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Platon

Socrate dans le Ménon de Platon Passage 88

Passage 19 sur 31

Référence canonique 88

Grec ancien

perseus-plato-meno-grc

ΣΩ. ταὐτὰ δὲ ταῦτά φαμεν ἐνίοτε καὶ βλάπτειν· ἢ σὺ ἄλλως φῂς ἢ οὕτως; ΜΕΝ. οὐκ, ἀλλʼ οὕτως. ΣΩ. σκόπει δή, ὅταν τί ἑκάστου τούτων ἡγῆται, ὠφελεῖ ἡμᾶς, καὶ ὅταν τί, βλάπτει; ἆρʼ οὐχ ὅταν μὲν ὀρθὴ χρῆσις, ὠφελεῖ, ὅταν δὲ μή, βλάπτει; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. ἔτι τοίνυν καὶ τὰ κατὰ τὴν ψυχὴν σκεψώμεθα. σωφροσύνην τι καλεῖς καὶ δικαιοσύνην καὶ ἀνδρείαν καὶ εὐμαθίαν καὶ μνήμην καὶ μεγαλοπρέπειαν καὶ πάντα τὰ τοιαῦτα; ΜΕΝ. ἔγωγε. ΣΩ. σκόπει δή, τούτων ἅττα σοι δοκεῖ μὴ ἐπιστήμη εἶναι ἀλλʼ ἄλλο ἐπιστήμης, εἰ οὐχὶ τοτὲ μὲν βλάπτει, τοτὲ δὲ ὠφελεῖ; οἷον ἀνδρεία, εἰ μὴ ἔστι φρόνησις ἡ ἀνδρεία ἀλλʼ οἷον θάρρος τι· οὐχ ὅταν μὲν ἄνευ νοῦ θαρρῇ ἄνθρωπος, βλάπτεται, ὅταν δὲ σὺν νῷ, ὠφελεῖται; ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. οὐκοῦν καὶ σωφροσύνη ὡσαύτως καὶ εὐμαθία· μετὰ μὲν νοῦ καὶ μανθανόμενα καὶ καταρτυόμενα ὠφέλιμα, ἄνευ δὲ νοῦ βλαβερά; ΜΕΝ. πάνυ σφόδρα. ΣΩ. οὐκοῦν συλλήβδην πάντα τὰ τῆς ψυχῆς ἐπιχειρήματα καὶ καρτερήματα ἡγουμένης μὲν φρονήσεως εἰς εὐδαιμονίαν τελευτᾷ, ἀφροσύνης δʼ εἰς τοὐναντίον; ΜΕΝ. ἔοικεν. ΣΩ. εἰ ἄρα ἀρετὴ τῶν ἐν τῇ ψυχῇ τί ἐστιν καὶ ἀναγκαῖον αὐτῷ ὠφελίμῳ εἶναι, φρόνησιν αὐτὸ δεῖ εἶναι, ἐπειδήπερ πάντα τὰ κατὰ τὴν ψυχὴν αὐτὰ μὲν καθʼ αὑτὰ οὔτε ὠφέλιμα οὔτε βλαβερά ἐστιν, προσγενομένης δὲ φρονήσεως ἢ ἀφροσύνης βλαβερά τε καὶ ὠφέλιμα γίγνεται. κατὰ δὴ τοῦτον τὸν λόγον ὠφέλιμόν γε οὖσαν τὴν ἀρετὴν φρόνησιν δεῖ τινʼ εἶναι. ΜΕΝ. ἔμοιγε δοκεῖ. ΣΩ. καὶ μὲν δὴ καὶ τἆλλα ἃ νυνδὴ ἐλέγομεν, πλοῦτόν τε καὶ τὰ τοιαῦτα, τοτὲ μὲν ἀγαθὰ τοτὲ δὲ βλαβερὰ εἶναι, ἆρα οὐχ ὥσπερ τῇ ἄλλῃ ψυχῇ ἡ φρόνησις ἡγουμένη ὠφέλιμα τὰ τῆς ψυχῆς ἐποίει, ἡ δὲ ἀφροσύνη βλαβερά, οὕτως αὖ καὶ τούτοις ἡ ψυχὴ ὀρθῶς μὲν χρωμένη καὶ ἡγουμένη ὠφέλιμα αὐτὰ ποιεῖ, μὴ ὀρθῶς δὲ βλαβερά; ΜΕΝ. πάνυ γε. ΣΩ. ὀρθῶς δέ γε ἡ ἔμφρων ἡγεῖται, ἡμαρτημένως δʼ ἡ ἄφρων; ΜΕΝ. ἔστι ταῦτα.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en

Soc. But these same things, we admit, actually harm us at times; or do you dispute that statement? Men. No, I agree. Soc. Consider now, what is the guiding condition in each case that makes them at one time profitable, and at another harmful. Are they not profitable when the use of them is right, and harmful when it is not? Men. To be sure. Soc. Then let us consider next the goods of the soul: by these you understand temperance, justice, courage, intelligence, memory, magnanimity, and so forth? Men. Yes. Soc. Now tell me; such of these as you think are not knowledge, but different from knowledge - do they not sometimes harm us, and sometimes profit us? For example, courage, if it is courage apart from prudence, and only a sort of boldness: when a man is bold without sense, he is harmed; but when he has sense at the same time, he is profited, is he not? Men. Yes. Soc. And the same holds of temperance and intelligence: things learnt and coordinated with the aid of sense are profitable, but without sense they are harmful? Men. Most certainly. Soc. And in brief, all the undertakings and endurances of the soul, when guided by wisdom, end in happiness, but when folly guides, in the opposite? Men. So it seems. Soc. Then if virtue is something that is in the soul, and must needs be profitable, it ought to be wisdom, seeing that all the properties of the soul are in themselves neither profitable nor harmful, but are made either one or the other by the addition of wisdom or folly; and hence, by this argument, virtue being profitable must be a sort of wisdom. Men. I agree. Soc. Then as to the other things, wealth and the like, that we mentioned just now as being sometimes good and sometimes harmful - are not these also made profitable or harmful by the soul according as she uses and guides them rightly or wrongly: just as, in the case of the soul generally, we found that the guidance of wisdom makes profitable the properties of the soul, while that of folly makes them harmful? Men. Certainly. Soc. And the wise soul guides rightly, and the foolish erroneously? Men. That is so.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-02

[88a] n’est-il pas vrai ? MENON. Oui. SOCRATE. Nous disons aussi que ces mêmes choses sont quelquefois nuisibles. Es-tu d’un autre sentiment ? MENON. Non : je pense de même. SOCRATE. Vois en vertu de quoi toutes ces choses nous sont utiles, et en vertu de quoi elles sont nuisibles. Ne sont-elles point utiles, lorsqu’on en fait un bon usage, et nuisibles, lorsqu’on en fait un mauvais ? MENON. Assurément. SOCRATE. Considérons maintenant les qualités de l’âme. N’est-il point des qualités que tu appelles tempérance, justice, courage, facilité d’apprendre, mémoire, générosité, et ainsi [88b] du reste ? MENON. Oui. SOCRATE. Vois entre ces qualités celles qui te paraissent indépendantes de la science. Ne sont-elles pas tantôt nuisibles, tantôt avantageuses ? Le courage, par exemple, lorsqu’il est destitué de sagesse, et qu’il est simplement de l’audace. N’est-il pas vrai que, quand on est hardi sans sagesse, cela tourne à notre préjudice ; et au contraire à notre avantage, quand la sagesse accompagne la hardiesse ? MENON. Oui. SOCRATE. N’en est-il pas ainsi de la tempérance et de la facilité d’apprendre, qui sont utiles, lorsqu’on les applique et les met en œuvre avec sagesse, et nuisibles, lorsqu’on en use sans sagesse ? MENON. Oui [88c] certes. SOCRATE. N’est-il pas vrai, en général, à l’égard de l’énergie et de la patience, que quand la sagesse y préside, elles contribuent à notre bonheur ; et à notre malheur, quand la sagesse ne les gouverne pas ? MENON. Cela est vraisemblable. SOCRATE. Si donc la vertu est une qualité de l’âme, et si elle doit être utile, il faut qu’elle soit de la sagesse ; car puisque toutes les autres qualités de l’âme ne sont par elles-mêmes ni utiles ni nuisibles, mais qu’elles deviennent l’un ou l’autre, selon que la sagesse [88d] ou la folie s’y joignent, il en résulte que la vertu, étant utile, doit être de la sagesse. MENON. Je le pense. SOCRATE. Et par rapport aux autres choses, telles que la richesse et les autres semblables, que nous disions être tantôt utiles et tantôt nuisibles, ne conviens-tu pas que, comme la sagesse, lorsqu’elle est à la tête des autres qualités de l’âme, les rend utiles, et la folie, nuisibles ; ainsi [88e] l’âme rend ces autres choses utiles, quand elle en use et les gouverne bien, et nuisibles, quand elle s’en sert mal ? MENON. Sans contredit. SOCRATE. Or l’âme sage gouverne bien, et l’âme folle gouverne mal. MENON. Cela est vrai. SOCRATE. Par conséquent ne peut-on pas dire en général que, pour être un bien, tout ce qui est au pouvoir de l’homme doit être soumis à l’âme,

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