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Platon
Socrate dans le Protagoras de Platon Passage 336
Passage 28 sur 54
Référence canonique 336
Grec ancien
perseus-plato-protagoras-grc
ΣΩ. νῦν δʼ ἐστὶν ὥσπερ ἂν εἰ δέοιό μου Κρίσωνι τῷ Ἱμεραίῳ δρομεῖ ἀκμάζοντι ἕπεσθαι, ἢ τῶν δολιχοδρόμων τῳ ἢ τῶν ἡμεροδρόμων διαθεῖν τε καὶ ἕπεσθαι, εἴποιμι ἄν σοι ὅτι πολὺ σοῦ μᾶλλον ἐγὼ ἐμαυτοῦ δέομαι θέουσιν τούτοις ἀκολουθεῖν, ἀλλʼ οὐ γὰρ δύναμαι, ἀλλʼ εἴ τι δέῃ θεάσασθαι ἐν τῷ αὐτῷ ἐμέ τε καὶ Κρίσωνα θέοντας, τούτου δέου συγκαθεῖναι· ἐγὼ μὲν γὰρ οὐ δύναμαι ταχὺ θεῖν, οὗτος δὲ δύναται βραδέως. εἰ οὖν ἐπιθυμεῖς ἐμοῦ καὶ Πρωταγόρου ἀκούειν, τούτου δέου, ὥσπερ τὸ πρῶτόν μοι ἀπεκρίνατο διὰ βραχέων τε καὶ αὐτὰ τὰ ἐρωτώμενα, οὕτω καὶ νῦν ἀποκρίνεσθαι· εἰ δὲ μή, τίς ὁ τρόπος ἔσται τῶν διαλόγων; χωρὶς γὰρ ἔγωγʼ ᾤμην εἶναι τὸ συνεῖναί τε ἀλλήλοις διαλεγομένους καὶ τὸ δημηγορεῖν. ἀλλʼ - ὁρᾷς; - ἔφη, ὦ Σώκρατες, δίκαια δοκεῖ λέγειν Πρωταγόρας ἀξιῶν αὑτῷ τε ἐξεῖναι διαλέγεσθαι ὅπως βούλεται, καὶ σὺ ὅπως ἂν αὖ σὺ βούλῃ. ὑπολαβὼν οὖν ὁ Ἀλκιβιάδης, οὐ καλῶς λέγεις, ἔφη, ὦ Καλλία· Σωκράτης μὲν γὰρ ὅδε ὁμολογεῖ μὴ μετεῖναί οἱ μακρολογίας καὶ παραχωρεῖ Πρωταγόρᾳ, τοῦ δὲ διαλέγεσθαι οἷός τʼ εἶναι καὶ ἐπίστασθαι λόγον τε δοῦναι καὶ δέξασθαι θαυμάζοιμʼ ἂν εἴ τῳ ἀνθρώπων παραχωρεῖ. εἰ μὲν οὖν καὶ Πρωταγόρας ὁμολογεῖ φαυλότερος εἶναι Σωκράτους διαλεχθῆναι, ἐξαρκεῖ Σωκράτει· εἰ δὲ ἀντιποιεῖται, διαλεγέσθω ἐρωτῶν τε καὶ ἀποκρινόμενος, μὴ ἐφʼ ἑκάστῃ ἐρωτήσει μακρὸν λόγον ἀποτείνων, ἐκκρούων τοὺς λόγους καὶ οὐκ ἐθέλων διδόναι λόγον, ἀλλʼ ἀπομηκύνων ἕως ἂν ἐπιλάθωνται περὶ ὅτου τὸ ἐρώτημα ἦν οἱ πολλοὶ τῶν ἀκουόντων· ἐπεὶ Σωκράτη γε ἐγὼ ἐγγυῶμαι μὴ ἐπιλήσεσθαι, οὐχ ὅτι παίζει καί φησιν ἐπιλήσμων εἶναι. ἐμοὶ μὲν οὖν δοκεῖ ἐπιεικέστερα Σωκράτης λέγειν· χρὴ γὰρ ἕκαστον τὴν ἑαυτοῦ γνώμην ἀποφαίνεσθαι. μετὰ δὲ τὸν Ἀλκιβιάδην, ὡς ἐγᾦμαι, Κριτίας ἦν ὁ εἰπών· ὦ Πρόδικε καὶ Ἱππία, Καλλίας μὲν δοκεῖ μοι μάλα πρὸς Πρωταγόρου εἶναι, Ἀλκιβιάδης δὲ ἀεὶ φιλόνικός ἐστι πρὸς ὃ ἂν ὁρμήσῃ· ἡμᾶς δὲ οὐδὲν δεῖ συμφιλονικεῖν οὔτε Σωκράτει οὔτε Πρωταγόρᾳ, ἀλλὰ κοινῇ ἀμφοτέρων δεῖσθαι μὴ μεταξὺ διαλῦσαι τὴν συνουσίαν.
Anglais
Benjamin Jowett · perseus-plato-protagoras-en
Soc. but I am afraid it is as though you asked me to keep pace with Criso the runner of Himera in his prime, or to keep up in a match with one of the long-distance or day-course racers, and I could only tell you that I wish that of myself, without your asking, I could keep pace with such runners, but of course I cannot. If you want to have the spectacle of Criso and me running together, you must ask him to adapt his pace; for whereas I cannot run fast, he can run slowly. So if you desire to hear Protagoras and me, ask him to resume the method of answering which he used at first - in short sentences and keeping to the point raised. Otherwise what is to be our mode of discussion? For I thought that to hold a joint discussion and to make a harangue were two distinct things. Ah, but you see, Socrates, he said, Protagoras thinks it only fair to claim that he be allowed to discuss in his chosen style, in return for your claim that it should be in yours. At this Alcibiades intervened, saying: You do not state it quite philosophically, Callias, for Socrates here confesses he is no hand at long discourses, and yields therein to Protagoras; but I should be surprised if he yields to any man in ability to argue, or in understanding the interchange of reason. Now if Protagoras confesses himself inferior to Socrates in argumentation, Socrates has no more to ask: but if he challenges him, let him discuss by question and answer; not spinning out a lecture on each question - beating off the arguments, refusing to give a reason, and so dilating until most of his hearers have forgotten the point at issue. For Socrates, I warrant you, will not forget, despite his jesting way of calling himself forgetful. Now I think Socrates’ proposal is the more equitable - for each of us should declare his personal opinion. After Alcibiades, the next, I believe, to speak was Critias: Prodicus and Hippias, he said, it seems to me that Callias is all for supporting Protagoras, while Alcibiades is always for a contest in anything he takes up. It is not for us to contend on either side for Socrates or for Protagoras, but jointly to request them both not to break off our conference unconcluded.
Français
Victor Cousin · wikisource-cousin-protagoras-fr-01
[336a] je m’excite moi-même, beaucoup plus que tu ne fais, à courir aussi vite qu’eux, mais que cela passe mes forces, et que si tu veux me voir courir à côté de Crison dans la même carrière, tu dois le prier de se proportionner à moi, parce qu’il peut courir lentement, et que je ne saurais courir vite. Si donc tu souhaites m’entendre discuter avec Protagoras, engage-le à continuer de me répondre comme il a fait d’abord, en peu de mots et précisément. [336b] Sans cela, que serait-ce que la conversation ? j’avais toujours cru que s’entretenir familièrement, et faire des harangues, sont deux choses tout-à-fait différentes. Cependant, Socrate, ajouta Callias, tu le vois, la proposition que fait Protagoras paraît raisonnable : il demande qu’il lui soit permis de discourir comme il lui plaît, et il te laisse la même liberté. Callias, ce que tu dis là n’est pas juste, dit Alcibiade en prenant la parole. Socrate convient qu’il n’a pas le talent de parler long-temps de suite, et il le cède en ce point à Protagoras ; mais pour ce qui est de converser, [336c] et de savoir répondre et interroger, je serais bien surpris s’il le cédait en cela à aucun homme. Si Protagoras veut reconnaître qu’il est inférieur à Socrate dans la conversation, Socrate n’en demande pas davantage ; mais s’il prétend le lui disputer, qu’il converse par manière d’interrogation et de réponse, et qu’il ne fasse pas un long discours à chaque question qu’on lui propose, éludant ainsi les argumens, refusant [336d] de rendre raison, et tirant les choses en longueur, jusqu’à ce que la plupart des assistans aient perdu de vue l’état de la question. Pour Socrate, je réponds qu’il ne l’oubliera pas ; et, lorsqu’il dit qu’il n’a point de mémoire, c’est un badinage. Il me paraît donc, puisqu’il faut que chacun dise son avis, que la proposition de Socrate est plus équitable. Après Alcibiade, Critias, je crois, parla de la sorte : Hippias et Prodicus, il me semble que Callias est trop porté pour [336e] Protagoras : quant à Alcibiade, il défend toujours avec chaleur le parti qu’il a embrassé. Mais nous, il ne faut pas nous échauffer les uns contre les autres, en nous déclarant soit pour Socrate, soit pour Protagoras ; il faut nous joindre ensemble pour les conjurer de ne pas rompre l’entretien.
Concepts de ce passage
Colère
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Soin de l’âme
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Désir
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Examen réfutatif
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Éther et champ
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Foi
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Famille
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Liberté
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Amitié
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Justice
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Mémoire
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Messie
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Attention
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Mode
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Éros philosophique
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Prière
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Raison
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Rôles et relations
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Péché
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Temps
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Guerre et paix
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