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Plutarque

De la tranquillité de l’âme, Plutarque Section 18

Section 18 sur 20

Référence canonique 18

Grec ancien

τὸν μὲν γὰρ ἀνόητον ὁ τοῦ θανάτου φόβος οὐχ ὁ τοῦ ζῆν πόθος ἐκκρέμασθαι τοῦ σώματος ποιεῖ, περιπεπλεγμένον ὥσπερ τὸν Ὀδυσσέα τῷ ἐρινεῷ δεδοικότα τὴν Χάρυβδιν ὑποκειμένην ἔνθʼ οὔτε μίμνειν ἄνεμος οὔτε πλεῖν ἐᾷ, καὶ πρὸς ταῦτα δυσαρέστως καὶ πρὸς ἐκεῖνα περιδεῶς ἔχοντα. ὁ δὲ τὴν τῆς, ψυχῆς φύσιν ἁμωσγέπως ὑπονοῶν καὶ τὴν εἰς τὸ βέλτιον αὐτῆς ἢ μηθὲν κάκιον ἐν τῇ τελευτῇ μεταβολὴν ἐπιλογιζόμενος, οὐ μικρὸν ἔχει τῆς πρὸς τὸν βίον εὐθυμίας ἐφόδιον τὴν πρὸς τὸν θάνατον ἀφοβίαν. ᾧ γὰρ ἔξεστι τῆς μὲν ἀρεστῆς καὶ οἰκείας μερίδος ἐπικρατούσης ἡδέως ζῆν, τῶν δʼ ἀλλοτρίων καὶ παρὰ φύσιν ὑπερβαλλόντων ἀδεῶς ἀπελθεῖν εἰπόντα λύσει μʼ ὁ δαίμων αὐτός, ὅταν ἐγὼ θέλω· τί ἂν τούτῳ χαλεπὸν ἢ δύσκολον ἢ ταραχῶδες ἐμπίπτον ἐπινοήσαιμεν; ὁ γὰρ εἰπών προκατείλημμαὶ σʼ, ὦ τύχη, καὶ πᾶσαν τὴν σὴν ἀφῄρημαι παρείσδυσιν οὐ μοχλοῖς οὐδὲ κλεισὶν οὐδὲ τείχεσιν ἐθάρρυνεν ἑαυτόν, ἀλλὰ δόγμασι καὶ λόγοις ὧν πᾶσι μέτεστι τοῖς βουλομένοις. καὶ δεῖ μηδὲν ἀπογιγνώσκειν μηδʼ ἀπιστεῖν τῶν οὕτω λεγομένων, ἀλλὰ θαυμάζοντα καὶ ζηλοῦντα καὶ συνενθουσιῶντα πεῖραν ἅμα. λαμβάνειν ἑαυτοῦ καὶ κατανόησιν ἐν τοῖς ἐλάττοσι πρὸς τὰ μείζονα, μὴ φεύγοντα μηδʼ ἀπωθοῦντα τῆς ψυχῆς τὴν ἐπιμέλειαν αὐτῶν μηδὲ διαδιδράσκοντʼ εἰς τὸ τάχα δʼ οὐδὲν ἔσται δυσχερέστερον.· ἀτονίαν, γὰρ ἐμποιεῖ καὶ μαλακίαν ἀγύμναστον ἡ περὶ τὸ ῥᾷστον ἀεὶ διατρίβουσα καὶ πρὸς τὸ ἥδιστον ἐκ τῶν ἀβουλήτων ἀναχωροῦσα γλυκυθυμία τῆς ψυχῆς. ἡ δὲ καὶ νόσου καὶ πόνου καὶ φυγῆς μελετῶσα φαντασίαν ὑφίστασθαι καὶ προσβιαζομένη τῷ λογισμῷ πρὸς ἕκαστον εὑρήσει πολὺ τὸ κατεψευσμένον καὶ διάκενον καὶ σαθρὸν ἐν τοῖς δοκοῦσι χαλεποῖς καὶ φοβεροῖς, ὡς ὁ καθʼ ἕκαστον ἀποδείκνυσι λόγος.

Anglais

Matthew Morgan, 1874

For it is not so much the desire of life as the fear of death, which makes the fool have such a dependence upon the body, and stick so fast to its embraces. So Ulysses held fast by the fig-tree, dreading Charybdis that lay under him, - Where the wind would not suffer him to stay, Nor would it serve to carry him away, so that on this side was but a slender support, and there was inevitable danger on the other. But he who considers the nature of the soul, and that death will transport it to a condition either far better or not much worse than what he now enjoys, hath contempt of death to sustain him as he travelleth on in this pilgrimage of his life, no small viaticum towards tranquillity of mind. For as to one that can live pleasantly so long as virtue and the better part of mankind are predominant, and can depart fearlessly so soon as hostile and unnatural principles prevail, saying to himself, - Fate shall release me when I please myself; what in the whole scope of the creation can be thought of that can raise a tumult in such a man, or give him the least molestation? Certainly, he that threw out that brave defiance to Fortune in these words, I have prevented thee, O Fortune, and have shut up all thy avenues to me, did not speak it confiding in the strength of walls or bars, or the security of keys; but it was an effect of his learning, and the challenge was a dictate of his reason. And these heights of resolution any men may attain to if they are willing; and we ought not to distrust, or despair of arriving to the courage of saying the same things. Therefore we should not only admire, but be kindled with emulation, and think ourselves touched with the impulse of a divine instinct, which piques us on to the trial of ourselves in matters of less importance; that thereby we may find how our tempers bear to be qualified for greater, and so may not incuriously decline that inspection we ought to have over ourselves, or take refuge in the saying, Perchance nothing will be more difficult than this. For the luxurious thinker, who withdraws himself from severe reflections and is conversant about no objects but what are easy and delectable, emasculates his understanding and contracts a softness of spirit; but he that makes grief, sickness, and banishment the subjects of his meditation, who composeth his mind sedately, and poiseth himself with reason to sustain the burthen, will find that those things are vain, empty, and false which appear so grievous and terrible to the vulgar, as his own reasonings will make out to him in every particular.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Car ce n’est pas tant le désir de vivre que la peur de mourir qui rend l’insensé si dépendant du corps et si fermement attaché à ses embrassements. Ainsi Ulysse se cramponnait au figuier, redoutant Charybde qui se trouvait sous lui,

Là où le vent ne lui permettait pas de rester,
Ni ne pouvait servir à l’emporter au loin,

de sorte que, d’un côté, il n’avait qu’un faible appui et que, de l’autre, le danger était inévitable. Mais celui qui considère la nature de l’âme et songe que la mort la transportera dans une condition soit bien meilleure, soit à peine pire que celle dont il jouit maintenant, trouve dans son mépris de la mort, tandis qu’il poursuit le pèlerinage de sa vie, un viatique qui n’est pas un faible secours à la tranquillité de l’âme. Celui qui peut vivre agréablement aussi longtemps que la vertu et la meilleure partie de l’humanité prédominent, puis partir sans crainte dès que prévalent des principes hostiles et contraires à la nature, en se disant :

Le Destin me délivrera quand il me plaira,

que pourrait-on concevoir, dans toute l’étendue de la création, qui soit capable de soulever du tumulte chez un tel homme ou de lui causer le moindre tourment ? Assurément, celui qui lança à la Fortune ce fier défi : « Je t’ai devancée, ô Fortune, et j’ai fermé toutes les voies par lesquelles tu pouvais m’atteindre », ne parlait pas en se fiant à la solidité de murailles ou de barreaux, ni à la sûreté de clefs. C’était un effet de son savoir, et ce défi lui était dicté par sa raison. Tous les hommes peuvent s’élever à une telle hauteur de résolution s’ils le veulent ; nous ne devons ni douter ni désespérer de parvenir au courage de prononcer les mêmes paroles. Nous ne devons donc pas seulement admirer, mais nous enflammer d’émulation et nous croire touchés par l’impulsion d’un instinct divin qui nous presse de nous mettre à l’épreuve dans des matières de moindre importance. Nous découvrirons ainsi comment notre tempérament peut se rendre propre à de plus grandes épreuves, sans négliger inconsidérément l’examen que nous devons faire de nous-mêmes ni nous réfugier dans cette maxime : « Peut-être rien ne sera-t-il plus difficile que ceci. » Car le penseur voluptueux, qui se détourne des réflexions sévères et ne fréquente que des objets faciles et délectables, émascule son entendement et amollit son esprit. Mais celui qui fait de la douleur, de la maladie et de l’exil les objets de sa méditation, qui compose son esprit avec calme et se maintient en équilibre par la raison afin de soutenir le fardeau, découvrira que ces choses qui paraissent si pénibles et terribles au vulgaire sont vaines, creuses et trompeuses, comme ses propres raisonnements le lui démontreront en chaque cas particulier.

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