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Baruch Spinoza
Court Traité de Dieu, de l’homme et de son bien-être, manifestation française Section section-0091
Section 91 sur 122
Référence canonique section-0091
Français
Émile Saisset or Paul Janet
D’un autre côté, l’âme peut être empêchée dans la puissance qu’elle a de mouvoir les esprits, soit parce que ce mouvement des esprits est trop faible, soit au contraire parce qu’il est trop fort : par exemple, les esprits sont diminués lorsque nous avons pris trop peu de nourriture ou que, par une course excessive, les esprits ont donné au corps un mouvement excessif et se sont par là dissipés et affaiblis. Ils sont trop augmentés lorsque, par le vin ou toute autre boisson un peu forte, on devient trop gai ou même ivre, et que notre âme n’a plus la puissance de diriger notre corps.
Voilà pour l’action de l’âme sur le corps. Considérons maintenant l’action du corps sur l’âme. Cette action consiste surtout en ce que c’est le corps qui met l’âme en état de le percevoir lui-même, et par là aussi les autres corps : ce qui est produit uniquement par le mouvement et le repos, car ce sont pour le corps les seuls modes d’action. D’où il suit que, en dehors de cette perception, il ne se produit rien dans les âmes qui puisse être causé par le corps. Maintenant, puisque la seule chose que l’âme apprenne à connaître, c’est le corps, il s’ensuit que l’âme l’aime tout d’abord et est unie avec lui. Mais nous avons vu que la cause de l’amour, de la haine et de la tristesse ne doit pas être cherchée dans le corps, mais dans l’âme, puisque toutes les actions des corps peuvent se ramener au repos et au mouvement ; et nous voyons aussi clairement et distinctement que l’amour d’un objet n’est détruit que par la représentation de quelque chose de meilleur : il s’ensuit évidemment que lorsque nous commençons à connaître Dieu, au moins aussi d’une connaissance aussi claire que celle de notre corps, nous nous unissons alors à lui plus étroitement qu’avec le corps ; et alors seulement nous sommes affranchis du corps. Je dis plus étroitement , car nous avons déjà démontré antérieurement que sans Dieu nous ne pouvons ni exister ni être conçus, et cela vient de ce que nous ne le connaissons et ne pouvons le connaître que par lui-même, et par conséquent beaucoup mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes, puisque nous ne pouvons nous connaître sans lui.
Anglais Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
On the other hand, the soul may be impeded in the power it has to move the spirits, either because this motion of the spirits is too weak or, on the contrary, because it is too strong. For example, the spirits are diminished when we have taken too little food or when, through excessive running, the spirits have imparted excessive motion to the body and have thereby been dissipated and weakened. They are excessively increased when, through wine or any other somewhat strong drink, one becomes too cheerful or even drunk, and our soul no longer has the power to direct our body.
So much for the action of the soul upon the body. Let us now consider the action of the body upon the soul. This action consists chiefly in the body's putting the soul into a state to perceive the body itself, and thereby other bodies also. This is produced solely by motion and rest, for these are the body's only modes of action. It follows that, apart from this perception, nothing occurs in souls that can be caused by the body. Now, since the only thing the soul first comes to know is the body, it follows that the soul first loves it and is united with it. But we have seen that the cause of love, hatred, and sadness must not be sought in the body, but in the soul, since all the actions of bodies can be reduced to rest and motion; and we also see clearly and distinctly that the love of one object is destroyed only by the representation of something better. It plainly follows that when we begin to know God, at least with knowledge as clear as that of our body, we are then united with him more closely than with the body, and only then are we freed from the body. I say more closely, for we have already demonstrated above that without God we can neither exist nor be conceived, and this is because we know him and can know him only through himself, and consequently much better than we know ourselves, since we cannot know ourselves without him.
Concepts de ce passage
Affects
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Attribut
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Soin de l’âme
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Famille
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Liberté
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Dieu
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Amour intellectuel de Dieu
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Connaissance
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Amour
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Mode
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Nécessité
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Péché
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Esprit
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Substance
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