# Sur le visage qui apparaît dans la Lune

- Identifiant : `plutarch.face_in_moon`
- Auteur : Plutarque
- URL canonique : https://prokopton42.com/fr/ouvrages/plutarch/face-in-moon/reference-10/
- Empreinte : `cf7c4df3108ff5d18b804a7bf44472ad9e3e969a74ea57acca71e2adafe6b123`

## Passage 10

### Grec ancien

σκόπει δὲ τοὺς ἄλλους ἀφεὶς ἀπλανεῖς καὶ πλάνητας, ἃ δείκνυσιν Ἀρίσταρχος; ἐν τῷ Περὶ μεγεθῶν καὶ ἀποστημάτων ὅτι τὸ τοῦ ἡλίου ἀπόστημα τοῦ ἀποστήματος τῆς σελήνης ὃ ἀφέστηκεν ἡμῶν πλέον μὲν ἢ ὀκτωκαιδεκαπλάσιον ἔλαττον δʼ ἢ εἰκοσαπλάσιόν ἐστι καίτοι ὁ τὴν σελήνην ἐπὶ μήκιστον αἴρων ἀπέχειν φησὶν ἡμῶν ἓξ καὶ πεντηκονταπλάσιον τῆς,· ἐκ τοῦ κέντρου τῆς γῆς· αὕτη δʼ ἐστὶ τεσσάρων μυριάδων καὶ κατὰ τοὺς μέσως ἀναμετροῦντας· καὶ ἀπὸ ταύτης συλλογιζομένοις ἀπέχει ὁ ἥλιος τῆς σελήνης πλέον ἢτετρακισχιλίας τριάκοντα μυριάδας οὕτως ἀπῴκισται τοῦ ἡλίου διὰ βάρος καὶ τοσοῦτο τῇ γῇ προσκεχώρηκεν, ὥστε, εἰ τοῖς τόποις τὰς οὐσίας διαιρετέον, ἡ γῆς μοῖρα καὶ ὥρα προσκαλεῖται σελήνην καὶ τοῖς περὶ γῆν πράγμασι καὶ σώμασιν ἐπίδικὸς ἐστι κατʼ ἀγχιστείαν καὶ γειτνίασιν. καὶ οὐδὲν, οἶμαι, πλημμελοῦμεν, ὅτι τοῖς ἄνω προσαγορευομένοις βάθος τοσοῦτο καὶ διάστημα διδόντες ἀπολείπομὲν τινα καὶ τῷ κάτω περιδρομὴν καὶ πλάτος, ὅσον ἐστὶν ἀπὸ γῆς ἐπὶ σελήνην οὔτε γὰρ ὁ τὴν ἄκραν ἐπιφάνειαν τοῦ οὐρανοῦ μόνην ἄνω τἄλλα δὲ κάτω προσαγορεύων ἅπαντα μέτριός ἐστιν, οὔθʼ ὁ τῇ γῇ μᾶλλον δʼ ὁ τῷ κέντρῳ τὸ κάτω περιγράφων ἀνεκτός· ἀλλὰ καὶ κινητικο ταύτῃ διάστημα τὸ δέον ἐπιχωροῦντος τοῦ κόσμου· διὰ μέγεθος. πρὸς δὲ τὸν ἀξιοῦντα πᾶν εὐθὺς ἄνω καὶ μετέωρον εἶναι τὸ ἀπὸ τῆς γῆς ἕτερος ἀντηχεῖ πάλιν εὐθὺς εἶναι κάτω τὸ ἀπὸ τῆς ἀπλανοῦς περιφορᾶς.

### Anglais

But leaving the stars, as well erring as fixed, see what Aristarchus proves and demonstrates in his treatise of magnitudes and distances; that the distance of the sun is above eighteen times and under twenty times greater than that of the moon from us. And yet they who place the moon lowest say that her distance from us contains six and fifty of the earth’s semidiameters, that is, that she is six and fifty times as far from us as we are from the centre of the earth; which is forty thousand stadia, according to those that make their computation moderately. Therefore the sun is above forty millions and three hundred thousand stadia distant from the moon; so far is she from the sun by reason of her gravity, and so near does she approach to the earth. So that if substances are to be distinguished by places, the portion and, region of the earth challenges to itself the moon, which, by reason of neighborhood and proximity, has a right to be reputed and reckoned amongst the terrestrial natures and bodies. Nor shall we, in my opinion, do amiss if, having given so vast an interval and distance to these bodies which are said to be above, we leave also to those which are below some space and room to turn them in, such as is that between the earth and the moon. For neither is he who calls only the utmost superficies of the heaven above and all the rest beneath moderate or tolerable; nor is he to be endured who confines beneath only to the earth, or rather to its centre; seeing the vast greatness of the world may afford means for the assigning farther to this lower part some such space as is necessary for motion. Now against him who holds that whatever is above the earth is immediately high and sublime, there is presently another opposition to encounter and contradict it, that whatever is beneath the sphere of the fixed stars ought to be called low and inferior.

### Français

Mais laissons les astres, tant errants que fixes, et voyez ce qu’Aristarque prouve et démontre dans son traité Des grandeurs et des distances : la distance du Soleil est plus de dix-huit fois et moins de vingt fois supérieure à celle qui nous sépare de la Lune. Pourtant, ceux qui placent la Lune au plus bas disent que sa distance par rapport à nous contient cinquante-six demi-diamètres de la Terre, c’est-à-dire qu’elle est cinquante-six fois aussi éloignée de nous que nous le sommes du centre de la Terre, ce qui fait quarante mille stades selon ceux dont le calcul reste modéré. Le Soleil est donc distant de la Lune de plus de quarante millions trois cent mille stades. Si loin de lui la tient sa pesanteur, et si près de la Terre la fait-elle approcher. Par conséquent, si les substances doivent être distinguées selon les lieux, la portion et la région de la Terre revendiquent la Lune, qui, du fait de son voisinage et de sa proximité, a le droit d’être réputée et comptée parmi les natures et les corps terrestres. Nous n’aurons pas tort, à mon avis, après avoir accordé un intervalle et une distance si vastes aux corps que l’on dit situés au-dessus, de laisser également aux corps inférieurs un espace et un lieu où ils puissent se mouvoir, tel celui qui s’étend entre la Terre et la Lune. Car celui qui appelle « au-dessus » la seule surface extrême du ciel et place tout le reste au-dessous n’est ni modéré ni raisonnable. Celui qui borne le dessous à la seule Terre, ou plutôt à son centre, n’est pas davantage supportable, puisque la vaste grandeur du monde permet d’assigner en outre à cette partie inférieure l’espace nécessaire au mouvement. À celui qui soutient que tout ce qui est au-dessus de la Terre est immédiatement élevé et sublime s’oppose aussitôt une autre proposition qui le contredit : tout ce qui est sous la sphère des étoiles fixes doit être appelé bas et inférieur.

