Domaine public
L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.
Platon
Lettres attribuées à Platon Passage 344
Passage 36 sur 55
Référence canonique 344
Grec ancien
perseus-plato-epistles-grc
κακῶς δὲ ἂν φυῇ, ὡς ἡ τῶν πολλῶν ἕξις τῆς ψυχῆς εἴς τε τὸ μαθεῖν εἴς τε τὰ λεγόμενα ἤθη πέφυκεν, τὰ δὲ διέφθαρται, οὐδʼ ἂν ὁ Λυγκεὺς ἰδεῖν ποιήσειεν τοὺς τοιούτους. ἑνὶ δὲ λόγῳ, τὸν μὴ συγγενῆ τοῦ πράγματος οὔτʼ ἂν εὐμάθεια ποιήσειέν ποτε οὔτε μνήμη - τὴν ἀρχὴν γὰρ ἐν ἀλλοτρίαις ἕξεσιν οὐκ ἐγγίγνεται - ὥστε ὁπόσοι τῶν δικαίων τε καὶ τῶν ἄλλων ὅσα καλὰ μὴ προσφυεῖς εἰσιν καὶ συγγενεῖς, ἄλλοι δὲ ἄλλων εὐμαθεῖς ἅμα καὶ μνήμονες, οὐδʼ ὅσοι συγγενεῖς, δυσμαθεῖς δὲ καὶ ἀμνήμονες, οὐδένες τούτων μήποτε μάθωσιν ἀλήθειαν ἀρετῆς εἰς τὸ δυνατὸν οὐδὲ κακίας. ἅμα γὰρ αὐτὰ ἀνάγκη μανθάνειν καὶ τὸ ψεῦδος ἅμα καὶ ἀληθὲς τῆς ὅλης οὐσίας, μετὰ τριβῆς πάσης καὶ χρόνου πολλοῦ, ὅπερ ἐν ἀρχαῖς εἶπον· μόγις δὲ τριβόμενα πρὸς ἄλληλα αὐτῶν ἕκαστα, ὀνόματα καὶ λόγοι ὄψεις τε καὶ αἰσθήσεις, ἐν εὐμενέσιν ἐλέγχοις ἐλεγχόμενα καὶ ἄνευ φθόνων ἐρωτήσεσιν καὶ ἀποκρίσεσιν χρωμένων, ἐξέλαμψε φρόνησις περὶ ἕκαστον καὶ νοῦς, συντείνων ὅτι μάλιστʼ εἰς δύναμιν ἀνθρωπίνην. διὸ δὴ πᾶς ἀνὴρ σπουδαῖος τῶν ὄντων σπουδαίων πέρι πολλοῦ δεῖ μὴ γράψας ποτὲ ἐν ἀνθρώποις εἰς φθόνον καὶ ἀπορίαν καταβαλεῖ. ἑνὶ δὴ ἐκ τούτων δεῖ γιγνώσκειν λόγῳ, ὅταν ἴδῃ τίς του συγγράμματα γεγραμμένα εἴτε ἐν νόμοις νομοθέτου εἴτε ἐν ἄλλοις τισὶν ἅττʼ οὖν, ὡς οὐκ ἦν τούτῳ ταῦτα σπουδαιότατα, εἴπερ ἔστʼ αὐτὸς σπουδαῖος, κεῖται δέ που ἐν χώρᾳ τῇ καλλίστῃ τῶν τούτου· εἰ δὲ ὄντως αὐτῷ ταῦτʼ ἐσπουδασμένα ἐν γράμμασιν ἐτέθη, ἐξ ἄρα δή τοι ἔπειτα, θεοὶ μὲν οὔ, βροτοὶ δὲ φρένας ὤλεσαν αὐτοί. τούτῳ δὴ τῷ μύθῳ τε καὶ πλάνῳ ὁ συνεπισπόμενος εὖ εἴσεται, εἴτʼ οὖν Διονύσιος ἔγραψέν τι τῶν περὶ φύσεως ἄκρων καὶ πρώτων εἴτε τις ἐλάττων εἴτε μείζων, ὡς οὐδὲν ἀκηκοὼς οὐδὲ μεμαθηκὼς ἦν ὑγιὲς ὧν ἔγραψεν κατὰ τὸν ἐμὸν λόγον· ὁμοίως γὰρ ἂν αὐτὰ ἐσέβετο ἐμοί, καὶ οὐκ ἂν αὐτὰ ἐτόλμησεν εἰς ἀναρμοστίαν καὶ ἀπρέπειαν ἐκβάλλειν. οὔτε γὰρ ὑπομνημάτων χάριν ἔγραψεν - οὐδὲν γὰρ δεινὸν μή τις αὐτὸ ἐπιλάθηται, ἐὰν ἅπαξ τῇ ψυχῇ περιλάβῃ· πάντων γὰρ ἐν βραχυτάτοις κεῖται -
Anglais
Benjamin Jowett · perseus-plato-epistles-en
but if his nature is bad - and, in fact, the condition of most men’s souls in respect of learning and of what are termed morals is either naturally bad or else corrupted, - then not even Lynceus himself could make such folk see. In one word, neither receptivity nor memory will ever produce knowledge in him who has no affinity with the object, since it does not germinate to start with in alien states of mind; consequently neither those who have no natural connection or affinity with things just, and all else that is fair, although they are both receptive and retentive in various ways of other things, nor yet those who possess such affinity but are unreceptive and unretentive - none, I say, of these will ever learn to the utmost possible extent the truth of virtue nor yet of vice. For in learning these objects it is necessary to learn at the same time both what is false and what is true of the whole of Existence, and that through the most diligent and prolonged investigation, as I said at the commencement ; and it is by means of the examination of each of these objects, comparing one with another - names and definitions, visions and sense-perceptions, - proving them by kindly proofs and employing questionings and answerings that are void of envy - it is by such means, and hardly so, that there bursts out the light of intelligence and reason regarding each object in the mind of him who uses every effort of which mankind is capable. And this is the reason why every serious man in dealing with really serious subjects carefully avoids writing, lest thereby he may possibly cast them as a prey to the envy and stupidity of the public. In one word, then, our conclusion must be that whenever one sees a man’s written compositions - whether they be the laws of a legislator or anything else in any other form, - these are not his most serious works, if so be that the writer himself is serious: rather those works abide in the fairest region he possesses. If, however, these really are his serious efforts, and put into writing, it is not the gods but mortal men who Then of a truth themselves have utterly ruined his senses. Whosoever, then, has accompanied me in this story and this wandering of mine will know full well that, whether it be Dionysius or any lesser or greater man who has written something about the highest and first truths of Nature, nothing of what he has written, as my argument shows, is based on sound teaching or study. Otherwise he would have reverenced these truths as I do, and would not have dared to expose them to unseemly and degrading treatment. For the writings of Dionysius were not meant as aids to memory, since there is no fear lest anyone should forget the truth if once he grasps it with his soul, seeing that it occupies the smallest possible space ;
Français
Victor Cousin · wikisource-cousin-epistles-fr-01
[344a] et l’âme de bien des hommes est dans ce triste état, ceux-là ne sauraient voir même avec les yeux de Lyncée. En un mot, quand un homme n’a aucune affinité avec la chose dont il s’agit, ni la pénétration ni la mémoire n’y feront rien ; car rien ne vient sur un sol étranger. Aussi ceux qui n’ont ni affinité ni rapport avec le juste et tout ce qui est bien, quelles que soient la promptitude de leur esprit et la facilité de leur mémoire, pas plus que ceux chez qui cette affinité avec le beau et le bien s’allie à un esprit lent et à une mémoire rebelle, ne parviendront jamais à connaître toute la vérité sur la vertu [344b] et le vice ; car il faut connaître l’un et l’autre, et c’est avec beaucoup de temps et de peines qu’on peut acquérir la double science de ce qu’il y a de vrai et de ce qu’il y a de faux dans tout être, comme j’ai dit en commençant. C’est quand on a bien examiné, en les éclairant les uns par les autres, les noms et les définitions, et les sensations de toute espèce, dans des discussions paisibles où l’envie n’aigrit ni les demandes ni les réponses, c’est alors seulement que la lumière de la science et de l’intelligence se répand sur les objets et nous guide vers la perfection [344c] que la nature humaine peut atteindre. Concluons que tout homme sérieusement occupé de choses aussi sérieuses doit se garder de les traiter dans des écrits destinés au public, pour exciter l’envie et se jeter dans l’embarras. Et tout cela doit nous prouver, quand il nous tombe entre les mains le livre d’un législateur sur les lois, ou de tout autre écrivain sur d’autres matières, que l’auteur n’a pas parlé sérieusement s’il est lui-même un homme sérieux, et qu’il s’est renfermé dans la plus belle partie de lui-même. S’il avait mis par écrit ce qu’il avait de sérieux dans l’âme, [344d] c’est alors qu’il faudrait dire : ce ne sont pas les dieux, ce sont les hommes qui lui ont ôté la raison. Si l’on a bien compris cette explication et ces développements, on verra que Denys ou tout autre plus ou moins habile qui aura écrit sur les principes et les merveilles de la nature, n’a jamais rien appris ni rien su des choses qu’il a écrites. Au moins, c’est mon avis. Sans cela il aurait, comme moi, respecté ces mystères et ne les aurait pas témérairement livrés à l’ignorance et au ridicule. Et il n’a pas fait cet écrit seulement pour le soulagement de la mémoire ; [344e] en effet, une fois que l’esprit s’est bien pénétré de ces vérités, il n’y a pas de danger que la mémoire les laisse échapper ; car il n’y a rien de plus court. Il a peut-être été guidé par une honteuse ambition qui lui a inspiré le dessein de présenter cet ouvrage comme le fruit de ses propres méditations ou le résultat des leçons qu’il avait reçues de moi et dont il n’était pas digne, puisqu’il voulait m’en dérober la gloire.
Concepts de ce passage
Colère
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Aporie
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Bienfait
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Soin de l’âme
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Mort
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Convenance morale
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Dialectique
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Éducation
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Examen réfutatif
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Éther et champ
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Foi
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Famille
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Crainte
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Formes intelligibles
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Dieu
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Sagesse humaine
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Justice
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Justice et soin du vulnérable
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Connaissance
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Loi
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Li, justesse rituelle
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Mémoire
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Attention
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Nature
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Nécessité
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Éros philosophique
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Raison
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Péché
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Esprit
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Temps
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Vérité
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Vertu
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque