# Timée

- Identifiant : `plato.timaeus`
- Auteur : Platon
- URL canonique : https://prokopton42.com/fr/ouvrages/platon/timaeus/reference-65/
- Empreinte : `881bf231f297f08c8153dc871d90851c0cfbafdf4732271b81ae0afe8ae752dd`

## Passage 65

### Grec ancien

ΤΙ. τὰ δʼ ἐκ μειζόνων μερῶν σώματα μόγις εἴκοντα τῷ δρῶντι, διαδιδόντα δὲ εἰς ὅλον τὰς κινήσεις, ἡδονὰς ἴσχει καὶ λύπας, ἀλλοτριούμενα μὲν λύπας, καθιστάμενα δὲ εἰς τὸ αὐτὸ πάλιν ἡδονάς. ὅσα δὲ κατὰ σμικρὸν τὰς ἀποχωρήσεις ἑαυτῶν καὶ κενώσεις εἴληφεν, τὰς δὲ πληρώσεις ἁθρόας καὶ κατὰ μεγάλα, κενώσεως μὲν ἀναίσθητα, πληρώσεως δὲ αἰσθητικὰ γιγνόμενα, λύπας μὲν οὐ παρέχει τῷ θνητῷ τῆς ψυχῆς, μεγίστας δὲ ἡδονάς· ἔστιν δὲ ἔνδηλα περὶ τὰς εὐωδίας. ὅσα δὲ ἀπαλλοτριοῦται μὲν ἁθρόα, κατὰ σμικρὰ δὲ μόγις τε εἰς ταὐτὸν πάλιν ἑαυτοῖς καθίσταται, τοὐναντίον τοῖς ἔμπροσθεν πάντα ἀποδίδωσιν· ταῦτα δʼ αὖ περὶ τὰς καύσεις καὶ τομὰς τοῦ σώματος γιγνόμενά ἐστιν κατάδηλα. καὶ τὰ μὲν δὴ κοινὰ τοῦ σώματος παντὸς παθήματα, τῶν τʼ ἐπωνυμιῶν ὅσαι τοῖς δρῶσιν αὐτὰ γεγόνασι, σχεδὸν εἴρηται· τὰ δʼ ἐν ἰδίοις μέρεσιν ἡμῶν γιγνόμενα, τά τε πάθη καὶ τὰς αἰτίας αὖ τῶν δρώντων, πειρατέον εἰπεῖν, ἄν πῃ δυνώμεθα. πρῶτον οὖν ὅσα τῶν χυμῶν πέρι λέγοντες ἐν τοῖς πρόσθεν ἀπελίπομεν, ἴδια ὄντα παθήματα περὶ τὴν γλῶτταν, ἐμφανιστέον ᾗ δυνατόν. φαίνεται δὲ καὶ ταῦτα, ὥσπερ οὖν καὶ τὰ πολλά, διὰ συγκρίσεών τέ τινων καὶ διακρίσεων γίγνεσθαι, πρὸς δὲ αὐταῖς κεχρῆσθαι μᾶλλόν τι τῶν ἄλλων τραχύτησί τε καὶ λειότησιν. ὅσα μὲν γὰρ εἰσιόντα περὶ τὰ φλέβια, οἷόνπερ δοκίμια τῆς γλώττης τεταμένα ἐπὶ τὴν καρδίαν, εἰς τὰ νοτερὰ τῆς σαρκὸς καὶ ἁπαλὰ ἐμπίπτοντα γήϊνα μέρη κατατηκόμενα συνάγει τὰ φλέβια καὶ ἀποξηραίνει, τραχύτερα μὲν ὄντα στρυφνά, ἧττον δὲ τραχύνοντα αὐστηρὰ φαίνεται· τὰ δὲ τούτων τε ῥυπτικὰ καὶ πᾶν τὸ περὶ τὴν γλῶτταν ἀποπλύνοντα, πέρα μὲν τοῦ μετρίου τοῦτο δρῶντα καὶ προσεπιλαμβανόμενα ὥστε ἀποτήκειν αὐτῆς τῆς φύσεως, οἷον ἡ τῶν λίτρων δύναμις, πικρὰ πάνθʼ οὕτως ὠνόμασται, τὰ δὲ ὑποδεέστερα τῆς λιτρώδους ἕξεως ἐπὶ τὸ μέτριόν τε τῇ ῥύψει χρώμενα ἁλυκὰ ἄνευ πικρότητος τραχείας καὶ φίλα μᾶλλον ἡμῖν φαντάζεται.

### Anglais

Tim. But those bodies which are composed of larger particles, since they yield with difficulty to the agent and transmit their motions to the whole, feel pleasures and pains— pains when they suffer alteration, and pleasures when they are restored to their original state. And all those bodies which undergo losses of substance and emptyings that are gradual, but replenishings that are intense and abundant, become insensitive to the emptyings but sensitive to the replenishings; consequently, they furnish no pains to the mortal part of the soul, but the greatest pleasures—a result which is obvious in the case of perfumes. But all those parts which undergo violent alterations, and are restored gradually and with difficulty to their original condition, produce results the opposite of those last mentioned; and it is evident that this is what occurs in the case of burnings and cuttings of the body. And now we have given a fairly complete statement of the affections which are common to the body as a whole, and of all the names which belong to the agents which produce them. Next we must try, if haply we are able, to describe what takes place in the several parts of our bodies, both the affections themselves and the agents to which they are ascribed. Firstly, then, we must endeavor to elucidate so far as possible those affections which we omitted in our previous account of the flavors, they being affections peculiar to the tongue. It is evident that these also, like most others, are brought about by means of certain contractions and dilations ; and, more than other affections, they involve also conditions of roughness and smoothness. For all the earthy particles which enter in by the small veins—which, extending as far as to the heart, serve as it were for testing-instruments of the tongue,—when they strike upon the moist and soft parts of the flesh and are melted down, contract the small veins and dry them up; and these particles when more rough appear to be astringent, when less rough harsh. And such as act on these veins as detergents and wash out all the surface of the tongue, when they do this excessively and lay such hold on the tongue as to dissolve part of its substance—and such, for example, is the property of alkalies,— are all termed bitter ; while those which have a property less strong than the alkaline, being detergent in a moderate degree, seem to us to be saline, and more agreeable, as being devoid of the rough bitterness.

### Français

Tim. Mais les corps composés de particules plus grandes, parce qu’ils cèdent difficilement à l’agent et transmettent leurs mouvements à l’ensemble, éprouvent plaisirs et douleurs: douleurs lorsqu’ils subissent une altération, plaisirs lorsqu’ils sont rétablis dans leur état premier. Tous les corps qui subissent des pertes de substance et des évacuations progressives, mais des remplissements intenses et abondants, sont insensibles aux évacuations et sensibles aux remplissements; ils ne procurent donc aucune douleur à la partie mortelle de l’âme, mais les plus grands plaisirs, ce qui est manifeste dans le cas des parfums. En revanche, toutes les parties qui subissent de violentes altérations et ne sont rétablies que progressivement et difficilement dans leur état premier produisent des effets opposés aux précédents; c’est évidemment ce qui arrive dans les brûlures et les coupures du corps.

Nous avons maintenant exposé d’une manière assez complète les affections communes au corps tout entier et tous les noms qui appartiennent aux agents qui les produisent. Il faut ensuite essayer, si toutefois nous en sommes capables, de décrire ce qui se passe dans les diverses parties de notre corps, aussi bien les affections elles-mêmes que les agents auxquels on les attribue. Efforçons-nous d’abord d’élucider autant que possible les affections que nous avons omises dans notre précédent exposé sur les saveurs, puisqu’elles sont propres à la langue. Il est évident que celles-ci aussi, comme la plupart des autres, sont produites au moyen de certaines contractions et dilatations; et, plus que les autres affections, elles mettent également en jeu des états de rugosité et de douceur. Toutes les particules terreuses qui pénètrent par les petites veines, lesquelles s’étendent jusqu’au cœur et servent pour ainsi dire d’instruments d’épreuve à la langue, lorsqu’elles frappent les parties humides et molles de la chair et s’y dissolvent, contractent les petites veines et les dessèchent; quand ces particules sont plus rugueuses, elles paraissent astringentes, et quand elles le sont moins, âpres. Celles qui agissent sur ces veines comme des détergents et nettoient toute la surface de la langue, lorsqu’elles le font avec excès et saisissent la langue au point d’en dissoudre une partie de la substance, comme c’est par exemple la propriété des alcalis, sont toutes qualifiées d’amères. Celles dont la propriété est moins forte que celle de l’alcali et qui ne nettoient que modérément nous paraissent salées et plus agréables, parce qu’elles sont dépourvues de l’amertume rugueuse.

