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Platon

Ménon Passage 78

Passage 9 sur 31

Référence canonique 78

Grec ancien

perseus-plato-meno-grc

ΜΕΝ. ἀνάγκη. ΣΩ. ἀλλὰ τοὺς βλαπτομένους οὗτοι οὐκ οἴονται ἀθλίους εἶναι καθʼ ὅσον βλάπτονται; ΜΕΝ. καὶ τοῦτο ἀνάγκη. ΣΩ. τοὺς δὲ ἀθλίους οὐ κακοδαίμονας; ΜΕΝ. οἶμαι ἔγωγε. ΣΩ. ἔστιν οὖν ὅστις βούλεται ἄθλιος καὶ κακοδαίμων εἶναι; ΜΕΝ. οὔ μοι δοκεῖ, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. οὐκ ἄρα βούλεται, ὦ Μένων, τὰ κακὰ οὐδείς, εἴπερ μὴ βούλεται τοιοῦτος εἶναι. τί γὰρ ἄλλο ἐστὶν ἄθλιον εἶναι ἢ ἐπιθυμεῖν τε τῶν κακῶν καὶ κτᾶσθαι; ΜΕΝ. κινδυνεύεις ἀληθῆ λέγειν, ὦ Σώκρατες· καὶ οὐδεὶς βούλεσθαι τὰ κακά. ΣΩ. οὐκοῦν νυνδὴ ἔλεγες ὅτι ἔστιν ἡ ἀρετὴ βούλεσθαί τε τἀγαθὰ καὶ δύνασθαι; ΜΕΝ. εἶπον γάρ. ΣΩ. οὐκοῦν τοῦ λεχθέντος τὸ μὲν βούλεσθαι πᾶσιν ὑπάρχει, καὶ ταύτῃ γε οὐδὲν ὁ ἕτερος τοῦ ἑτέρου βελτίων; ΜΕΝ. φαίνεται. ΣΩ. ἀλλὰ δῆλον ὅτι εἴπερ ἐστὶ βελτίων ἄλλος ἄλλου, κατὰ τὸ δύνασθαι ἂν εἴη ἀμείνων. ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. τοῦτʼ ἔστιν ἄρα, ὡς ἔοικε, κατὰ τὸν σὸν λόγον ἀρετή, δύναμις τοῦ πορίζεσθαι τἀγαθά. ΜΕΝ. παντάπασί μοι δοκεῖ, ὦ Σώκρατες, οὕτως ἔχειν ὡς σὺ νῦν ὑπολαμβάνεις. ΣΩ. ἴδωμεν δὴ καὶ τοῦτο εἰ ἀληθὲς λέγεις· ἴσως γὰρ ἂν εὖ λέγοις. τἀγαθὰ φῂς οἷόν τʼ εἶναι πορίζεσθαι ἀρετὴν εἶναι; ΜΕΝ. ἔγωγε. ΣΩ. ἀγαθὰ δὲ καλεῖς οὐχὶ οἷον ὑγίειάν τε καὶ πλοῦτον; ΜΕΝ. καὶ χρυσίον λέγω καὶ ἀργύριον κτᾶσθαι καὶ τιμὰς ἐν πόλει καὶ ἀρχάς. ΣΩ. μὴ ἄλλʼ ἄττα λέγεις τἀγαθὰ ἢ τὰ τοιαῦτα; ΜΕΝ. οὔκ, ἀλλὰ πάντα λέγω τὰ τοιαῦτα. ΣΩ. εἶεν· χρυσίον δὲ δὴ καὶ ἀργύριον πορίζεσθαι ἀρετή ἐστιν, ὥς φησι Μένων ὁ τοῦ μεγάλου βασιλέως πατρικὸς ξένος. πότερον προστιθεῖς τούτῳ τῷ πόρῳ, ὦ Μένων, τὸ δικαίως καὶ ὁσίως, ἢ οὐδέν σοι διαφέρει, ἀλλὰ κἂν ἀδίκως τις αὐτὰ πορίζηται, ὁμοίως σὺ αὐτὰ ἀρετὴν καλεῖς; ΜΕΝ. οὐ δήπου, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. ἀλλὰ κακίαν. ΜΕΝ. πάντως δήπου. ΣΩ. δεῖ ἄρα, ὡς ἔοικε, τούτῳ τῷ πόρῳ δικαιοσύνην ἢ σωφροσύνην ἢ ὁσιότητα προσεῖναι, ἢ ἄλλο τι μόριον ἀρετῆς· εἰ δὲ μή, οὐκ ἔσται ἀρετή, καίπερ ἐκπορίζουσα τἀγαθά. ΜΕΝ. πῶς γὰρ ἄνευ τούτων ἀρετὴ γένοιτʼ ἄν; ΣΩ. τὸ δὲ μὴ ἐκπορίζειν χρυσίον καὶ ἀργύριον, ὅταν μὴ δίκαιον ᾖ, μήτε αὑτῷ μήτε ἄλλῳ, οὐκ ἀρετὴ καὶ αὕτη ἐστὶν ἡ ἀπορία; ΜΕΝ. φαίνεται.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en

Men. They needs must. Soc. But do they not hold that those who are harmed are miserable in proportion to the harm they suffer? Men. That too must be. Soc. And are not the miserable ill-starred? Men. I think so. Soc. Then is there anyone who wishes to be miserable and ill-starred? Men. I do not suppose there is, Socrates. Soc. No one, then, Meno, desires evil, if no one desires to be such an one: for what is being miserable but desiring evil and obtaining it? Men. It seems that what you say is true, Socrates, and that nobody desires evil. Soc. Well now, you were saying a moment ago that virtue is the desire and ability for good? Men. Yes, I was. Soc. One part of the statement - the desire - belongs to our common nature, and in this respect one man is no better than another? Men. Apparently. Soc. But it is plain that if one man is not better than another in this, he must be superior in the ability. Men. Certainly. Soc. Then virtue, it seems by your account, is ability to procure goods. Men. I entirely agree, Socrates, with the view which you now take of the matter. Soc. Then let us see whether your statement is true in another respect; for very likely you may be right. You say virtue is the ability to procure goods? Men. I do. Soc. And do you not mean by goods such things as health and wealth? Men. Yes, and I include the acquisition of gold and silver, and of state honors and offices. Soc. Are there any things besides this sort, that you class as goods? Men. No, I refer only to everything of that sort. Soc. Very well: procuring gold and silver is virtue, according to Meno, the ancestral friend of the Great King. Tell me, do you add to such procuring, Meno, that it is to be done justly and piously, or is this indifferent to you, but even though a man procures these things unjustly, do you call them virtue all the same? Men. Surely not, Socrates. Soc. Rather, vice. Men. Yes, of course. Soc. Then it seems that justice or temperance or holiness or some other part of virtue must accompany the procuring of these things; otherwise it will not be virtue, though it provides one with goods. Men. Yes, for how, without these, could it be virtue? Soc. And not to procure gold and silver, when it would be unjust - what we call the want of such things - is virtue, is it not? Men. Apparently.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-01

[78a] Nécessairement. SOCRATE. Ne pensent-ils pas que ceux à qui l’on nuit, sont à plaindre en ce qu’on leur nuit ? MENON. Nécessairement encore. SOCRATE. Et qu’en tant qu’on est à plaindre, on est malheureux ? MENON. Je le crois. SOCRATE. Or est-il quelqu’un qui veuille être à plaindre et malheureux ? MENON. Je ne le crois pas, Socrate. SOCRATE. Si donc personne ne veut être tel, personne aussi ne veut le mal. En effet, être à plaindre, qu’est-ce autre chose que désirer le mal et se le procurer ? MENON. Il paraît [78b] que tu as raison, Socrate : personne ne veut le mal. SOCRATE. Ne disais-tu pas tout à l’heure que la vertu consiste à vouloir le bien et à pouvoir se le procurer ? MENON. Oui, je l’ai dit. SOCRATE. N’est-il pas vrai que dans cette définition, le vouloir est commun à tous, et qu’à cet égard nul homme n’est meilleur qu’un autre ? MENON. J’en conviens. SOCRATE. Il est clair, par conséquent, que si les uns sont meilleurs que les autres, ce ne peut être que sous le rapport du pouvoir. MENON. Sans doute. SOCRATE. Ainsi la vertu à ton compte n’est autre chose que [78c] le pouvoir de se procurer le bien. MENON. Il me semble véritablement, Socrate, que la chose est telle que tu la conçois. SOCRATE. Voyons si cela est vrai, car peut-être as-tu raison. Tu fais donc consister la vertu dans le pouvoir de se procurer le bien ? MENON. Oui. SOCRATE. N’appelles-tu pas biens la santé, la richesse, la possession de l’or et de l’argent, des honneurs et des dignités dans l’état ? donnes-tu le nom de biens à d’autres choses qu’à celles-là ? MENON. Non, mais je comprends sous le nom de biens [78d] toutes les choses de cette nature. SOCRATE. À la bonne heure. Se procurer de l’or et de l’argent est donc la vertu, à ce que dit Menon, l’hôte du grand roi par son père. Ajoutes-tu quelque chose à cette acquisition, Menon, comme justement et saintement ? ou tiens-tu cela pour indifférent ; et cette acquisition, pour être injuste, n’en sera-t-elle pas moins de la vertu, selon toi ? MENON. Point du tout, Socrate, ce sera vice. SOCRATE. Il est donc, à ce qu’il paraît, absolument nécessaire que la justice ou [78e] la tempérance, ou la sainteté, ou quelque, autre partie de la vertu se rencontre dans cette acquisition ; sans quoi, elle ne sera point de la vertu, quoiqu’elle nous procure des biens. MENON. Comment en effet serait-elle de la vertu sans cela ? SOCRATE. Mais ne se procurer ni or ni argent, lorsque cela n’est pas juste, et n’en procurer en ce cas à personne, n’est-ce point aussi de la vertu ? MENON. Évidemment. SOCRATE. Ainsi se procurer ces sortes de biens n’est pas plus de la vertu que de ne se les procurer pas ; mais, selon toute apparence, ce qui se fait avec justice est vertu, au contraire

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