Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Sénèque

Des bienfaits Chapitre 12

Chapitre 27 sur 228

Référence canonique 2.12

Latin

Perseus canonical Latin TEI

C. Caesar dedit vitam Pompeio Penno, si dat, qui non aufert ; deinde absoluto et agenti gratias porrexit osculandum sinistrum pedem. Qui excusant et negant id insolentiae causa factum, aiunt socculum auratum, immo aureum, margaritis distinctum ostendere eum voluisse. Ita prorsus : quid hic contumeliosum est, si vir consularis aurum et margaritas osculatus est alioquin nullam partem in corpore eius electurus, quam purius oscularetur ? Homo natus in hoc, ut mores liberae civitatis Persica servitute mutaret, parum iudicavit, si senator, senex, summis usus honoribus in conspectu principum supplex sibi eo more iacuisset, quo hostes victi hostibus iacuere ; invenit aliquid infra genua, quo libertatem detruderet ! Non hoc est rem publicam calcare, et quidem, licet id aliquis non putet ad rem pertinere, sinistro pede ? Parum enim foede furioseque insolens fuerat, qui de capite consularis viri soccatus audiebat, nisi in os senatoris ingessisset imperator epigros suos !

Anglais

Aubrey Stewart · On Benefits (1887)

Gaius Caesar granted Pompeius Pennus his life, that is, if not to take away life be to grant it; then, when Pompeius was set free and returning thanks to him, he stretched out his left foot to be kissed. Those who excuse this action, and say that it was not done through arrogance, say that he wished to show him a gilded, nay a golden slipper studded with pearls. "Well," say they, "what disgrace can there be in a man of consular rank kissing gold and pearls, and what part of Caesar's whole body was it less pollution to kiss?" So, then, that man, the object of whose life was to change a free state into a Persian despotism, was not satisfied when a senator, an aged man, a man who had filled the highest offices in the state, prostrated himself before him in the presence of all the nobles, just as the vanquished prostrate themselves before their conqueror! He discovered a place below his knees down to which he might thrust liberty. What is this but trampling upon the commonwealth, and that, too, with the left foot, though you may say that this point does not signify? It was not a sufficiently foul and frantic outrage for the emperor to sit at the trial of a consular for his life wearing slippers, he must needs push his shoes into a senator's face.

Français

Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)

Caligula donna la vie à Pompeius Pennus, si c’est donner que ne pas ôter ; et comme Pennus le remerciait de son pardon, il lui présenta à baiser son pied gauche. Cuux qui l’excusent et qui disent qu’il ne le fit point par insolence prétendent qu’il ne voulait que montrer la dorure ou l’or de son brodequin enrichi de perles. Je le veux bien : qu’y avait-il d’humiliant pour un consulaire de baiser de l’or et des perles ? Et d’ailleurs eût-il pu choisir sur toute la personne de Caïus une partie plus pure à baiser ? Cet homme, né pour changer les mœurs d’un État libre en une servitude digne de la Perse, fut peu content de voir un sénateur, dégradant ses cheveux blancs et ses titres, se prosterner devant lui, en présence des grands, dans la vile attitude d’un suppliant, d’un vaincu qui implore son vainqueur ; il trouva moyen de faire ramper plus bas que ses genoux la liberté romaine. N’est-ce pas fouler du pied la république, et même, on peut le dire, c’est ici le cas, la fouler de la plus sinistre façon ? Ce n’était pas assez d’affront, assez d’insolente frénésie que d’écouter en pareil accoutrement un consulaire plaidant pour sa tête, si l’auguste empereur n’eût appuyé les clous de sa chaussure sur la face d’un sénateur.

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète