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    "title": "Ménon",
    "author": "Platon",
    "date": "vers 390-380 av. J.-C.",
    "summary": "Ménon demande si la vertu s’enseigne. Socrate exige d’abord qu’on sache la définir, puis introduit la réminiscence, l’enquête géométrique avec un jeune esclave et la différence entre opinion vraie et connaissance attachée par une raison.",
    "learning": "Comprendre le paradoxe de Ménon et la réminiscence, distinguer opinion vraie et savoir, puis suivre l’enquête inachevée sur l’enseignement de la vertu.",
    "long_summary": "Les définitions de Ménon se multiplient comme un essaim avant que le paradoxe de la recherche demande comment chercher ce qu’on ignore. La démonstration géométrique montre une capacité à progresser par questions sans simple transmission de réponse.\n\nLa seconde partie cherche des maîtres de vertu et observe que les responsables athéniens ne transmettent pas nécessairement leur excellence. La conclusion fait de l’opinion droite un guide possible mais instable. Le dialogue laisse ouverte la nature exacte de la vertu et le statut de son enseignement.",
    "historical_context": "Les manifestes du corpus ne suffisent pas encore à établir précisément le lieu et les circonstances de composition. Les images ci-dessous documentent le monde de l’auteur ou la transmission du texte. Elles ne prétendent pas montrer la scène exacte de son écriture.",
    "material_world_label": "Monde grec classique, Ve siècle av. J.-C.",
    "material_world": {
        "technology": "Le bronze, le fer, la céramique, les grues simples et la charpente navale soutiennent les villes. La force vient encore surtout des humains, des animaux, du vent et de l’eau.",
        "science": "Géométrie, astronomie, enquête sur la nature et argumentation rationnelle progressent, sans instruments de mesure modernes ni expérimentation standardisée.",
        "medicine": "Des praticiens observent symptômes, régime et saisons; sanctuaires et rites de guérison restent également fréquentés.",
        "transport": "La marche et les animaux dominent à terre. Les voiliers et les trières relient les îles, les ports et les colonies.",
        "agriculture": "Petites exploitations, céréales, vigne, olivier, chèvres et moutons structurent l’alimentation; les récoltes restent vulnérables au climat et à la guerre.",
        "communication": "La parole publique, les messagers et les lettres manuscrites portent les nouvelles. Théâtre, place civique et banquet sont des médias sociaux majeurs.",
        "clothing": "Femmes et hommes drapent laine ou lin en chitons, péplos et manteaux. Les vêtements sont attachés, ceinturés et adaptés au statut plutôt que taillés comme aujourd’hui."
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            "title": "Techniques, sciences et soins",
            "description": "Le bronze, le fer, la céramique, les grues simples et la charpente navale soutiennent les villes. La force vient encore surtout des humains, des animaux, du vent et de l’eau. Géométrie, astronomie, enquête sur la nature et argumentation rationnelle progressent, sans instruments de mesure modernes ni expérimentation standardisée. Des praticiens observent symptômes, régime et saisons; sanctuaires et rites de guérison restent également fréquentés."
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            "title": "Se déplacer et communiquer",
            "description": "La marche et les animaux dominent à terre. Les voiliers et les trières relient les îles, les ports et les colonies. La parole publique, les messagers et les lettres manuscrites portent les nouvelles. Théâtre, place civique et banquet sont des médias sociaux majeurs."
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            "title": "Cultiver et se nourrir",
            "description": "Petites exploitations, céréales, vigne, olivier, chèvres et moutons structurent l’alimentation; les récoltes restent vulnérables au climat et à la guerre."
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            "title": "S’habiller, femmes et hommes",
            "description": "Femmes et hommes drapent laine ou lin en chitons, péplos et manteaux. Les vêtements sont attachés, ceinturés et adaptés au statut plutôt que taillés comme aujourd’hui."
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            "text": "ΣΩ. τῶν ἐκείνου ποιημάτων λελυμένον μὲν ἐκτῆσθαι οὐ πολλῆς τινος ἄξιόν ἐστι τιμῆς, ὥσπερ δραπέτην ἄνθρωπον —οὐ γὰρ παραμένει—δεδεμένον δὲ πολλοῦ ἄξιον· πάνυ γὰρ καλὰ τὰ ἔργα ἐστίν. πρὸς τί οὖν δὴ λέγω ταῦτα; πρὸς τὰς δόξας τὰς ἀληθεῖς. καὶ γὰρ αἱ δόξαι αἱ ἀληθεῖς, ὅσον μὲν ἂν χρόνον παραμένωσιν, καλὸν τὸ χρῆμα καὶ πάντʼ ἀγαθὰ ἐργάζονται· πολὺν δὲ χρόνον οὐκ ἐθέλουσι παραμένειν, ἀλλὰ δραπετεύουσιν ἐκ τῆς ψυχῆς τοῦ ἀνθρώπου, ὥστε οὐ πολλοῦ ἄξιαί εἰσιν, ἕως ἄν τις αὐτὰς δήσῃ αἰτίας λογισμῷ. τοῦτο δʼ ἐστίν, ὦ Μένων ἑταῖρε, ἀνάμνησις, ὡς ἐν τοῖς πρόσθεν ἡμῖν ὡμολόγηται. ἐπειδὰν δὲ δεθῶσιν, πρῶτον μὲν ἐπιστῆμαι γίγνονται, ἔπειτα μόνιμοι· καὶ διὰ ταῦτα δὴ τιμιώτερον ἐπιστήμη ὀρθῆς δόξης ἐστίν, καὶ διαφέρει δεσμῷ ἐπιστήμη ὀρθῆς δόξης. ΜΕΝ. νὴ τὸν Δία, ὦ Σώκρατες, ἔοικεν τοιούτῳ τινί. ΣΩ. καὶ μὴν καὶ ἐγὼ ὡς οὐκ εἰδὼς λέγω, ἀλλὰ εἰκάζων· ὅτι δέ ἐστίν τι ἀλλοῖον ὀρθὴ δόξα καὶ ἐπιστήμη, οὐ πάνυ μοι δοκῶ τοῦτο εἰκάζειν, ἀλλʼ εἴπερ τι ἄλλο φαίην ἂν εἰδέναι—ὀλίγα δʼ ἂν φαίην—ἓν δʼ οὖν καὶ τοῦτο ἐκείνων θείην ἂν ὧν οἶδα. ΜΕΝ. καὶ ὀρθῶς γε, ὦ Σώκρατες, λέγεις. ΣΩ. τί δέ; τόδε οὐκ ὀρθῶς, ὅτι ἀληθὴς δόξα ἡγουμένη τὸ ἔργον ἑκάστης τῆς πράξεως οὐδὲν χεῖρον ἀπεργάζεται ἢ ἐπιστήμη; ΜΕΝ. καὶ τοῦτο δοκεῖς μοι ἀληθῆ λέγειν. ΣΩ. οὐδὲν ἄρα ὀρθὴ δόξα ἐπιστήμης χεῖρον οὐδὲ ἧττον ὠφελίμη ἔσται εἰς τὰς πράξεις, οὐδὲ ἁνὴρ ὁ ἔχων ὀρθὴν δόξαν ἢ ὁ ἐπιστήμην. ΜΕΝ. ἔστι ταῦτα. ΣΩ. καὶ μὴν ὅ γε ἀγαθὸς ἀνὴρ ὠφέλιμος ἡμῖν ὡμολόγηται εἶναι. ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. ἐπειδὴ τοίνυν οὐ μόνον διʼ ἐπιστήμην ἀγαθοὶ ἄνδρες ἂν εἶεν καὶ ὠφέλιμοι ταῖς πόλεσιν, εἴπερ εἶεν, ἀλλὰ καὶ διʼ ὀρθὴν δόξαν, τούτοιν δὲ οὐδέτερον φύσει ἐστὶν τοῖς ἀνθρώποις, οὔτε ἐπιστήμη οὔτε δόξα ἀληθής, οὔτʼ ἐπίκτητα—ἢ δοκεῖ σοι φύσει ὁποτερονοῦν αὐτοῖν εἶναι; ΜΕΝ. οὐκ ἔμοιγε. ΣΩ. οὐκοῦν ἐπειδὴ οὐ φύσει, οὐδὲ οἱ ἀγαθοὶ φύσει εἶεν ἄν. ΜΕΝ. οὐ δῆτα. ΣΩ. ἐπειδὴ δέ γε οὐ φύσει, ἐσκοποῦμεν τὸ μετὰ τοῦτο εἰ διδακτόν ἐστιν. ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. οὐκοῦν διδακτὸν ἔδοξεν εἶναι, εἰ φρόνησις ἡ ἀρετή; ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. κἂν εἴ γε διδακτὸν εἴη, φρόνησις ἂν εἶναι; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. καὶ εἰ μέν γε διδάσκαλοι εἶεν, διδακτὸν ἂν εἶναι, μὴ ὄντων δὲ οὐ διδακτόν; ΜΕΝ. οὕτω. ΣΩ. ἀλλὰ μὴν ὡμολογήκαμεν μὴ εἶναι αὐτοῦ διδασκάλους; ΜΕΝ. ἔστι ταῦτα. ΣΩ. ὡμολογήκαμεν ἄρα μήτε διδακτὸν αὐτὸ μήτε φρόνησιν εἶναι; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. ἀλλὰ μὴν ἀγαθόν γε αὐτὸ ὁμολογοῦμεν εἶναι; ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. ὠφέλιμον δὲ καὶ ἀγαθὸν εἶναι τὸ ὀρθῶς ἡγούμενον; ΜΕΝ. πάνυ γε.",
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            "text": "Soc. To possess one of his works which is let loose does not count for much in value; it will not stay with you any more than a runaway slave: but when fastened up it is worth a great deal, for his productions are very fine things And to what am I referring in all this? To true opinion. For these, so long as they stay with us, are a fine possession, and effect all that is good; but they do not care to stay for long, and run away out of the human soul, and thus are of no great value until one makes them fast with causal reasoning. And this process, friend Meno, is recollection, as in our previous talk we have agreed. But when once they are fastened, in the first place they turn into knowledge, and in the second, are abiding. And this is why knowledge is more prized than right opinion: the one transcends the other by its trammels. Men. Upon my word, Socrates, it seems to be very much as you say. Soc. And indeed I too speak as one who does not know but only conjectures: yet that there is a difference between right opinion and knowledge is not at all a conjecture with me but something I would particularly assert that I knew: there are not many things of which I would say that, but this one, at any rate, I will include among those that I know. Men. Yes, and you are right, Socrates, in so saying. Soc. Well, then, am I not right also in saying that true opinion leading the way renders the effect of each action as good as knowledge does? Men. There again, Socrates, I think you speak the truth. Soc. So that right opinion will be no whit inferior to knowledge in worth or usefulness as regards our actions, nor will the man who has right opinion be inferior to him who has knowledge. Men. That is so. Soc. And you know that the good man has been admitted by us to be useful. Men. Yes. Soc. Since then it is not only because of knowledge that men will be good and useful to their country, where such men are to be found, but also on account of right opinion; and since neither of these two things—knowledge and true opinion—is a natural property of mankind, being acquired—or do you think that either of them is natural? Men. Not I. Soc. Then if they are not natural, good people cannot be good by nature either. Men. Of course not. Soc. And since they are not an effect of nature, we next considered whether virtue can be taught. Men. Yes. Soc. And we thought it teachable if virtue is wisdom? Men. Yes. Soc. And if teachable, it must be wisdom? Men. Certainly. Soc. And if there were teachers, it could be taught, but if there were none, it could not? Men. Quite so. Soc. But surely we acknowledged that it had no teachers? Men. That is true. Soc. Then we acknowledged it neither was taught nor was wisdom? Men. Certainly. Soc. But yet we admitted it was a good? Men. Yes. Soc. And that which guides rightly is useful and good? Men. Certainly.",
            "translator": "Benjamin Jowett",
            "edition": "perseus-plato-meno-en",
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            "text": "[98a] d’avantages ; mais elles ne veulent guère demeurer longtemps, et elles s’échappent de l’âme de l’homme : en sorte qu’elles ne sont pas d’un grand prix, à moins qu’on ne les arrête en établissant entre elles le lien de la cause à l’effet. C’est, mon cher Menon, ce que nous avons appelé précédemment réminiscence. Ces opinions ainsi liées deviennent d’abord sciences, et alors demeurent stables. Voilà par où la science est plus précieuse que l’opinion vraie, et comment elle en diffère par l’enchaînement. MENON. Par Jupiter, il paraît bien, Socrate, que c’est quelque chose d’approchant. [98b] SOCRATE. Je n’en parle pas non plus comme un homme qui sait, mais je conjecture. Cependant lorsque je dis que l’opinion vraie est autre chose que la science, je ne pense pas tout-à-fait que ce soit là une conjecture. Si je pouvais dire de quelque chose que je la sais, et je l’oserais de bien peu de choses, j’assurerais que celle-ci est du nombre de celles que je sais. MENON. Tu as raison, Socrate. SOCRATE. Mais quoi ! n’ai-je pas encore raison quand je soutiens que si l’opinion vraie dirige une entreprise, elle ne l’exécutera pas moins bien que la science ? MENON. Je crois que tu dis vrai encore en cela. [98c] SOCRATE. Ainsi l’opinion vraie n’est ni inférieure à la science, ni moins utile par rapport aux actions ; et à cet égard celui qui a l’opinion vraie ne le cède point à celui qui a la science. MENON. J’en conviens. SOCRATE. Or nous sommes convenus que l’homme vertueux est utile. MENON. Oui. SOCRATE. Par conséquent, puisque les hommes vertueux et utiles aux états, s’il y en a, sont tels non seulement par la science, mais aussi par l’opinion vraie, et que ni l’une ni l’autre, [98d] ni la science ni l’opinion vraie, ne sont un présent de la nature, que d’ailleurs elles ne peuvent s’acquérir… ou bien, crois-tu que l’une ou l’autre soit un présent de la nature ? MENON. Je ne le pense pas. SOCRATE. En ce cas, les hommes vertueux ne sont donc pas tels par nature ? MENON. Non sans doute. SOCRATE. La vertu n’étant point naturelle à l’homme, nous avons examiné ensuite si elle pouvait s’enseigner. MENON. Oui. SOCRATE. N’avons-nous pas jugé qu’elle pouvait s’enseigner, à la condition qu’elle fût la même chose que la science ? MENON. Oui. SOCRATE. Et qu’elle était la même chose que la science, à la condition qu’elle pût s’enseigner ? MENON. Oui. [98e] SOCRATE. Et que s’il y avait dés maîtres de vertu, elle pouvait s’enseigner ; que s’il n’y en avait point, elle ne le pouvait pas ? MENON. Oui. SOCRATE. Or, nous sommes convenus qu’il n’y a point de maîtres de vertu. MENON. Cela est vrai. SOCRATE. Nous avons reconnu par conséquent qu’elle ne peut s’enseigner et qu’elle n’est point la science. MENON. Oui. SOCRATE. Mais nous sommes tombés d’accord qu’elle est un bien. MENON. Oui. SOCRATE. Et que ce qui dirige bien est bon et utile. MENON. Oui.",
            "translator": "Victor Cousin",
            "edition": "wikisource-cousin-meno-fr-01",
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