parlementarisme, les intérêts militaires, si l’on détourne de ce côté la quantité d’intelligence, de sérieux, de volonté, de maîtrise de soi que l’on est, elle fait défaut de l’autre côté. La culture et l’État, qu’on ne s’y trompe pas, sont antagonistes : « État culturel » n’est qu’une idée moderne. L’un vit de l’autre, l’un prospère aux dépens de l’autre. Toutes les grandes époques de la culture sont des époques de déclin politique : ce qui est grand au sens de la culture était apolitique, et même antipolitique. Le cœur de Goethe s’épanouit devant le phénomène Napoléon ; il se referma devant les « guerres de libération »… Au moment même où l’Allemagne s’élève au rang de grande puissance, la France acquiert une importance nouvelle en tant que puissance culturelle. Dès aujourd’hui, beaucoup de sérieux nouveau, beaucoup de passion nouvelle de l’esprit ont émigré à Paris ; la question du pessimisme, par exemple, la question Wagner, presque toutes les questions psychologiques et artistiques y sont examinées avec une finesse et une profondeur incomparablement supérieures à celles de l’Allemagne, les Allemands sont eux-mêmes incapables de cette sorte de sérieux. Dans l’histoire de la culture européenne, l’avènement de l’« Empire » signifie avant tout une chose : un déplacement du centre de gravité. Partout on le sait déjà : dans l’essentiel, et l’essentiel reste la culture, les Allemands ne comptent plus. On demande : avez-vous encore un seul esprit qui compte pour l’Europe ? Comme comptaient votre Goethe, votre Hegel, votre Heinrich Heine, votre Schopenhauer ? Que désormais il n’existe plus un seul philosophe allemand, on ne finit pas de s’en étonner.

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