Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Platon

Socrate dans le Protagoras de Platon Passage 348

Passage 40 sur 54

Référence canonique 348

Grec ancien

perseus-plato-protagoras-grc

ΣΩ. ἀλλὰ τὰς μὲν τοιαύτας συνουσίας ἐῶσιν χαίρειν, αὐτοὶ δʼ ἑαυτοῖς σύνεισιν διʼ ἑαυτῶν, ἐν τοῖς ἑαυτῶν λόγοις πεῖραν ἀλλήλων λαμβάνοντες καὶ διδόντες. τοὺς τοιούτους μοι δοκεῖ χρῆναι μᾶλλον μιμεῖσθαι ἐμέ τε καὶ σέ, καταθεμένους τοὺς ποιητὰς αὐτοὺς διʼ ἡμῶν αὐτῶν πρὸς ἀλλήλους τοὺς λόγους ποιεῖσθαι, τῆς ἀληθείας καὶ ἡμῶν αὐτῶν πεῖραν λαμβάνοντας· κἂν μὲν βούλῃ ἔτι ἐρωτᾶν, ἕτοιμός εἰμί σοι παρέχειν ἀποκρινόμενος· ἐὰν δὲ βούλῃ, σὺ ἐμοὶ παράσχες, περὶ ὧν μεταξὺ ἐπαυσάμεθα διεξιόντες, τούτοις τέλος ἐπιθεῖναι. λέγοντος οὖν ἐμοῦ ταῦτα καὶ τοιαῦτα ἄλλα οὐδὲν ἀπεσάφει ὁ Πρωταγόρας ὁπότερα ποιήσοι. εἶπεν οὖν ὁ Ἀλκιβιάδης πρὸς τὸν Καλλίαν βλέψας, ὦ Καλλία, δοκεῖ σοι, ἔφη, καὶ νῦν καλῶς Πρωταγόρας ποιεῖν, οὐκ ἐθέλων εἴτε δώσει λόγον εἴτε μὴ διασαφεῖν; ἐμοὶ γὰρ οὐ δοκεῖ· ἀλλʼ ἤτοι διαλεγέσθω ἢ εἰπέτω ὅτι οὐκ ἐθέλει διαλέγεσθαι, ἵνα τούτῳ μὲν ταῦτα συνειδῶμεν, Σωκράτης δὲ ἄλλῳ τῳ διαλέγηται ἢ ἄλλος ὅστις ἂν βούληται ἄλλῳ. καὶ ὁ Πρωταγόρας αἰσχυνθείς, ὥς γέ μοι ἔδοξεν, τοῦ τε Ἀλκιβιάδου ταῦτα λέγοντος καὶ τοῦ Καλλίου δεομένου καὶ τῶν ἄλλων σχεδόν τι τῶν παρόντων, μόγις προυτράπετο εἰς τὸ διαλέγεσθαι καὶ ἐκέλευεν ἐρωτᾶν αὑτὸν ὡς ἀποκρινούμενος. εἶπον δὴ ἐγώ· ὦ Πρωταγόρα, μὴ οἴου διαλέγεσθαί μέ σοι ἄλλο τι βουλόμενον ἢ ἃ αὐτὸς ἀπορῶ ἑκάστοτε, ταῦτα διασκέψασθαι. ἡγοῦμαι γὰρ πάνυ λέγειν τι τὸν Ὅμηρον τὸ - σύν τε δύʼ ἐρχομένω, καί τε πρὸ ὃ τοῦ ἐνόησεν. ηομ. ιλ. 10.224 εὐπορώτεροι γάρ πως ἅπαντές ἐσμεν οἱ ἄνθρωποι πρὸς ἅπαν ἔργον καὶ λόγον καὶ διανόημα· μοῦνος δʼ εἴπερ τε νοήσῃ , αὐτίκα περιιὼν ζητεῖ ὅτῳ ἐπιδείξηται καὶ μεθʼ ὅτου βεβαιώσηται, ἕως ἂν ἐντύχῃ. ὥσπερ καὶ ἐγὼ ἕνεκα τούτου σοὶ ἡδέως διαλέγομαι μᾶλλον ἢ ἄλλῳ τινί, ἡγούμενός σε βέλτιστʼ ἂν ἐπισκέψασθαι καὶ περὶ τῶν ἄλλων περὶ ὧν εἰκὸς σκοπεῖσθαι τὸν ἐπιεικῆ, καὶ δὴ καὶ περὶ ἀρετῆς. τίνα γὰρ ἄλλον ἢ σέ; ὅς γε οὐ μόνον αὐτὸς οἴει καλὸς κἀγαθὸς εἶναι, ὥσπερ τινὲς ἄλλοι αὐτοὶ μὲν ἐπιεικεῖς εἰσιν, ἄλλους δὲ οὐ δύνανται ποιεῖν·

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-protagoras-en

Soc. No, this sort of meeting is avoided by men of culture, who prefer to converse directly with each other, and to use their own way of speech in putting one another by turns to the test. It is this sort of person that I think you and I ought rather to imitate; putting the poets aside, let us hold our discussion together in our own persons, making trial of the truth and of ourselves. So if you wish to question me further, I am at your service as answerer; but if you like, put yourself at my service, so that we may clear up the several points of the inquiry in which we stopped half-way. On my saying this and something more of the sort, Protagoras gave no indication as to which course he would take. So Alcibiades, looking at Callias, said: Do you consider, Callias, that Protagoras is behaving properly now in refusing to signify whether he will or will not answer? I do not think he is. Let him either debate or say that he does not want to debate, so that we may have this understanding with him; then Socrates can debate with someone else, or another of us with some other, as may be agreed. Then Protagoras was ashamed, as it seemed to me, at these words of Alcibiades, and the more so when Callias requested him, together with almost the whole of the company; and so he reluctantly prevailed on himself to take up the debate, and asked to have questions put to him, since he was ready to answer. So I proceeded to say - Protagoras, do not suppose that I have any other desire in debating with you than to examine the difficulties which occur to myself at each point. For I hold that there is a good deal in what Homer says - When two go together, one observes before the other; Hom. Il. 10.224. for somehow it makes all of us human beings more resourceful in every deed or word or thought; but if one observes something alone, forthwith one has to go about searching until one discovers somebody to whom one can show it off and who can corroborate it. And I also have my reason for being glad to debate with you rather than with anyone else; it is that I regard you as the best person to investigate in general any matters that a sensible man may be expected to examine, and virtue in particular. Whom else should I choose but you? Not only do you consider yourself a worthy gentleman, like sundry other people, who are sensible enough themselves, but cannot make others so;

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-protagoras-fr-01

[348a] les conversations de cette nature, ils s’entretiennent ensemble par eux-mêmes, et c’est par leurs propres discours qu’ils donnent et reçoivent mutuellement des preuves de leur capacité. Voilà ceux qu’il nous convient plutôt, ce me semble, d’imiter toi et moi, Protagoras, mettant de côté les poètes, tirant nos discours de notre propre fonds, et cherchant ainsi à connaître et la vérité et nos forces. Si tu veux continuer à m’interroger, je suis prêt à te répondre ; si tu l’aimes mieux, réponds-moi sur le sujet que nous avons interrompu, et terminons cette matière. [348b] Comme je disais ces paroles et d’autres semblables, Protagoras ne voulait point déclarer nettement quel parti il prendrait. Alcibiade se tournant donc du côté de Callias, lui dit, Callias, approuves-tu encore maintenant Protagoras, qui ne veut pas dire clairement s’il répondra ou non ? pour moi, je ne l’approuve point. Qu’il continue l’entretien, ou qu’il déclare qu’il y renonce afin que nous sachions à quoi nous en tenir sur son compte, et que Socrate s’entretienne avec un autre, ou quelqu’un des assistans avec celui qu’il lui plaira. Ce discours d’Alcibiade, joint aux prières de Caillas et de presque toute la compagnie, piqua d’honneur Protagoras, à ce qu’il me parut : il se détermina avec bien de la répugnance à reprendre la discussion, et me dit que je n’avais qu’à interroger, qu’il répondrait. [348c] Protagoras, lui dis-je, ne te figure pas que je dispute avec toi dans un autre dessein que celui d’éclaircir certaines matières, sur lesquelles je suis dans une incertitude continuelle. Je pense qu’Homère a eu grande raison de dire que, [348d] quand deux hommes vont ensemble, l’un découvre avant l’autre ce qu’il y a à voir. En effet, les hommes ont plus de ressources, étant réunis, pour faire, dire et imaginer quelque chose que ce soit ; et lorsque quelqu’un a fait seul une découverte, aussitôt il va cherchant de tous côtés, jusqu’à ce qu’il trouve un homme à qui il puisse la communiquer, et avec lequel il la vérifie. C’est pour cette raison que je m’entretiens volontiers avec toi plutôt qu’avec tout autre, [348e] persuadé comme je suis que tu as parfaitement étudié toutes les matières qu’il convient au sage d’approfondir, et en particulier celle de la vertu. Et quel autre consulterai-je préférablement à toi ? Toi qui te piques d’être homme de bien, non pas à la manière de quelques-uns, qui étant vertueux ne savent apprendre la vertu à personne ; mais qui as le talent de rendre les autres tels que tu es toi-même : et qui as en toi cette confiance que, tandis que ceux qui possèdent le même secret, le cachent avec soin,

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète