Domaine public
L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.
Platon
Ménon Passage 98
Passage 29 sur 31
Référence canonique 98
Grec ancien
perseus-plato-meno-grc
ΣΩ. τῶν ἐκείνου ποιημάτων λελυμένον μὲν ἐκτῆσθαι οὐ πολλῆς τινος ἄξιόν ἐστι τιμῆς, ὥσπερ δραπέτην ἄνθρωπον - οὐ γὰρ παραμένει - δεδεμένον δὲ πολλοῦ ἄξιον· πάνυ γὰρ καλὰ τὰ ἔργα ἐστίν. πρὸς τί οὖν δὴ λέγω ταῦτα; πρὸς τὰς δόξας τὰς ἀληθεῖς. καὶ γὰρ αἱ δόξαι αἱ ἀληθεῖς, ὅσον μὲν ἂν χρόνον παραμένωσιν, καλὸν τὸ χρῆμα καὶ πάντʼ ἀγαθὰ ἐργάζονται· πολὺν δὲ χρόνον οὐκ ἐθέλουσι παραμένειν, ἀλλὰ δραπετεύουσιν ἐκ τῆς ψυχῆς τοῦ ἀνθρώπου, ὥστε οὐ πολλοῦ ἄξιαί εἰσιν, ἕως ἄν τις αὐτὰς δήσῃ αἰτίας λογισμῷ. τοῦτο δʼ ἐστίν, ὦ Μένων ἑταῖρε, ἀνάμνησις, ὡς ἐν τοῖς πρόσθεν ἡμῖν ὡμολόγηται. ἐπειδὰν δὲ δεθῶσιν, πρῶτον μὲν ἐπιστῆμαι γίγνονται, ἔπειτα μόνιμοι· καὶ διὰ ταῦτα δὴ τιμιώτερον ἐπιστήμη ὀρθῆς δόξης ἐστίν, καὶ διαφέρει δεσμῷ ἐπιστήμη ὀρθῆς δόξης. ΜΕΝ. νὴ τὸν Δία, ὦ Σώκρατες, ἔοικεν τοιούτῳ τινί. ΣΩ. καὶ μὴν καὶ ἐγὼ ὡς οὐκ εἰδὼς λέγω, ἀλλὰ εἰκάζων· ὅτι δέ ἐστίν τι ἀλλοῖον ὀρθὴ δόξα καὶ ἐπιστήμη, οὐ πάνυ μοι δοκῶ τοῦτο εἰκάζειν, ἀλλʼ εἴπερ τι ἄλλο φαίην ἂν εἰδέναι - ὀλίγα δʼ ἂν φαίην - ἓν δʼ οὖν καὶ τοῦτο ἐκείνων θείην ἂν ὧν οἶδα. ΜΕΝ. καὶ ὀρθῶς γε, ὦ Σώκρατες, λέγεις. ΣΩ. τί δέ; τόδε οὐκ ὀρθῶς, ὅτι ἀληθὴς δόξα ἡγουμένη τὸ ἔργον ἑκάστης τῆς πράξεως οὐδὲν χεῖρον ἀπεργάζεται ἢ ἐπιστήμη; ΜΕΝ. καὶ τοῦτο δοκεῖς μοι ἀληθῆ λέγειν. ΣΩ. οὐδὲν ἄρα ὀρθὴ δόξα ἐπιστήμης χεῖρον οὐδὲ ἧττον ὠφελίμη ἔσται εἰς τὰς πράξεις, οὐδὲ ἁνὴρ ὁ ἔχων ὀρθὴν δόξαν ἢ ὁ ἐπιστήμην. ΜΕΝ. ἔστι ταῦτα. ΣΩ. καὶ μὴν ὅ γε ἀγαθὸς ἀνὴρ ὠφέλιμος ἡμῖν ὡμολόγηται εἶναι. ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. ἐπειδὴ τοίνυν οὐ μόνον διʼ ἐπιστήμην ἀγαθοὶ ἄνδρες ἂν εἶεν καὶ ὠφέλιμοι ταῖς πόλεσιν, εἴπερ εἶεν, ἀλλὰ καὶ διʼ ὀρθὴν δόξαν, τούτοιν δὲ οὐδέτερον φύσει ἐστὶν τοῖς ἀνθρώποις, οὔτε ἐπιστήμη οὔτε δόξα ἀληθής, οὔτʼ ἐπίκτητα - ἢ δοκεῖ σοι φύσει ὁποτερονοῦν αὐτοῖν εἶναι; ΜΕΝ. οὐκ ἔμοιγε. ΣΩ. οὐκοῦν ἐπειδὴ οὐ φύσει, οὐδὲ οἱ ἀγαθοὶ φύσει εἶεν ἄν. ΜΕΝ. οὐ δῆτα. ΣΩ. ἐπειδὴ δέ γε οὐ φύσει, ἐσκοποῦμεν τὸ μετὰ τοῦτο εἰ διδακτόν ἐστιν. ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. οὐκοῦν διδακτὸν ἔδοξεν εἶναι, εἰ φρόνησις ἡ ἀρετή; ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. κἂν εἴ γε διδακτὸν εἴη, φρόνησις ἂν εἶναι; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. καὶ εἰ μέν γε διδάσκαλοι εἶεν, διδακτὸν ἂν εἶναι, μὴ ὄντων δὲ οὐ διδακτόν; ΜΕΝ. οὕτω. ΣΩ. ἀλλὰ μὴν ὡμολογήκαμεν μὴ εἶναι αὐτοῦ διδασκάλους; ΜΕΝ. ἔστι ταῦτα. ΣΩ. ὡμολογήκαμεν ἄρα μήτε διδακτὸν αὐτὸ μήτε φρόνησιν εἶναι; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. ἀλλὰ μὴν ἀγαθόν γε αὐτὸ ὁμολογοῦμεν εἶναι; ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. ὠφέλιμον δὲ καὶ ἀγαθὸν εἶναι τὸ ὀρθῶς ἡγούμενον; ΜΕΝ. πάνυ γε.
Anglais
Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en
Soc. To possess one of his works which is let loose does not count for much in value; it will not stay with you any more than a runaway slave: but when fastened up it is worth a great deal, for his productions are very fine things And to what am I referring in all this? To true opinion. For these, so long as they stay with us, are a fine possession, and effect all that is good; but they do not care to stay for long, and run away out of the human soul, and thus are of no great value until one makes them fast with causal reasoning. And this process, friend Meno, is recollection, as in our previous talk we have agreed. But when once they are fastened, in the first place they turn into knowledge, and in the second, are abiding. And this is why knowledge is more prized than right opinion: the one transcends the other by its trammels. Men. Upon my word, Socrates, it seems to be very much as you say. Soc. And indeed I too speak as one who does not know but only conjectures: yet that there is a difference between right opinion and knowledge is not at all a conjecture with me but something I would particularly assert that I knew: there are not many things of which I would say that, but this one, at any rate, I will include among those that I know. Men. Yes, and you are right, Socrates, in so saying. Soc. Well, then, am I not right also in saying that true opinion leading the way renders the effect of each action as good as knowledge does? Men. There again, Socrates, I think you speak the truth. Soc. So that right opinion will be no whit inferior to knowledge in worth or usefulness as regards our actions, nor will the man who has right opinion be inferior to him who has knowledge. Men. That is so. Soc. And you know that the good man has been admitted by us to be useful. Men. Yes. Soc. Since then it is not only because of knowledge that men will be good and useful to their country, where such men are to be found, but also on account of right opinion; and since neither of these two things - knowledge and true opinion - is a natural property of mankind, being acquired - or do you think that either of them is natural? Men. Not I. Soc. Then if they are not natural, good people cannot be good by nature either. Men. Of course not. Soc. And since they are not an effect of nature, we next considered whether virtue can be taught. Men. Yes. Soc. And we thought it teachable if virtue is wisdom? Men. Yes. Soc. And if teachable, it must be wisdom? Men. Certainly. Soc. And if there were teachers, it could be taught, but if there were none, it could not? Men. Quite so. Soc. But surely we acknowledged that it had no teachers? Men. That is true. Soc. Then we acknowledged it neither was taught nor was wisdom? Men. Certainly. Soc. But yet we admitted it was a good? Men. Yes. Soc. And that which guides rightly is useful and good? Men. Certainly.
Français
Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-01
[98a] d’avantages ; mais elles ne veulent guère demeurer longtemps, et elles s’échappent de l’âme de l’homme : en sorte qu’elles ne sont pas d’un grand prix, à moins qu’on ne les arrête en établissant entre elles le lien de la cause à l’effet. C’est, mon cher Menon, ce que nous avons appelé précédemment réminiscence. Ces opinions ainsi liées deviennent d’abord sciences, et alors demeurent stables. Voilà par où la science est plus précieuse que l’opinion vraie, et comment elle en diffère par l’enchaînement. MENON. Par Jupiter, il paraît bien, Socrate, que c’est quelque chose d’approchant. [98b] SOCRATE. Je n’en parle pas non plus comme un homme qui sait, mais je conjecture. Cependant lorsque je dis que l’opinion vraie est autre chose que la science, je ne pense pas tout-à-fait que ce soit là une conjecture. Si je pouvais dire de quelque chose que je la sais, et je l’oserais de bien peu de choses, j’assurerais que celle-ci est du nombre de celles que je sais. MENON. Tu as raison, Socrate. SOCRATE. Mais quoi ! n’ai-je pas encore raison quand je soutiens que si l’opinion vraie dirige une entreprise, elle ne l’exécutera pas moins bien que la science ? MENON. Je crois que tu dis vrai encore en cela. [98c] SOCRATE. Ainsi l’opinion vraie n’est ni inférieure à la science, ni moins utile par rapport aux actions ; et à cet égard celui qui a l’opinion vraie ne le cède point à celui qui a la science. MENON. J’en conviens. SOCRATE. Or nous sommes convenus que l’homme vertueux est utile. MENON. Oui. SOCRATE. Par conséquent, puisque les hommes vertueux et utiles aux états, s’il y en a, sont tels non seulement par la science, mais aussi par l’opinion vraie, et que ni l’une ni l’autre, [98d] ni la science ni l’opinion vraie, ne sont un présent de la nature, que d’ailleurs elles ne peuvent s’acquérir… ou bien, crois-tu que l’une ou l’autre soit un présent de la nature ? MENON. Je ne le pense pas. SOCRATE. En ce cas, les hommes vertueux ne sont donc pas tels par nature ? MENON. Non sans doute. SOCRATE. La vertu n’étant point naturelle à l’homme, nous avons examiné ensuite si elle pouvait s’enseigner. MENON. Oui. SOCRATE. N’avons-nous pas jugé qu’elle pouvait s’enseigner, à la condition qu’elle fût la même chose que la science ? MENON. Oui. SOCRATE. Et qu’elle était la même chose que la science, à la condition qu’elle pût s’enseigner ? MENON. Oui. [98e] SOCRATE. Et que s’il y avait dés maîtres de vertu, elle pouvait s’enseigner ; que s’il n’y en avait point, elle ne le pouvait pas ? MENON. Oui. SOCRATE. Or, nous sommes convenus qu’il n’y a point de maîtres de vertu. MENON. Cela est vrai. SOCRATE. Nous avons reconnu par conséquent qu’elle ne peut s’enseigner et qu’elle n’est point la science. MENON. Oui. SOCRATE. Mais nous sommes tombés d’accord qu’elle est un bien. MENON. Oui. SOCRATE. Et que ce qui dirige bien est bon et utile. MENON. Oui.
Concepts de ce passage
Soin de l’âme
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Dialectique
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Éther et champ
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Famille
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Formes intelligibles
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Amitié
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Honnête et utile
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Connaissance
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Messie
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Nature
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Raison
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Réminiscence
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Péché
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Esclavage
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Temps
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Vérité
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Vertu
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque
Sagesse
Voir la fiche détaillée
Filtrer la bibliothèque