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Platon

Lachès Passage 190

Passage 13 sur 24

Référence canonique 190

Grec ancien

perseus-plato-laches-grc

ΣΩ. εἰ τυγχάνομεν ἐπιστάμενοι ὅτι ὄψις παραγενομένη ὀφθαλμοῖς βελτίους ποιεῖ ἐκείνους οἷς παρεγένετο, καὶ προσέτι οἷοί τʼ ἐσμὲν ποιεῖν αὐτὴν παραγίγνεσθαι ὄμμασι, δῆλον ὅτι ὄψιν γε ἴσμεν αὐτὴν ὅτι ποτʼ ἔστιν, ἧς πέρι σύμβουλοι ἂν γενοίμεθα ὡς ἄν τις αὐτὴν ῥᾷστα καὶ ἄριστα κτήσαιτο. εἰ γὰρ μηδʼ αὐτὸ τοῦτο εἰδεῖμεν, ὅτι ποτʼ ἔστιν ὄψις ἢ ὅτι ἔστιν ἀκοή, σχολῇ ἂν σύμβουλοί γε ἄξιοι λόγου γενοίμεθα καὶ ἰατροὶ ἢ περὶ ὀφθαλμῶν ἢ περὶ ὤτων, ὅντινα τρόπον ἀκοὴν ἢ ὄψιν κάλλιστʼ ἂν κτήσαιτό τις. ΛΑ. ἀληθῆ λέγεις, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. οὐκοῦν, ὦ Λάχης, καὶ νῦν ἡμᾶς τώδε παρακαλεῖτον εἰς συμβουλήν, τίνʼ ἂν τρόπον τοῖς ὑέσιν αὐτῶν ἀρετὴ παραγενομένη ταῖς ψυχαῖς ἀμείνους ποιήσειε; ΛΑ. πάνυ γε. ΣΩ. ἆρʼ οὖν ἡμῖν τοῦτό γʼ ὑπάρχειν δεῖ, τὸ εἰδέναι ὅτι ποτʼ ἔστιν ἀρετή; εἰ γάρ που μηδʼ ἀρετὴν εἰδεῖμεν τὸ παράπαν ὅτι ποτε τυγχάνει ὄν, τίνʼ ἂν τρόπον τούτου σύμβουλοι γενοίμεθʼ ἂν ὁτῳοῦν, ὅπως ἂν αὐτὸ κάλλιστα κτήσαιτο; ΛΑ. οὐδένα, ἔμοιγε δοκεῖ, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. φαμὲν ἄρα, ὦ Λάχης, εἰδέναι αὐτὸ ὅτι ἔστιν. ΛΑ. φαμὲν μέντοι. ΣΩ. οὐκοῦν ὅ γε ἴσμεν, κἂν εἴποιμεν δήπου τί ἐστιν. ΛΑ. πῶς γὰρ οὔ; ΣΩ. μὴ τοίνυν, ὦ ἄριστε, περὶ ὅλης ἀρετῆς εὐθέως σκοπώμεθα - πλέον γὰρ ἴσως ἔργον - ἀλλὰ μέρους τινὸς πέρι πρῶτον ἴδωμεν εἰ ἱκανῶς ἔχομεν πρὸς τὸ εἰδέναι· καὶ ἡμῖν, ὡς τὸ εἰκός, ῥᾴων ἡ σκέψις ἔσται. ΛΑ. ἀλλʼ οὕτω ποιῶμεν, ὦ Σώκρατες, ὡς σὺ βούλει. ΣΩ. τί οὖν ἂν προελοίμεθα τῶν τῆς ἀρετῆς μερῶν; ἢ δῆλον δὴ ὅτι τοῦτο εἰς ὃ τείνειν δοκεῖ ἡ ἐν τοῖς ὅπλοις μάθησις; δοκεῖ δέ που τοῖς πολλοῖς εἰς ἀνδρείαν. ἦ γάρ; ΛΑ. καὶ μάλα δὴ οὕτω δοκεῖ. ΣΩ. τοῦτο τοίνυν πρῶτον ἐπιχειρήσωμεν, ὦ Λάχης, εἰπεῖν, ἀνδρεία τί ποτʼ ἐστίν· ἔπειτα μετὰ τοῦτο σκεψόμεθα καὶ ὅτῳ ἂν τρόπῳ τοῖς νεανίσκοις παραγένοιτο, καθʼ ὅσον οἷόν τε ἐξ ἐπιτηδευμάτων τε καὶ μαθημάτων παραγενέσθαι. ἀλλὰ πειρῶ εἰπεῖν ὃ λέγω, τί ἐστιν ἀνδρεία. ΛΑ. οὐ μὰ τὸν Δία, ὦ Σώκρατες, οὐ χαλεπὸν εἰπεῖν· εἰ γάρ τις ἐθέλοι ἐν τῇ τάξει μένων ἀμύνεσθαι τοὺς πολεμίους καὶ μὴ φεύγοι, εὖ ἴσθι ὅτι ἀνδρεῖος ἂν εἴη. ΣΩ. εὖ μὲν λέγεις, ὦ Λάχης· ἀλλʼ ἴσως ἐγὼ αἴτιος, οὐ σαφῶς εἰπών, τὸ σὲ ἀποκρίνασθαι μὴ τοῦτο ὃ διανοούμενος ἠρόμην, ἀλλʼ ἕτερον. ΛΑ. πῶς τοῦτο λέγεις, ὦ Σώκρατες;

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-laches-en

Soc. If we happen to know that sight joined to eyes makes those eyes the better for it, and further if we are able to get it joined to eyes, we obviously know what this faculty of sight is, on which we might be consulting as to how it might be best and most easily acquired. For if we did not know first of all what sight or hearing is, we should hardly prove ourselves consultants or physicians of credit in the matter of eyes or ears, and the best way of acquiring sight or hearing. Lach. Truly spoken, Socrates. Soc. And you know, Laches, at this moment our two friends are inviting us to a consultation as to the way in which virtue may be joined to their sons’ souls, and so make them better? Lach. Yes, indeed, Soc. Then our first requisite is to know what virtue is? For surely, if we had no idea at all what virtue actually is, we could not possibly consult with anyone as to how he might best acquire it? Lach. I certainly think not, Socrates. Soc. Then we say, Laches, that we know what it is. Lach. I suppose we must. Soc. And of that which we know, I presume, we can also say what it is. Lach. To be sure. Soc. Let us not, therefore, my good friend, inquire forthwith about the whole of virtue, since that may well be too much for us; but let us first see ifwe are sufficiently provided with knowledge about some part of it. In all likelihood this will make our inquiry easier. Lach. Yes, let us do as you propose, Socrates. Soc. Then which of the parts of virtue shall we choose? Clearly, I think, that which the art of fighting in armor is supposed to promote; and that, of course, is generally supposed to be courage, is it not? Lach. Yes, it generally is, to be sure. Soc. Then let our first endeavor be, Laches, to say what courage is: after that we can proceed to inquire in what way our young men may obtain it, in so far as it is to be obtained by means of pursuits and studies. Come, try and tell me, as I suggest, what is courage. Lach. On my word, Socrates, that is nothing difficult: anyone who is willing to stay at his post and face the enemy, and does not run away, you may be sure, is courageous. Soc. Rightly spoken, Laches; but I fear I am to blame, by not putting it clearly, for your having answered not the intention of my question, but something else. Lach. What do you mean by that, Socrates?

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-laches-fr-01

[190a] Si nous savons que la vue étant communiquée aux yeux, les rend meilleurs, et que nous puissions la leur communiquer, il est certain que nous connaissons ce que c’est que la vue, et que nous savons ce qu’il y a de mieux à faire pour la procurer : au lieu que si nous ne savons ce que c’est que la vue, ou l’ouïe, il s’en faudra bien que nous puissions servir de médecins pour les yeux et pour les oreilles, et donner de bons conseils sur les meilleurs moyens [190b] de voir et d’entendre. LACHÈS. Ce que tu dis là est vrai, Socrate. SOCRATE. Nos deux amis ne nous ont-ils pas appelés ici, Lachès, pour aviser avec nous aux plus sûrs moyens de faire naître la vertu dans l’âme de leurs enfans, et de les rendre meilleurs ? LACHÈS. Sans doute. SOCRATE. Ne devons-nous donc pas savoir ce que c’est que la vertu ? car si nous ignorions absolument ce qu’elle est, serions-nous capables de donner les moyens [190c] de l’acquérir à ceux qui nous demanderaient conseil ? LACHÈS. Il serait impossible, Socrate. SOCRATE. Supposerons-nous, Lachès, que nous savons ce qu’elle est ? LACHÈS. Oui, supposons-le. SOCRATE. Mais si nous savons ce qu’est une chose, nous pouvons le dire ? LACHÈS. Comment ne le pourrions-nous pas ? SOCRATE. Pour le moment, mon cher Lachès, n’examinons pas encore ce qu’est la vertu en général ; ce serait une discussion trop longue peut-être ; contentons-nous de rechercher si nous avons une connaissance véritable d’une de ses parties ; [190d] cet examen sera plus facile et plus court. LACHÈS. Je le veux bien, Socrate ; faisons comme tu le désires. SOCRATE. Mais quelle partie de la vertu choisirons-nous ? sans doute ce sera celle qui paraît être le but qu’on se propose dans cet exercice des armes ; et l’on croit communément que le but de cet exercice est le courage. LACHÈS. Oui, on le croit. SOCRATE. Tâchons d’abord, Lachès, de définir ce que c’est que le courage ; après cela nous examinerons [190e] par quels moyens ces jeunes gens pourront l’acquérir, autant du moins que l’exercice et l’étude peuvent y servir. Voyons, dis-nous ce que c’est que le courage. LACHÈS. En vérité, Socrate, ce n’est pas bien difficile à dire. Qu’un homme garde son rang dans une bataille ; qu’il ne prenne jamais la fuite, et fasse tête à l’ennemi, voilà ce que j’appelle être courageux. SOCRATE. C’est fort bien, Lachès ; mais peut-être est-ce moi qui, en m’expliquant mal, suis cause que tu ne m’as pas répondu dans le sens de ma question. LACHÈS. Comment donc ? Socrate.

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