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Platon

Socrate dans le Ménon de Platon Passage 91

Passage 22 sur 31

Référence canonique 91

Grec ancien

perseus-plato-meno-grc

ΣΩ. καλῶς λέγεις. νῦν τοίνυν ἔξεστί σε μετʼ ἐμοῦ κοινῇ βουλεύεσθαι περὶ τοῦ ξένου τουτουῒ Μένωνος. οὗτος γάρ, ὦ Ἄνυτε, πάλαι λέγει πρός με ὅτι ἐπιθυμεῖ ταύτης τῆς σοφίας καὶ ἀρετῆς ᾗ οἱ ἄνθρωποι τάς τε οἰκίας καὶ τὰς πόλεις καλῶς διοικοῦσι, καὶ τοὺς γονέας τοὺς αὑτῶν θεραπεύουσι, καὶ πολίτας καὶ ξένους ὑποδέξασθαί τε καὶ ἀποπέμψαι ἐπίστανται ἀξίως ἀνδρὸς ἀγαθοῦ. ταύτην οὖν τὴν ἀρετὴν σκόπει παρὰ τίνας ἂν πέμποντες αὐτὸν ὀρθῶς πέμποιΜΕΝ. ἢ δῆλον δὴ κατὰ τὸν ἄρτι λόγον ὅτι παρὰ τούτους τοὺς ὑπισχνουμένους ἀρετῆς διδασκάλους εἶναι καὶ ἀποφήναντας αὑτοὺς κοινοὺς τῶν Ἑλλήνων τῷ βουλομένῳ μανθάνειν, μισθὸν τούτου ταξαμένους τε καὶ πραττομένους; ΑΝ. καὶ τίνας λέγεις τούτους, ὦ Σώκρατες; ΣΩ. οἶσθα δήπου καὶ σὺ ὅτι οὗτοί εἰσιν οὓς οἱ ἄνθρωποι καλοῦσι σοφιστάς. ΑΝ. Ἡράκλεις, εὐφήμει, ὦ Σώκρατες. μηδένα τῶν γʼ ἐμῶν μήτε οἰκείων μήτε φίλων, μήτε ἀστὸν μήτε ξένον, τοιαύτη μανία λάβοι, ὥστε παρὰ τούτους ἐλθόντα λωβηθῆναι, ἐπεὶ οὗτοί γε φανερά ἐστι λώβη τε καὶ διαφθορὰ τῶν συγγιγνομένων. ΣΩ. πῶς λέγεις, ὦ Ἄνυτε; οὗτοι ἄρα μόνοι τῶν ἀντιποιουμένων τι ἐπίστασθαι εὐεργετεῖν τοσοῦτον τῶν ἄλλων διαφέρουσιν, ὅσον οὐ μόνον οὐκ ὠφελοῦσιν, ὥσπερ οἱ ἄλλοι, ὅτι ἄν τις αὐτοῖς παραδῷ, ἀλλὰ καὶ τὸ ἐναντίον διαφθείρουσιν; καὶ τούτων φανερῶς χρήματα ἀξιοῦσι πράττεσθαι; ἐγὼ μὲν οὖν οὐκ ἔχω ὅπως σοι πιστεύσω· οἶδα γὰρ ἄνδρα ἕνα Πρωταγόραν πλείω χρήματα κτησάμενον ἀπὸ ταύτης τῆς σοφίας ἢ Φειδίαν τε, ὃς οὕτω περιφανῶς καλὰ ἔργα ἠργάζετο, καὶ ἄλλους δέκα τῶν ἀνδριαντοποιῶν. καίτοι τέρας λέγεις εἰ οἱ μὲν τὰ ὑποδήματα ἐργαζόμενοι τὰ παλαιὰ καὶ τὰ ἱμάτια ἐξακούμενοι οὐκ ἂν δύναιντο λαθεῖν τριάκονθʼ ἡμέρας μοχθηρότερα ἀποδιδόντες ἢ παρέλαβον τὰ ἱμάτιά τε καὶ ὑποδήματα, ἀλλʼ εἰ τοιαῦτα ποιοῖεν, ταχὺ ἂν τῷ λιμῷ ἀποθάνοιεν, Πρωταγόρας δὲ ἄρα ὅλην τὴν Ἑλλάδα ἐλάνθανεν διαφθείρων τοὺς συγγιγνομένους καὶ μοχθηροτέρους ἀποπέμπων ἢ παρελάμβανεν πλέον ἢ τετταράκοντα ἔτη - οἶμαι γὰρ αὐτὸν ἀποθανεῖν ἐγγὺς καὶ ἑβδομήκοντα ἔτη γεγονότα, τετταράκοντα δὲ ἐν τῇ τέχνῃ ὄντα -

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en

Soc. Quite right. And now there is an opportunity of your joining me in a consultation on my friend Meno here. He has been declaring to me ever so long, Anytus, that he desires to have that wisdom and virtue whereby men keep their house or their city in good order, and honor their parents, and know when to welcome and when to speed citizens and strangers as befits a good man. Now tell me, to whom ought we properly to send him for lessons in this virtue? Or is it clear enough, from our argument just now, that he should go to these men who profess to be teachers of virtue and advertise themselves as the common teachers of the Greeks, and are ready to instruct anyone who chooses in return for fees charged on a fixed scale? An. To whom are you referring, Socrates? Soc. Surely you know as well as anyone; they are the men whom people call sophists. An. For heaven’s sake hold your tongue, Socrates! May no kinsman or friend of mine, whether of this city or another, be seized with such madness as to let himself be infected with the company of those men; for they are a manifest plague and corruption to those who frequent them. Soc. What is this, Anytus? Of all the people who set up to understand how to do us good, do you mean to single out these as conveying not merely no benefit, such as the rest can give, but actually corruption to anyone placed in their hands? And is it for doing this that they openly claim the payment of fees? For my part I cannot bring myself to believe you; for I know of one man, Protagoras, who amassed more money by his craft than Pheidias - so famous for the noble works he produced - or any ten other sculptors. And yet how surprising that menders of old shoes and furbishers of clothes should not be able to go undetected thirty days if they should return the clothes or shoes in worse condition than they received them, and that such doings on their part would quickly starve them to death, while for more than forty years all Greece failed to notice that Protagoras was corrupting his classes and sending his pupils away in a worse state than when he took charge of them! For I believe he died about seventy years old, forty of which he spent in the practice of his art;

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-02

[91a] au sujet de ton hôte Menon. Voilà déjà longtemps, Anytus, qu’il me témoigne un grand désir d’acquérir cette sagesse et cette vertu par laquelle les hommes gouvernent bien leur famille et leur patrie, rendent à leurs parents les soins qui leur sont dus, et savent recevoir et congédier leurs concitoyens et les étrangers d’une manière digne d’un homme de bien. Vois chez qui il est à propos que nous l’envoyions pour apprendre cette [91b] vertu. N’est-il pas évident, sur ce que nous disions tout à l’heure, que ce doit être chez ceux qui font profession d’enseigner la vertu, et se proposent publiquement pour maîtres à tous les Grecs qui voudront l’apprendre, fixant pour cela un salaire qu’ils exigent de leurs disciples ? ANYTUS. Et quels sont ces gens-là, Socrate ? SOCRATE. Tu sais sans doute comme moi que ce sont ceux qu’on appelle sophistes. [91c] ANYTUS. Par Hercule ! parle mieux, Socrate. Que personne de mes parents, de mes alliés, de mes amis, soit concitoyens, soit étrangers, ne soit jamais assez insensé pour aller se gâter auprès de ces gens-là. Ils sont manifestement la peste et le fléau de tous ceux qui les fréquentent. SOCRATE. Que dis-tu là, Anytus ? Quoi ! parmi ceux qui font profession d’être utiles aux hommes, les sophistes seuls diffèrent des autres en ce que non seulement ils ne rendent pas meilleur ce qu’on leur confie, comme font les autres, mais encore ils le rendent pire ? [91d] Et ils osent exiger de l’argent pour cela ? En vérité je ne sais comment t’ajouter foi. Car je connais un homme, c’est Protagoras, qui a plus amassé d’argent au métier de sophiste, que Phidias dont nous avons de si beaux ouvrages, et dix autres statuaires avec lui. Cependant ce que tu dis est bien étrange. Quoi ! tandis que ceux qui rapetassent les vieux souliers et raccommodent les vieux habits, ne sauraient les rendre en plus mauvais état qu’ils les ont reçus, sans qu’on s’en aperçoive au plus tard au bout de trente [91e] jours, et ne tarderaient guère à mourir de faim ; Protagoras a corrompu ceux qui le fréquentaient, et les a renvoyés plus mauvais d’auprès de lui qu’ils n’étaient venus, sans que toute la Grèce en ait eu le moindre soupçon, et cela pendant plus de quarante ans ; car il est mort âgé, je pense, d’environ soixante-dix ans, après en avoir passé quarante dans l’exercice de sa profession ; et durant tout ce temps-là jusqu’à ce jour, il n’a cessé de jouir d’une grande réputation. Et non seulement Protagoras,

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