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Baruch Spinoza

Traité politique, manifestation anglaise Section section-0089

Section 89 sur 120

Référence canonique section-0089

Anglais

R. H. M. Elwes

31. The emoluments of the senators should be of such a kind, that their profit is
greater from peace than from war. And therefore let there be awarded to them a
hundredth or a fiftieth part of the merchandise exported abroad from the dominion, or
imported into it from abroad. For we cannot doubt, that by this means they will, as far
as they can, preserve peace, and never desire to protract war. And from this duty not
even the senators themselves, if any of them are merchants, ought to be exempt; for
such an immunity cannot be granted without great risk to trade, as I think no one is
ignorant. Nay, on the contrary, it must be by law ordained, that no senator or ex-
senator may fill any military post; and further, that no one may be declared general or
prætor, which officers we said (Sec. 9) were to be only appointed in time of war,
whose father or grandfather is a senator, or has held the dignity of senator within two
years. Which laws we cannot doubt, that the patricians outside the senate will defend
with all their might: and so it will be the case, that the senators will always have more
profit from peace than from war, and will, therefore, never advise war, except the
utmost need of the dominion compels them. But it may be objected to us, that on this
system, if, that is, syndics and senators are to be allowed so great profits, an
aristocracy will be as burdensome to the subjects as any monarchy. But not to
mention that royal courts require larger expenditure, and are yet not provided in order
to secure peace, and that peace can never be bought too dear; it is to be added, first,
that all that under a monarchy is conferred on one or a few, is here conferred upon
very many. Next kings and their ministers do not bear the burden of the dominion
with the subjects, but under this form of dominion it is just the reverse; for the
patricians, who are always chosen from the rich, bear the largest share of the weight
of the commonwealth. Lastly, the burdens of a monarchy spring not so much from its
king’s expenditure, as from its secret policy. For those burdens of a dominion, that are
imposed on the citizens in order to secure peace and liberty, great though they be, are
yet supported and lightened by the usefulness of peace. What nation ever had to pay
so many and so heavy taxes as the Dutch? Yet it not only has not been exhausted, but,
on the contrary, has been so mighty by its wealth, that all envied its good fortune. If
therefore the burdens of a monarchy were imposed for the sake of peace, they would
not oppress the citizens; but, as I have said, it is from the secret policy of that sort of
dominion, that the subjects faint under their lord; that is, because the virtue of kings
counts for more in time of war than in time of peace, and because they, who would
reign by themselves, ought above all to try and have their subjects poor; not to
mention other things, which that most prudent Dutchman V. H.1 formerly remarked,
because they do not concern my design, which is only to describe the best state of
every kind of dominion.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

31. Les émoluments des sénateurs doivent être tels qu'ils tirent plus de profit de la paix que de la guerre. Qu'on leur attribue donc le centième ou le cinquantième des marchandises exportées du territoire soumis au pouvoir ou importées de l'étranger. Car nous ne pouvons douter que, par ce moyen, ils ne préservent la paix autant qu'ils le pourront et ne désirent jamais prolonger la guerre. Même les sénateurs qui seraient marchands ne doivent pas être exemptés de cette taxe, car une telle immunité ne peut être accordée sans grand risque pour le commerce, ce que personne, je pense, n'ignore. Bien au contraire, il faut ordonner par la loi qu'aucun sénateur ni ancien sénateur ne puisse exercer aucune fonction militaire ; en outre, nul ne pourra être déclaré général ou préteur, fonctions dont nous avons dit à la sect. 9 qu'elles ne devaient être attribuées qu'en temps de guerre, si son père ou son grand-père est sénateur ou a possédé la dignité de sénateur au cours des deux années précédentes. Nous ne pouvons douter que les patriciens qui ne siègent pas au sénat ne défendent ces lois de toutes leurs forces. Ainsi, les sénateurs tireront toujours plus de profit de la paix que de la guerre et ne conseilleront donc jamais la guerre, à moins que la nécessité la plus pressante du pouvoir ne les y contraigne. On pourra cependant nous objecter que, dans ce système, si des profits si considérables doivent être accordés aux syndics et aux sénateurs, une aristocratie sera aussi pesante pour les sujets que n'importe quelle monarchie. Mais, sans parler du fait que les cours royales exigent de plus grandes dépenses sans être pour autant instituées afin d'assurer la paix, et que la paix ne peut jamais être achetée trop cher, il faut ajouter, premièrement, que tout ce qui, sous une monarchie, est conféré à un seul homme ou à quelques-uns est ici conféré à un très grand nombre. Ensuite, les rois et leurs ministres ne supportent pas avec les sujets le fardeau du pouvoir, tandis que, sous cette forme de pouvoir, c'est exactement l'inverse ; car les patriciens, toujours choisis parmi les riches, supportent la plus grande part du poids de la république. Enfin, les charges d'une monarchie proviennent moins des dépenses de son roi que de sa politique secrète. Car les charges du pouvoir imposées aux citoyens pour assurer la paix et la liberté, si grandes soient-elles, sont néanmoins supportées et allégées par l'utilité de la paix. Quelle nation a jamais dû payer des impôts aussi nombreux et aussi lourds que les Hollandais ? Pourtant, loin d'être épuisée, elle est au contraire devenue si puissante par ses richesses que tous enviaient sa bonne fortune. Si donc les charges d'une monarchie étaient imposées en vue de la paix, elles n'accableraient pas les citoyens ; mais, comme je l'ai dit, c'est à cause de la politique secrète de cette sorte de pouvoir que les sujets défaillent sous leur maître, c'est-à-dire parce que la vertu des rois compte davantage en temps de guerre qu'en temps de paix et parce que ceux qui veulent régner seuls doivent avant tout s'efforcer de maintenir leurs sujets dans la pauvreté. Je ne mentionne pas d'autres choses que ce très prudent Hollandais V. H.1 a autrefois remarquées, car elles ne concernent pas mon dessein, qui est seulement de décrire le meilleur état de chaque sorte de pouvoir.

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