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Sénèque

Lettres à Lucilius Section 10

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Référence canonique 78.10

Latin

Perseus canonical Latin TEI

Hoc itaque solacium vasti doloris est, quod necesse est desinas illum sentire, si nimis senseris. Illud autem est, quod imperitos in vexatione corporis male habet: non adsueverunt animo esse contenti. Multum illis cum corpore fuit. Ideo vir magnus ac prudens animum diducit a corpore et multum cum meliore ac divina parte versatur, cum hac querula et fragili quantum necesse est.

Français

Baillard 1914

Ce qui donc doit consoler dans les grandes souffrances, c’est que nécessairement la sensation cesse dès qu’elle est trop poignante. Mais pourquoi les douleurs physiques sont-elles si importunes au grossier vulgaire ? C’est qu’il n’est point fait aux méditations de l’esprit ; c’est qu’il a trop donné au corps. Aussi l’homme dont le cœur et les vues sont élevés tient-il son âme indépendante du corps : il cultive surtout la meilleure, la divine partie de lui-même ; pour l’autre, quinteuse et fragile, il ne compte avec elle que le moins possible.

Anglais

Richard M. Gummere · Moral Letters to Lucilius

This is, accordingly, a consolation for excessive pain, - that you cannot help ceasing to feel it if you feel it to excess. The reason, however, why the inexperienced are impatient when their bodies suffer is, that they have not accustomed themselves to be contented in spirit. They have been closely associated with the body. Therefore a high-minded and sensible man divorces soul from body, and dwells much with the better or divine part, and only as far as he must with this complaining and frail portion.

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