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Sénèque

Des bienfaits Chapitre 18

Chapitre 146 sur 228

Référence canonique 5.18

Latin

Perseus canonical Latin TEI

" In infinitum ius," inquit, " me obligas, cum dicis : ' et nostris ' ; itaque pone aliquem finem. Qui filio beneficium dat, ut dicis, et patri eius dat: primum, de quo quaero. Deinde illud utique mihi determinari volo : si et patri beneficium datur, numquid et fratri ? Numquid et patruo ? Numquid et avo ? Numquid et uxori et socero ? Dic mihi, ubi debeam desinere, quousque personarum senem sequar." Si agrum tuum coluero, tibi beneficium dedero ; si domum tuam ardentem restinxero aut, ne concidat, excepero, tibi beneficium dabo ; si servum tuum sanavero, tibi imputabo ; si filium tuum servavero, non habebis beneficium meum ?

Anglais

Aubrey Stewart · On Benefits (1887)

"You render me liable to an infinite debt of gratitude," says our opponent, "when you say 'even to those who have given any thing to our relations,' so fix some limit. He who bestows a benefit upon the son, according to you, bestows it likewise upon the father: this is the first question I wish to raise. In the next place I should like to have a clear definition of whether a benefit, if it be bestowed upon your friend's father as well as upon himself, is bestowed also upon his brother? or upon his uncle? or his grandfather? or his wife and his father-in-law? tell me where I am to stop, how far I am to follow out the pedigree of the family?" SENECA. If I cultivate your land, I bestow a benefit upon you; if I extinguish your house when burning, or prop it so as to save it from falling, I shall bestow a benefit upon you; if I heal your slave, I shall charge it to you; if I save your son's life, will you not thereby receive a benefit from me?

Français

Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)

« Holà ! va-t-on me dire : c’est m’engager à l’infini que d’ajouter : aux nôtres. Mettez-y quelque borne. Qui rend un service au fils, selon vous, le rend aussi au père. D’abord d’où vient ce service, et où tend-il ? Puis je voudrais qu’on déterminât bien si, rendu au père, le service rejaillit encore sur le frère, et encore sur l’oncle et sur l’aïeul, et sur l’épouse, et sur le beau-père ? Dites où je dois m’arrêter, et jusqu’où cette ligne de parenté me conduira. » - Si je cultive votre champ, je vous rends service ; si j’éteins les flammes qui dévoraient votre maison, ou si je l’étaye pour qu’elle ne croule point, n’est-ce pas aussi un service ? Si je sauve votre esclave, je vous tiendrai pour redevable, et si je sauve votre fils, mon bienfait ne vous lierait point ?

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