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Sénèque
De la clémence Chapitre 25
Chapitre 25 sur 33
Référence canonique 1.25
Latin
Perseus canonical Latin TEI
Crudelitas minime humanum malum est indignumque tam miti animo ; ferina ista rabies est sanguine gaudere ac vulneribus et abiecto homine in silvestre animal transire. Quid enim interest, oro te, Alexander, leoni Lysimachum obicias an ipse laceres dentibus tuis ? Tuum illud os est, tua illa feritas. O quam cuperes tibi potius ungues esse, tibi rictum illum edendorum hominum capacem ! Non exigimus a te, ut manus ista, exitium familiarium certissimum, ulli salutaris sit, ut iste animus ferox, insatiabile gentium malum, citra sanguinem caedemque satietur ; clementia iam vocatur, ad occidendum amicum cum carnifex inter homines eligitur. Hoc est, quare vel maxime abominanda sit saevitia, quod excedit fines primum solitos, deinde humanos, nova supplicia conquirit, ingenium advocat ut instrumenta excogitet per quae varietur atque extendatur dolor, delectatur malis hominum ; tunc illi dirus animi morbus ad insaniam pervenit ultimam, eum crudelitas versa est in voluptatem et iam occidere hominem iuvat. Matura talem virum a tergo sequitur aversio, odia, venena, gladii; tam multis periculis petitur, quam multorum ipse periculum est, privatisque non numquam consiliis, alias vero consternatione publica circumvenitur. Levis enim et privata pernicies non totas urbes movet ; quod late furere coepit et omnes appetit, undique configitur. Serpentes parvulae fallunt nec publice conquiruntur ; ubi aliqua solitam mensuram transit et in monstrum excrevit, ubi fontes sputu inficit et, si adflavit, deurit obteritque, quacumque incessit, ballistis petitur. Possunt verba dare et evadere pusilla mala, ingentibus obviam itur. Sic unus aeger ne domum quidem perturbat ; at ubi crebris mortibus pestilentiam esse apparuit, conclamatio civitatis ac fuga est, et dis ipsis manus intentantur. Sub uno aliquo tecto flamma apparuit : familia vicinique aquam ingerunt ; at incendium vastum et multas iam domos depastum parte urbis obruitur.
Anglais
Aubrey Stewart · Minor Dialogues Together with the Dialogue on Clemency (1889)
Cruelty is far from being a human vice, and is unworthy of man’s gentle mind: it is mere bestial madness to take pleasure in blood and wounds, to cast off humanity and transform oneself into a wild beast of the forest. Pray, Alexander, what is the difference between your throwing Lysimachus into a lion’s den and tearing his flesh with your own teeth? it is you that have the lion’s maw, and the lion’s fierceness. How pleased you would be if you had claws instead of nails, and jaws that were capable of devouring men! We do not expect of you that your hand, the sure murderer of your best friends, should restore health to any one; or that your proud spirit, that inexhaustible source of evil to all nations, should be satisfied with anything short of blood and slaughter: we rather call it mercy that your friend should have a human being chosen to be his butcher. The reason why cruelty is the most hateful of all vices is that it goes first beyond the ordinary limits, and then beyond those of humanity; that it devises new kinds of punishments, calls ingenuity to aid it in inventing devices for varying and lengthening men’s torture, and takes delight in their sufferings: this accursed disease of the mind reaches its highest pitch of madness when cruelty itself turns into pleasure, and the act of killing a man becomes enjoyment. Such a ruler is soon cast down from his throne; his life is attempted by poison one day and by the sword the next; he is exposed to as many dangers as there are men to whom he is dangerous, and he is sometimes destroyed by the plots of individuals, and at others by a general insurrection. Whole communities are not roused to action by unimportant outrages on private persons; but cruelty which takes a wider range, and from which no one is safe, becomes a mark for all men’s weapons. Very small snakes escape our notice, and the whole country does not combine to destroy them; but when one of them exceeds the usual size and grows into a monster, when it poisons fountains with its spittle, scorches herbage with its breath, and spreads ruin wherever it crawls, we shoot at it with military engines. Trifling evils may cheat us and elude our observation, but we gird up our loins to attack great ones. One sick person does not so much as disquiet the house in which he lies; but when frequent deaths show that a plague is raging, there is a general outcry, men take to flight and shake their fists angrily at the very gods themselves. If a fire breaks out under one single roof, the family and the neighbours pour water upon it; but a wide conflagration which has consumed many houses must be smothered under the ruins of a whole quarter of a city.
Français
Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)
Réponds en effet, Alexandre, livrer Lysimaque à la fureur d’un lion , est-ce autre chose que le déchirer de tes propres dents ? Ce lion c’est toi, cette férocité c’est la tienne. Oh ! que tu voudrais être toi-même armé d’ongles et de mâchoires assez larges pour dévorer un homme tout entier ! Je n’exige pas de toi que cette main, si infailliblement mortelle à tes amis, soit secourable pour aucun, ni que cette âme cruelle, insatiable fléau des nations, s’assouvisse sans meurtre et sans carnage ; je t’appellerai clément si, pour mettre à mort un ami, tu prends ton bourreau chez les hommes. Voilà surtout ce qui rend la cruauté exécrable, c’est qu’elle passe d’abord les bornes légales, puis celles de l’humanité. Elle recherche des supplices nouveaux, elle s’ingénie, elle imagine des instruments pour varier et prolonger la douleur, elle se délecte à voir souffrir des hommes. Cette horrible maladie de l’âme est arrivée au plus haut degré de la démence, quand la barbarie devient pour elle un plaisir et le meurtre un passe-temps. Derrière un pareil homme viennent les bouleversements, les haines, les poisons, les glaives ; tout le menace d’autant de périls qu’il y a de gens menacés par lui : ici des embûches isolées, ailleurs une révolte générale l’assiége assiège. Car si un particulier qu’on immole n’émeut guère, ne soulève pas des cités ; contre un fléau qui sévit au loin et qui s’attaque à tous, les traits partent de toutes parts. Tel reptile venimeux se dérobe par sa petitesse, et on ne se réunit pas pour le détruire ; mais un serpent démesuré, qui a pris des proportions phénoménales, qui empoisonne les sources où il s’abreuve, qui brûle de son haleine et qui broie tout sur son passage, on l’attaque avec des balistes . Un faible mal peut nous abuser et nous échapper ; s’il est extrême, on court à l’encontre. Ainsi un seul malade ne trouble même pas une maison ; mais quand des morts multipliées ont signalé l’épidémie, le cri d’alarme est universel : on fuit, et la violence s’attaque aux dieux même. Que le feu éclate dans une seule demeure, la famille et les voisins viennent y jeter de l’eau ; mais si l’incendie est vaste, s’il a déjà dévoré plusieurs édifices, on démolit, pour l’étouffer, une partie de la ville.
Concepts de ce passage
Colère
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Soin de l’âme
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Guerre civile
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Mort
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Dukkha
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Éther et champ
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Famille
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Amitié
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Dieu
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Justice
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Loi
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Prochain
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Plaisir
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Prière
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Raison
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Ren, sens de l’humain
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Rôles et relations
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Salut
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Esprit
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Temps
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Tranquillité
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Guerre et paix
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Sagesse
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