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Aristote

Éthique à Eudème Section 5

Section 34 sur 41

Référence canonique 7.5

Grec ancien

ὅτι μὲν οὖν πλείονες τρόποι φιλίας, καὶ πόσοι τρόποι, ὅτι τρεῖς, καὶ ὅτι τὸ φιλεῖσθαι καὶ ἀντιφιλεῖσθαι καὶ οἱ φί λοι διαφέρουσιν, οἵ τε κατʼ ἰσότητα καὶ οἱ καθʼ ὑπεροχήν, εἴρηται· ἐπεὶ δὲ τὸ φίλον λέγεται καὶ καθόλου μᾶλλον, ὥσπερ καὶ κατʼ ἀρχὰς ἐλέχθη, ὑπὸ τῶν ἔξωθεν συμπαραλαμβανόντων (οἳ μὲν γὰρ τὸ ὅμοιόν φασιν εἶναι φίλον, οἳ δὲ τὸ ἐναντίον), λεκτέον καὶ περὶ τούτων πῶς εἰσι πρὸς τὰς εἰρημένας φιλίας. ἀνάγεται δὲ τὸ μὲν ὅμοιον καὶ εἰς τὸ ἡδὺ καὶ εἰς τὸ ἀγαθόν. τό τε γὰρ ἀγαθὸν ἁπλοῦν, τὸ δὲ κακὸν πολύμορφον· καὶ ὁ ἀγαθὸς μὲν ὅμοιος ἀεὶ καὶ οὐ μεταβάλλεται τὸ ἦθος, ὁ δὲ φαῦλος καὶ ὁ ἄφρων οὐθὲν ἔοικεν ἕωθεν καὶ ἑσπέρας. διὸ ἐὰν μὴ συμβάλλωσιν οἱ φαῦλοι, οὐ φίλοι ἑαυτοῖς, ἀλλὰ διίστανται· ἡ δʼ οὐ βέβαιος φιλία οὐ φιλία. ὥστε οὕτως μὲν τὸ ὅμοιον φίλον, ὅτι τὸ ἀγαθὸν ὅμοιον, ἔστι δὲ ὡς καὶ κατὰ τὸ ἡδύ· τοῖς γὰρ ὁμοίοις ταὔθʼ ἡδέα, καὶ ἕκαστον δὲ φύσει αὐτὸ αὑτῷ ἡδύ. διὸ καὶ φωναὶ καὶ αἱ ἕξεις καὶ συνημερεύσεις τοῖς ὁμογενέσιν ἥδισται ἀλλήλοις, καὶ τοῖς ἄλλοις ζῴοις· καὶ ταύτῃ ἐνδέχεται καὶ τοὺς φαύλους ἀλλήλους φιλεῖν. κακὸς κακῷ δὲ συντέτηκεν ἡδονῇ. τὸ δʼ ἐναντίον τῷ ἐναντίῳ φίλον ὡς τὸ χρήσιμον· αὐτὸ γὰρ αὑτῷ τὸ ὅμοιον ἄχρηστον. διὸ δεσπότης δούλου δεῖται καὶ δοῦλος δεσπότου, καὶ γυνὴ καὶ ἀνὴρ ἀλλήλων, καὶ ἡδὺ καὶ ἐπιθυμητὸν τὸ ἐναντίον ὡς χρήσιμον, καὶ οὐχ ὡς ἐν τέλει ἀλλʼ ὡς πρὸς τὸ τέλος. ὅταν γὰρ τύχῃ οὗ ἐπιθυμεῖ, ἐν τῷ τέλει μὲν ἐστίν, οὐκ ὀρέγεται δὲ τοῦ ἐναντίου, οἷον τὸ θερμὸν τοῦ ψυχροῦ καὶ τὸ ξηρὸν τοῦ ὑγροῦ. ἔστι δέ πως καὶ ἡ τοῦ ἐναντίου φιλία τοῦ ἀγαθοῦ. ὀρέγεται γὰρ ἀλλήλων διὰ τὸ μέσον· ὡς σύμβολα γὰρ ὀρέγεται ἀλλήλων διὰ τὸ οὕτω γίνεσθαι ἐξ ἀμφοῖν ἓν μέσον. ἔτι κατὰ συμβεβηκός ἐστι τοῦ ἐναντίου, καθʼ αὑτὸ δὲ τῆς μεσότητος. ὀρέγονται γὰρ οὐκ ἀλλήλων τἀναντία, ἀλλὰ τοῦ μέσου. ὑπερψυχθέντες γάρ, ἐὰν θερμανθῶσιν, εἰς τὸ μέσον καθίστανται, καὶ ὑπερθερμανθέντες, ἐὰν ψυχθῶσιν· ὁμοίως δὲ καὶ ἐπὶ τῶν ἄλλων. εἰ δὲ μή, ἀεὶ ἐν ἐπιθυμίᾳ, οὐκ ἐν τοῖς μέσοις. ἀλλὰ χαίρει ὁ ἐν τῷ μέσῳ ἄνευ ἐπιθυμίας τοῖς φύσει ἡδέσιν, οἳ δὲ πᾶσι τοῖς ἐξιστᾶσι τῆς φύσει ἕξεως. τοῦτο μὲν οὖν τὸ εἶδος καὶ ἐπὶ τῶν ἀψύχων ἐστίν· τὸ φιλεῖν δὲ γίνεται, ὅταν ᾖ ἐπὶ τῶν ἐμψύχων. διὸ ἐνίοτε ἀνομοίοις χαίρουσιν, οἷον αὐστηροὶ εὐτραπέλοις καὶ ὀξεῖς ῥαθύμοις. εἰς τὸ μέσον γὰρ καθίστανται ὑπʼ ἀλλήλων. κατὰ συμβεβηκὸς οὖν, ὥσπερ ἐλέχθη, τὰ ἐναντία φίλα, καὶ διὰ τὸ ἀγαθόν.

Anglais

Harris Rackham, 1935

But as the term friend is used in a more universal sense as well, as was also said at the beginning, by those who take in wider considerations (some saying that what is like is dear, others what is opposite), we must also speak about these forms of friendship and their relation to the kinds that have been discussed. As for likeness, it connects with pleasantness and also with goodness. For the good is simple, whereas the bad is multiform; and also the good man is always alike and does not change in character, whereas the wicked and the foolish are quite different in the evening from what they were in the morning. Hence if wicked men do not hit it off together, they are not friends with one another but they separate; yet an insecure friendship is not friendship at all. So the like is dear to us in this way, because the good is like. But in a way it is also dear on the score of pleasantness; for to those who are alike the same things are pleasant, and also everything is by nature pleasant to itself. Owing to this relations find one another’s voices and characters and society pleasantest, and so with the lower animals; and in this way it is possible even for bad men to feel affection for each other: But pleasure welds the bad man to the bad. But opposite is dear to opposite on the score of utility. For the like is useless to itself, and therefore master needs slave and slave master, man and wife need one another; and the opposite is pleasant and desirable as useful, not as contained in the End but as a means to the End - for when a thing has got what it desires it has arrived at its End, and does not strive to get its opposite, for example the hot the cold and the wet the dry. But in a way love of the opposite is also love of the good. For opposites strive to reach one another through the middle point, for they strive after each other as tallies, because in that way one middle thing results from the two. Hence accidentally love of the good is love of the opposite, but essentially it is love of the middle, for opposites do not strive to reach one another but the middle. If when people have got too cold they are subjected to heat, and when they have got too hot to cold, they reach a mean temperature, and similarly in other matters; but without such treatment they are always in a state of desire, because they are not at the middle points. But a man in the middle enjoys without passionate desire things by nature pleasant, whereas the others enjoy everything that takes them outside their natural state. This kind of relationship, then, exists even between inanimate things; but when it occurs in the case of living things it becomes affection. Hence sometimes people take delight in persons unlike themselves, the stiff for instance in the witty and the active in the lazy, for they are brought by one another into the middle state. Hence accidentally, as was said, opposites are dear to opposites also on account of the good. It has, then, been said how many kinds of friendship there are, and what are the different senses in which people are termed friends, and also givers and objects of affection, both in a manner that makes them actually friends and without being friends.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Mais puisque le terme « ami » s’emploie aussi en un sens plus universel, comme on l’a également dit au début, par ceux qui embrassent de plus vastes considérations, les uns disant que le semblable est cher, les autres que le contraire l’est, nous devons aussi parler de ces formes d’amitié et de leur rapport avec les sortes déjà examinées.

Quant à la ressemblance, elle se rattache à l’agrément ainsi qu’à la bonté. Le bien est en effet simple, tandis que le mal revêt de multiples formes ; en outre, l’homme bon est toujours semblable à lui-même et ne change pas de caractère, tandis que le méchant et l’insensé sont, le soir, tout différents de ce qu’ils étaient le matin. Ainsi, si les méchants ne s’accordent pas, ils ne sont pas amis les uns des autres, mais se séparent ; or une amitié incertaine n’est nullement une amitié. C’est donc de cette manière que le semblable nous est cher, parce que le bien est semblable.

Mais, d’une certaine manière, il est aussi cher en raison de l’agrément. Pour ceux qui se ressemblent, les mêmes choses sont agréables, et toute chose est également agréable à elle-même par nature. C’est pourquoi les membres d’une même famille trouvent les voix, les caractères et la compagnie les uns des autres extrêmement agréables ; il en va de même chez les animaux inférieurs. De cette manière, même les hommes mauvais peuvent éprouver de l’affection les uns pour les autres :

« Le plaisir soude le méchant au méchant. »

Le contraire, quant à lui, est cher au contraire en raison de l’utilité. Le semblable est inutile à lui-même ; c’est pourquoi le maître a besoin de l’esclave et l’esclave du maître, l’homme et la femme ont besoin l’un de l’autre. Le contraire est agréable et désirable en tant qu’utile, non comme une chose comprise dans la Fin, mais comme un moyen en vue de la Fin. En effet, lorsqu’une chose a obtenu ce qu’elle désire, elle est arrivée à sa Fin et ne s’efforce plus d’obtenir son contraire, par exemple le chaud, le froid, et l’humide, le sec.

Mais, d’une certaine manière, l’amour du contraire est aussi amour du bien. Les contraires s’efforcent en effet de s’atteindre l’un l’autre par le point médian ; ils tendent l’un vers l’autre comme les deux parties d’une tessère, parce que, de cette façon, une seule chose médiane résulte des deux. Ainsi, accidentellement, l’amour du bien est amour du contraire, mais, essentiellement, il est amour du milieu. Car les contraires ne s’efforcent pas de s’atteindre mutuellement, mais d’atteindre le milieu. Si, lorsque des personnes ont trop froid, on les soumet à la chaleur et, lorsqu’elles ont trop chaud, au froid, elles atteignent une température moyenne ; il en va pareillement dans les autres domaines. Mais, sans un tel traitement, elles demeurent toujours en état de désir, parce qu’elles ne se trouvent pas aux points médians. L’homme qui se trouve au milieu jouit sans désir passionné des choses agréables par nature, tandis que les autres jouissent de tout ce qui les fait sortir de leur état naturel.

Ce genre de rapport existe donc même entre des choses inanimées ; mais lorsqu’il se rencontre chez les êtres vivants, il devient affection. C’est pourquoi les hommes prennent parfois plaisir à fréquenter des personnes qui ne leur ressemblent pas, l’homme raide, par exemple, à fréquenter l’homme spirituel, et l’homme actif le paresseux, car ils se ramènent mutuellement à l’état médian. Ainsi, accidentellement, comme on l’a dit, les contraires sont aussi chers aux contraires en raison du bien.

On a donc dit combien il existe de sortes d’amitié, quels sont les différents sens selon lesquels les hommes sont appelés amis, et aussi donateurs et objets d’affection, tant de la manière qui fait d’eux effectivement des amis que sans qu’ils soient amis.

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