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Platon

Ménon Passage 93

Passage 24 sur 31

Référence canonique 93

Grec ancien

perseus-plato-meno-grc

ΣΩ. πότερον δὲ οὗτοι οἱ καλοὶ κἀγαθοὶ ἀπὸ τοῦ αὐτομάτου ἐγένοντο τοιοῦτοι, παρʼ οὐδενὸς μαθόντες ὅμως μέντοι ἄλλους διδάσκειν οἷοί τε ὄντες ταῦτα ἃ αὐτοὶ οὐκ ἔμαθον; ΑΝ. καὶ τούτους ἔγωγε ἀξιῶ παρὰ τῶν προτέρων μαθεῖν, ὄντων καλῶν κἀγαθῶν· ἢ οὐ δοκοῦσί σοι πολλοὶ καὶ ἀγαθοὶ γεγονέναι ἐν τῇδε τῇ πόλει ἄνδρες; ΣΩ. ἔμοιγε, ὦ Ἄνυτε, καὶ εἶναι δοκοῦσιν ἐνθάδε ἀγαθοὶ τὰ πολιτικά, καὶ γεγονέναι ἔτι οὐχ ἧττον ἢ εἶναι· ἀλλὰ μῶν καὶ διδάσκαλοι ἀγαθοὶ γεγόνασιν τῆς αὑτῶν ἀρετῆς; τοῦτο γάρ ἐστιν περὶ οὗ ὁ λόγος ἡμῖν τυγχάνει ὤν· οὐκ εἰ εἰσὶν ἀγαθοὶ ἢ μὴ ἄνδρες ἐνθάδε, οὐδʼ εἰ γεγόνασιν ἐν τῷ πρόσθεν, ἀλλʼ εἰ διδακτόν ἐστιν ἀρετὴ πάλαι σκοποῦΜΕΝ. τοῦτο δὲ σκοποῦντες τόδε σκοποῦμεν, ἆρα οἱ ἀγαθοὶ ἄνδρες καὶ τῶν νῦν καὶ τῶν προτέρων ταύτην τὴν ἀρετὴν ἣν αὐτοὶ ἀγαθοὶ ἦσαν ἠπίσταντο καὶ ἄλλῳ παραδοῦναι, ἢ οὐ παραδοτὸν τοῦτο ἀνθρώπῳ οὐδὲ παραληπτὸν ἄλλῳ παρʼ ἄλλου· τοῦτʼ ἔστιν ὃ πάλαι ζητοῦμεν ἐγώ τε καὶ Μένων. ὧδε οὖν σκόπει ἐκ τοῦ σαυτοῦ λόγου· Θεμιστοκλέα οὐκ ἀγαθὸν ἂν φαίης ἄνδρα γεγονέναι; ΑΝ. ἔγωγε, πάντων γε μάλιστα. ΣΩ. οὐκοῦν καὶ διδάσκαλον ἀγαθόν, εἴπερ τις ἄλλος τῆς αὑτοῦ ἀρετῆς διδάσκαλος ἦν, κἀκεῖνον εἶναι; ΑΝ. οἶμαι ἔγωγε, εἴπερ ἐβούλετό γε. ΣΩ. ἀλλʼ, οἴει, οὐκ ἂν ἐβουλήθη ἄλλους τέ τινας καλοὺς κἀγαθοὺς γενέσθαι, μάλιστα δέ που τὸν ὑὸν τὸν αὑτοῦ; ἢ οἴει αὐτὸν φθονεῖν αὐτῷ καὶ ἐξεπίτηδες οὐ παραδιδόναι τὴν ἀρετὴν ἣν αὐτὸς ἀγαθὸς ἦν; ἢ οὐκ ἀκήκοας ὅτι Θεμιστοκλῆς Κλεόφαντον τὸν ὑὸν ἱππέα μὲν ἐδιδάξατο ἀγαθόν; ἐπέμενεν γοῦν ἐπὶ τῶν ἵππων ὀρθὸς ἑστηκώς, καὶ ἠκόντιζεν ἀπὸ τῶν ἵππων ὀρθός, καὶ ἄλλα πολλὰ καὶ θαυμαστὰ ἠργάζετο ἃ ἐκεῖνος αὐτὸν ἐπαιδεύσατο καὶ ἐποίησε σοφόν, ὅσα διδασκάλων ἀγαθῶν εἴχετο· ἢ ταῦτα οὐκ ἀκήκοας τῶν πρεσβυτέρων; ΑΝ. ἀκήκοα. ΣΩ. οὐκ ἂν ἄρα τήν γε φύσιν τοῦ ὑέος αὐτοῦ ᾐτιάσατʼ ἄν τις εἶναι κακήν. ΑΝ. ἴσως οὐκ ἄν. ΣΩ. τί δὲ τόδε; ὡς Κλεόφαντος ὁ Θεμιστοκλέους ἀνὴρ ἀγαθὸς καὶ σοφὸς ἐγένετο ἅπερ ὁ πατὴρ αὐτοῦ, ἤδη του ἀκήκοας ἢ νεωτέρου ἢ πρεσβυτέρου; ΑΝ. οὐ δῆτα. ΣΩ. ἆρʼ οὖν ταῦτα μὲν οἰόμεθα βούλεσθαι αὐτὸν τὸν αὑτοῦ ὑὸν παιδεῦσαι, ἣν δὲ αὐτὸς σοφίαν ἦν σοφός, οὐδὲν τῶν γειτόνων βελτίω ποιῆσαι, εἴπερ ἦν γε διδακτὸν ἡ ἀρετή; ΑΝ. ἴσως μὰ Δίʼ οὔ.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en

Soc. And did those gentlemen grow spontaneously into what they are, and without learning from anybody are they able, nevertheless, to teach others what they did not learn themselves? An. I expect they must have learnt in their turn from the older generation, who were gentlemen: or does it not seem to you that we have had many good men in this city? Soc. Yes, I agree, Anytus; we have also many who are good at politics, and have had them in the past as well as now. But I want to know whether they have proved good teachers besides of their own virtue: that is the question with which our discussion is actually concerned; not whether there are, or formerly have been, good men here amongst us or not, but whether virtue is teachable; this has been our problem all the time. And our inquiry into this problem resolves itself into the question: Did the good men of our own and of former times know how to transmit to another man the virtue in respect of which they were good, or is it something not to be transmitted or taken over from one human being to another? That is the question I and Meno have been discussing all this time. Well, just consider it in your own way of speaking: would you not say that Themistocles was a good man? An. I would, particularly so. Soc. And if any man ever was a teacher of his own virtue, he especially was a good teacher of his? An. In my opinion, yes, assuming that he wished to be so. Soc. But can you suppose he would not have wished that other people should become good, honorable men - above all, I presume, his own son? Or do you think he was jealous of him, and deliberately refused to impart the virtue of his own goodness to him? Have you never heard how Themistocles had his son Cleophantus taught to be a good horseman? Why, he could keep his balance standing upright on horseback, and hurl the javelin while so standing, and perform many other wonderful feats in which his father had had him trained, so as to make him skilled in all that could be learnt from good masters. Surely you must have heard all this from your elders? An. I have. Soc. Then there could be no complaints of badness in his son’s nature? An. I daresay not. Soc. But I ask you - did you ever hear anybody, old or young, say that Cleophantus, son of Themistocles, had the same goodness and accomplishments as his father? An. Certainly not. Soc. And can we believe that his father chose to train his own son in those feats, and yet made him no better than his neighbors in his own particular accomplishments - if virtue, as alleged, was to be taught? An. On my word, I think not.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-01

[93a] point appris ? ANYTUS. Je prétends qu’ils ont pris des instructions de ceux qui les ont précédés, et qui étaient eux-mêmes des hommes vertueux. Crois-tu donc que cette ville n’a point produit de vertueux citoyens ? SOCRATE. Je pense, Anytus, qu’il y a en cette ville des hommes recommandables par leur vertu politique, et qu’il n’y en a pas eu moins autrefois qu’à présent. Mais ont-ils été bons maîtres de leur propre vertu ? Car voilà ce dont il est question entre nous, et non pas s’il y a ou non ici des hommes vertueux, [93b] ni s’il y en a eu autrefois. Nous examinons depuis longtemps si la vertu peut s’enseigner ; cet examen nous conduit à rechercher si les hommes vertueux du temps présent et du temps passé ont eu le talent de communiquer à d’autres la vertu dans laquelle ils excellaient ; ou si cette vertu ne peut se transmettre à personne, ni passer par voie d’enseignement d’un homme à un autre. Voilà la question qui nous occupe depuis longtemps, Menon et moi. Examine ainsi la chose selon tes propres paroles : ne conviendras-tu pas [93c] que Thémistocle était un citoyen vertueux ? ANYTUS. Oui certes, et de la plus haute vertu. SOCRATE. Et conséquemment que, si jamais quelqu’un a pu donner des leçons de sa propre vertu, il était un excellent maître de la sienne ? ANYTUS. Je le pense, s’il l’eût voulu. SOCRATE. Mais crois-tu qu’il n’eût pas voulu former d’autres citoyens, et principalement son fils ? ou penses-tu qu’il lui portât envie, et que de dessein prémédité il ne lui ait pas transmis [93d] la vertu dans laquelle il excellait ? N’as-tu pas ouï dire que Thémistocle apprit à son fils Cléophante à être un bon cavalier ? Aussi se tenait-il debout sur un cheval, lançant un javelot dans cette posture, et faisait-il d’autres tours d’adresse merveilleux, que son père lui avait enseignés, l’ayant rendu également habile dans toutes les autres choses qui sont du ressort des meilleurs maîtres. N’est-ce pas là ce que tu as entendu raconter à nos vieux citoyens ? ANYTUS. Cela est vrai. SOCRATE. Or, on ne pourrait pas dire que son fils n’eût pas de dispositions naturelles ? [93e] ANYTUS. Non, probablement. SOCRATE. Mais quoi ! as-tu jamais ouï dire à aucun citoyen, jeune ou vieux, que Cléophante, fils de Thémistocle, ait excellé dans les mêmes choses que son père ? ANYTUS. Pour cela, non. SOCRATE. Croyons-nous qu’il ait voulu que son fils apprît tout le reste, et qu’il ne l’eût pas rendu meilleur que ses voisins dans la science qu’il possédait, si la vertu était de nature à s’enseigner ? ANYTUS. Non, par Jupiter ! SOCRATE. Voilà quel maître de vertu a été cet homme qui, de ton aveu, tient un rang distingué entre les plus fameux du siècle précédent. Considérons-en un autre,

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