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Aristote

Éthique à Nicomaque Section 11

Section 107 sur 116

Référence canonique 9.11

Grec ancien

πότερον δʼ ἐν εὐτυχίαις μᾶλλον φίλων δεῖ ἢ ἐν δυστυχίαις; ἐν ἀμφοῖν γὰρ ἐπιζητοῦνται· οἵ τε γὰρ ἀτυχοῦντες δέονται ἐπικουρίας, οἵ τʼ εὐτυχοῦντες συμβίων καὶ οὓς εὖ ποιήσουσιν· βούλονται γὰρ εὖ δρᾶν. ἀναγκαιότερον μὲν δὴ ἐν ταῖς ἀτυχίαις, διὸ τῶν χρησίμων ἐνταῦθα δεῖ, κάλλιον δʼ ἐν ταῖς εὐτυχίαις, διὸ καὶ τοὺς ἐπιεικεῖς ζητοῦσιν· τούτους γὰρ αἱρετώτερον εὐεργετεῖν καὶ μετὰ τούτων διάγειν. ἔστι γὰρ καὶ ἡ παρουσία αὐτὴ τῶν φίλων ἡδεῖα καὶ ἐν ταῖς εὐτυχίαις καὶ ἐν ταῖς δυστυχίαις. κουφίζονται γὰρ οἱ λυπούμενοι συναλγούντων τῶν φίλων. διὸ κἂν ἀπορήσειέν τις πότερον ὥσπερ βάρους μεταλαμβάνουσιν, ἢ τοῦτο μὲν οὔ, ἡ παρουσία δʼ αὐτῶν ἡδεῖα οὖσα καὶ ἡ ἔννοια τοῦ συναλγεῖν ἐλάττω τὴν λύπην ποιεῖ. εἰ μὲν οὖν διὰ ταῦτα ἢ διʼ ἄλλο τι κουφίζονται, ἀφείσθω· συμβαίνειν δʼ οὖν φαίνεται τὸ λεχθέν. ἔοικε δʼ ἡ παρουσία μικτή τις αὐτῶν εἶναι. αὐτὸ μὲν γὰρ τὸ ὁρᾶν τοὺς φίλους ἡδύ, ἄλλως τε καὶ ἀτυχοῦντι, καὶ γίνεταί τις ἐπικουρία πρὸς τὸ μὴ λυπεῖσθαι (παραμυθητικὸν γὰρ ὁ φίλος καὶ τῇ ὄψει καὶ τῷ λόγῳ, ἐὰν ᾖ ἐπιδέξιος· οἶδε γὰρ τὸ ἦθος καὶ ἐφʼ οἷς ἥδεται καὶ λυπεῖται)· τὸ δὲ λυπούμενον αἰσθάνεσθαι ἐπὶ ταῖς αὑτοῦ ἀτυχίαις λυπηρόν· πᾶς γὰρ φεύγει λύπης αἴτιος εἶναι τοῖς φίλοις. διόπερ οἱ μὲν ἀνδρώδεις τὴν φύσιν εὐλαβοῦνται συλλυπεῖν τοὺς φίλους αὑτοῖς, κἂν μὴ ὑπερτείνῃ τῇ ἀλυπίᾳ, τὴν ἐκείνοις γινομένην λύπην οὐχ ὑπομένει, ὅλως τε συνθρήνους οὐ προσίεται διὰ τὸ μηδʼ αὐτὸς εἶναι θρηνητικός· γύναια δὲ καὶ οἱ τοιοῦτοι ἄνδρες τοῖς συστένουσι χαίρουσι, καὶ φιλοῦσιν ὡς φίλους καὶ συναλγοῦντας. μιμεῖσθαι δʼ ἐν ἅπασι δεῖ δῆλον ὅτι τὸν βελτίω. ἡ δʼ ἐν ταῖς εὐτυχίαις τῶν φίλων παρουσία τήν τε διαγωγὴν ἡδεῖαν ἔχει καὶ τὴν ἔννοιαν ὅτι ἥδονται ἐπὶ τοῖς αὑτοῦ ἀγαθοῖς. διὸ δόξειεν ἂν δεῖν εἰς μὲν τὰς εὐτυχίας καλεῖν τοὺς φίλους προθύμως (εὐεργετικὸν γὰρ εἶναι καλόν), εἰς δὲ τὰς ἀτυχίας ὀκνοῦντα· μεταδιδόναι γὰρ ὡς ἥκιστα δεῖ τῶν κακῶν, ὅθεν τὸ ἅλις ἐγὼ δυστυχῶν. μάλιστα δὲ παρακλητέον ὅταν μέλλωσιν ὀλίγα ὀχληθέντες μεγάλʼ αὐτὸν ὠφελήσειν. ἰέναι δʼ ἀνάπαλιν ἴσως ἁρμόζει πρὸς μὲν τοὺς ἀτυχοῦντας ἄκλητον καὶ προθύμως (φίλου γὰρ εὖ ποιεῖν, καὶ μάλιστα τοὺς ἐν χρείᾳ καὶ τὸ μὴ ἀξιώσαντας· ἀμφοῖν γὰρ κάλλιον καὶ ἥδιον), εἰς δὲ τὰς εὐτυχίας συνεργοῦντα μὲν προθύμως (καὶ γὰρ εἰς ταῦτα χρεία φίλων), πρὸς εὐπάθειαν δὲ σχολαίως· οὐ γὰρ καλὸν τὸ προθυμεῖσθαι ὠφελεῖσθαι. δόξαν δʼ ἀηδίας ἐν τῷ διωθεῖσθαι ἴσως εὐλαβητέον· ἐνίοτε γὰρ συμβαίνει. ἡ παρουσία δὴ τῶν φίλων ἐν ἅπασιν αἱρετὴ φαίνεται.

Anglais

Harris Rackham, 1926

But do we need friends more in prosperity or in adversity? As a matter of fact men seek friends in both. The unfortunate require assistance; the prosperous want companions, and recipients of their bounty, since they wish to practise beneficence. Hence friendship is more necessary in adversity, so then it is useful friends that are wanted; but it is nobler in prosperity, so the prosperous seek also for good men as friends, since these are preferable both as objects of beneficence and as associates. Also the mere presence of friends is pleasant both in prosperity and adversity. Sorrow is lightened by the sympathy of friends. Hence the question may be raised whether friends actually share the burden of grief, or whether, without this being the case, the pain is nevertheless diminished by the pleasure of their company and by the consciousness of their sympathy. Whether one of these reasons or some other gives the true explanation of the consoling power of friendship need not now be considered, but in any case it appears to have the effect described. Yet the pleasure that the company of friends affords seems to be of a mixed nature. It is true that the very sight of them is pleasant, especially in time of misfortune, and is a considerable help in assuaging sorrow; for a friend, if tactful, can comfort us with look and word, as he knows our characters and what things give us pleasure and pain. But on the other hand to see another pained by our own misfortunes is painful, as everyone is reluctant to be a cause of pain to his friends. Hence manly natures shrink from making their friends share their pain, and unless a man is excessively insensitive, he cannot bear the pain that his pain gives to them; and he will not suffer others to lament with him, because he is not given to lamentation himself. But weak women and womanish men like those who mourn with them, and love them as true friends and sympathizers. However, it is clear that in everything we ought to copy the example of the man of nobler nature. In prosperity again the company of friends sweetens our hours of leisure, and also affords the pleasure of being conscious of their pleasure in our welfare. Hence it may be thought that we ought to be eager to invite our friends to share our good fortune (since it is noble to wish to bestow benefits), but reluctant to ask them to come to us in misfortune (since we should impart to others as little as possible of what is evil: whence the proverb My own misfortune is enough ). We should summon our friends to our aid chiefly when they will be of great service to us at the cost of little trouble to themselves. So, conversely, it is perhaps fitting that we should go uninvited and readily to those in misfortune (for it is the part of a friend to render service, and especially to those in need, and without being asked, since assistance so rendered is more noble and more pleasant for both parties); but to the prosperous, though we should go readily to help them (for even prosperity needs the cooperation of friends), we should be slow in going when it is a question of enjoying their good things (for it is not noble to be eager to receive benefits). But doubtless we should be careful to avoid seeming churlish in repulsing their advances, a thing that does sometimes occur. It appears therefore that the company of friends is desirable in all circumstances.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Mais avons-nous davantage besoin d’amis dans la prospérité ou dans l’adversité ? En fait, les hommes recherchent des amis dans l’une comme dans l’autre. Les malheureux ont besoin d’assistance ; les hommes prospères veulent des compagnons et des bénéficiaires de leurs largesses, puisqu’ils désirent pratiquer la bienfaisance. L’amitié est donc plus nécessaire dans l’adversité, et ce sont alors des amis utiles que l’on recherche ; mais elle est plus noble dans la prospérité, aussi les hommes prospères cherchent-ils également à avoir pour amis des hommes bons, puisque ceux-ci sont préférables aussi bien comme objets de bienfaisance que comme compagnons. La simple présence d’amis est en outre agréable dans la prospérité comme dans l’adversité. Le chagrin est allégé par la sympathie des amis. On peut donc se demander si les amis prennent réellement leur part du fardeau de la douleur ou si, sans que ce soit le cas, la souffrance est néanmoins diminuée par le plaisir de leur compagnie et par la conscience de leur sympathie. Il n’est pas nécessaire d’examiner maintenant si l’une de ces raisons ou quelque autre fournit la véritable explication du pouvoir consolateur de l’amitié ; quoi qu’il en soit, elle paraît produire l’effet décrit. Pourtant, le plaisir que procure la compagnie des amis semble être de nature mêlée. Il est vrai que leur seule vue est agréable, surtout dans le malheur, et contribue considérablement à apaiser le chagrin ; car un ami, s’il a du tact, peut nous réconforter par son regard et ses paroles, puisqu’il connaît notre caractère ainsi que les choses qui nous donnent du plaisir et de la peine. Mais, d’un autre côté, voir une autre personne souffrir de nos propres malheurs est pénible, car chacun répugne à causer de la peine à ses amis. Aussi les natures viriles hésitent-elles à faire partager leur douleur à leurs amis et, à moins d’être excessivement insensible, un homme ne peut supporter la souffrance que sa souffrance leur inflige ; il ne permettra pas non plus aux autres de se lamenter avec lui, parce qu’il n’est pas lui-même porté aux lamentations. Mais les femmes faibles et les hommes efféminés aiment ceux qui se lamentent avec eux, et les chérissent comme de véritables amis qui compatissent à leur peine. Il est toutefois clair qu’en toute chose nous devons imiter l’exemple de l’homme à la nature la plus noble. Dans la prospérité, d’autre part, la compagnie des amis adoucit nos heures de loisir et nous procure aussi le plaisir d’avoir conscience du plaisir qu’ils prennent à notre bonheur. Aussi peut-on penser que nous devons inviter avec empressement nos amis à partager notre bonne fortune (car il est noble de vouloir dispenser des bienfaits), mais répugner à leur demander de venir à nous dans le malheur (car nous devons communiquer aux autres aussi peu que possible de ce qui est mauvais ; d’où le proverbe : « Mon propre malheur suffit »). Nous devons appeler nos amis à notre secours surtout lorsqu’ils pourront nous rendre un grand service au prix de peu de peine pour eux-mêmes. Inversement, il convient peut-être que nous allions spontanément et avec empressement auprès de ceux qui sont dans le malheur (car il appartient à un ami de rendre service, surtout à ceux qui sont dans le besoin, et sans attendre qu’ils le demandent, puisque l’aide ainsi apportée est plus noble et plus agréable pour les deux parties) ; mais auprès des hommes prospères, bien que nous devions aller volontiers les aider (car la prospérité elle-même a besoin de la coopération des amis), nous devons tarder à nous rendre chez eux lorsqu’il s’agit de jouir de leurs biens (car il n’est pas noble de s’empresser de recevoir des bienfaits). Sans doute devons-nous toutefois prendre garde à ne pas paraître discourtois en repoussant leurs avances, chose qui arrive parfois. La compagnie des amis paraît donc désirable en toutes circonstances.

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