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Platon

Lettres attribuées à Platon Passage 320

Passage 12 sur 55

Référence canonique 320

Grec ancien

perseus-plato-epistles-grc

Πλάτων Δίωνι Συρακοσίῳ εὖ πράττειν. οἶμαι μὲν φανερὰν εἶναι διὰ παντὸς τοῦ χρόνου τὴν ἐμὴν προθυμίαν περὶ τὰς συμβεβηκυίας πράξεις, καὶ ὅτι πολλὴν εἶχον περὶ αὐτῶν σπουδὴν εἰς τὸ συμπερανθῆναι, οὐκ ἄλλου τινὸς ἕνεκα μᾶλλον ἢ τῆς ἐπὶ τοῖς καλοῖς φιλοτιμίας· νομίζω γὰρ δίκαιον εἶναι τοὺς ὄντας τῇ ἀληθείᾳ ἐπιεικεῖς καὶ πράττοντας τοιαῦτα τυγχάνειν δόξης τῆς προσηκούσης. τὰ μὲν οὖν εἰς τὸ παρόν, σὺν θεῷ εἰπεῖν, ἔχει καλῶς, τὰ δὲ περὶ τῶν μελλόντων ὁ μέγιστός ἐστιν ἀγών. ἀνδρείᾳ μὲν γὰρ καὶ τάχει καὶ ῥώμῃ διενεγκεῖν δόξειεν ἂν καὶ ἑτέρων εἶναί τινων, ἀληθείᾳ δὲ καὶ δικαιοσύνῃ καὶ μεγαλοπρεπείᾳ καὶ τῇ περὶ πάντα ταῦτα εὐσχημοσύνῃ, συμφαίη τις ἂν τοὺς ἀντιποιουμένους τὰ τοιαῦτα τιμᾶν εἰκότως τῶν ἄλλων διαφέρειν. νῦν οὖν δῆλον μέν ἐστιν ὃ λέγω, ἀναμιμνῄσκειν δὲ ὅμως δεῖ ἡμᾶς αὐτοὺς ὅτι προσήκει πλέον ἢ παίδων τῶν ἄλλων ἀνθρώπων διαφέρειν τοὺς οἶσθα δήπου. φανεροὺς οὖν δεῖ ἡμᾶς γενέσθαι ὅτι ἐσμὲν τοιοῦτοι οἷοίπερ φαμέν, ἄλλως τε καὶ ἐπειδή, σὺν θεῷ εἰπεῖν, ῥᾴδιον ἔσται. τοῖς μὲν γὰρ ἄλλοις συμβέβηκεν ἀναγκαῖον εἶναι πλανηθῆναι πολὺν τόπον, εἰ μέλλουσιν γνωσθῆναι· τὸ δὲ νῦν ὑπάρχον περὶ σὲ τοιοῦτόν ἐστιν, ὡς τοὺς ἐξ ἁπάσης τῆς οἰκουμένης, εἰ καὶ νεανικώτερόν ἐστιν εἰπεῖν, εἰς ἕνα τόπον ἀποβλέπειν, καὶ ἐν τούτῳ μάλιστα πρὸς σέ. ὡς οὖν ὑπὸ πάντων ὁρώμενος παρασκευάζου τόν τε Λυκοῦργον ἐκεῖνον ἀρχαῖον ἀποδείξων καὶ τὸν Κῦρον, καὶ εἴ τις ἄλλος πώποτε ἔδοξεν ἤθει καὶ πολιτείᾳ διενεγκεῖν, ἄλλως τε καὶ ἐπειδὴ πολλοὶ καὶ σχεδὸν ἅπαντες οἱ τῇδε λέγουσιν ὡς πολλή ἐστιν ἐλπὶς ἀναιρεθέντος Διονυσίου διαφθαρῆναι τὰ πράγματα διὰ τὴν σήν τε καὶ Ἡρακλείδου καὶ Θεοδότου καὶ τῶν ἄλλων γνωρίμων φιλοτιμίαν.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-epistles-en

Plato to Dion of Syracuse wishes well-doing. It has been plain, I believe, all along that I took a keen interest in the operations that have been carried out, and that I was most anxious to see them finally completed. In this I was mainly prompted by my jealous regard for what is noble ; for I esteem it just that those who are truly virtuous, and who act accordingly, should achieve the reputation they deserve. Now for the present (God willing) affairs are going well; but it is in the future that the chief struggle lies. For while it might be thought that excellence in courage and speed and strength might belong to various other men, everyone would agree that surpassing excellence in truth, justice, generosity and the outward exhibition of all these virtues naturally belongs to those who profess to hold them in honor. Now the point of this remark is plain; but none the less it is right that we should remind ourselves that it behoves certain persons (who these are of course you know) to surpass the rest of mankind as if they were less than children. It is, therefore, incumbent upon us to show plainly that we are the sort of men we claim to be, and that all the more because (God willing) it will be an easy task. For whereas all other men find it necessary to wander far afield if they mean to get themselves known, you are in such a position now that people all the world over - bold though it be to say so - have their eyes fixed on one place only, and in that place upon you above all men. Seeing, then, that you have the eyes of all upon you, prepare yourself to play the part of that ancient worthy Lycurgus and of Cyrus and of all those others who have been famed hitherto for their excellence of character and of statesmanship; and that all the more because there are many, including nearly all the people here, who keep saying that, now that Dionysius is overthrown, there is every prospect that things will go to ruin owing to the jealous rivalry of yourself, and Heracleides and Theodotes and the other notables.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-epistles-fr-01

[320b] car je trouve juste que les hommes véritablement honnêtes et qui mettent en pratique leurs principes recueillent la réputation qu’ils méritent. Jusqu’ici, grâce à Dieu, tout va bien ; mais l’avenir nous réserve une lutte très difficile. D’autres peuvent se distinguer par la valeur, la vitesse, la force ; mais quand on a certaines prétentions, on doit particulièrement posséder l’amour de la vérité, la justice, la magnanimité, [320c] et la dignité qui accompagne ces vertus. Ces vérités sont évidentes ; mais n’oublions pas que certaines personnes (tu sais de qui je veux parler) doivent s’élever au-dessus des autres plus que les hommes au-dessus des enfants. Il faut prouver à tous que nous sommes réellement tels que nous disons ; et, avec l’aide de Dieu, ce ne sera pas trop difficile. Les [320d] autres, pour se faire connaître, ont besoin de parcourir bien des pays ; mais ta position est bien différente : les regards de toute la terre, si je puis parler ainsi sans exagération, sont tournés vers le même endroit, et dans cet endroit ils sont fixés sur toi. Ainsi exposé aux yeux de tous les hommes, tu dois t’efforcer de te montrer comme un nouveau Lycurgue, un Cyrus, ou l’un de ces grands hommes qui se sont rendus célèbres par leur vertu et leurs institutions. C’est d’autant plus nécessaire qu’ici bien des gens et presque [320e] tout le monde prophétise qu’après la mort de Denys, ton ambition et celle d’Héraclide, de Théodote et des autres grands, entraîneront très probablement la ruine de Syracuse. Il est à souhaiter d’abord que nul d’entre vous ne soit atteint de cette maladie ; mais si quelqu’un l’était, c’est à toi de le guérir pour que tout aille pour le mieux. Tu trouveras peut-être ridicule que je te donne des conseils sur des choses que tu sais aussi bien que moi ; mais je vois au théâtre les enfants eux-mêmes animer les athlètes ; pourquoi ne souffririons-nous pas la même chose de nos amis, quand nous savons que ces conseils viennent du zèle que leur inspire leur affection ? Combattez donc maintenant avec courage, et s’il vous manque quelque chose, écrivez-moi. Ici, tout va à peu près comme lorsque tu y étais.

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