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Aristote

Éthique à Nicomaque Section 12

Section 108 sur 116

Référence canonique 9.12

Grec ancien

ἆρʼ οὖν, ὥσπερ τοῖς ἐρῶσι τὸ ὁρᾶν ἀγαπητότατόν ἐστι καὶ μᾶλλον αἱροῦνται ταύτην τὴν αἴσθησιν ἢ τὰς λοιπὰς ὡς κατὰ ταύτην μάλιστα τοῦ ἔρωτος ὄντος καὶ γινομένου, οὕτω καὶ τοῖς φίλοις αἱρετώτατόν ἐστι τὸ συζῆν; κοινωνία γὰρ ἡ φιλία, καὶ ὡς πρὸς ἑαυτὸν ἔχει, οὕτω καὶ πρὸς τὸν φίλον· περὶ αὑτὸν δʼ ἡ αἴσθησις ὅτι ἔστιν αἱρετή, καὶ περὶ τὸν φίλον δή· ἡ δʼ ἐνέργεια γίνεται αὐτῆς ἐν τῷ συζῆν, ὥστʼ εἰκότως τούτου ἐφίενται. καὶ ὅ ποτʼ ἐστὶν ἑκάστοις τὸ εἶναι ἢ οὗ χάριν αἱροῦνται τὸ ζῆν, ἐν τούτῳ μετὰ τῶν φίλων βούλονται διάγειν· διόπερ οἳ μὲν συμπίνουσιν, οἳ δὲ συγκυβεύουσιν, ἄλλοι δὲ συγγυμνάζονται καὶ συγκυνηγοῦσιν ἢ συμφιλοσοφοῦσιν, ἕκαστοι ἐν τούτῳ συνημερεύοντες ὅ τι περ μάλιστʼ ἀγαπῶσι τῶν ἐν τῷ βίῳ· συζῆν γὰρ βουλόμενοι μετὰ τῶν φίλων, ταῦτα ποιοῦσι καὶ τούτων κοινωνοῦσιν οἷς οἴονται συζῆν. γίνεται οὖν ἡ μὲν τῶν φαύλων φιλία μοχθηρά (κοινωνοῦσι γὰρ φαύλων ἀβέβαιοι ὄντες, καὶ μοχθηροὶ δὲ γίνονται ὁμοιούμενοι ἀλλήλοις), ἡ δὲ τῶν ἐπιεικῶν ἐπιεικής, συναυξανομένη ταῖς ὁμιλίαις· δοκοῦσι δὲ καὶ βελτίους γίνεσθαι ἐνεργοῦντες καὶ διορθοῦντες ἀλλήλους· ἀπομάττονται γὰρ παρʼ ἀλλήλων οἷς ἀρέσκονται, ὅθεν ἐσθλῶν μὲν γὰρ ἄπʼ ἐσθλά. περὶ μὲν οὖν φιλίας ἐπὶ τοσοῦτον εἰρήσθω· ἑπόμενον δʼ ἂν εἴη διελθεῖν περὶ ἡδονῆς.

Anglais

Harris Rackham, 1926

As then lovers find their greatest delight in seeing those they love, and prefer the gratification of the sense of sight to that of all the other senses, that sense being the chief seat and source of love, so likewise for friends (may we not say?) the society of each other is the most desirable thing there is. For (i) friendship is essentially a partnership. And (ii) a man stands in the same relation to a friend as to himself ; but the consciousness of his own existence is a good; so also therefore is the consciousness of his friend’s existence; but this consciousness is actualized in intercourse; hence friends naturally desire each other’s society. And (iii) whatever pursuit it is that constitutes existence for a man or that makes his life worth living, he desires to share that pursuit with his friends. Hence some friends drink or dice together, others practise athletic sports and hunt, or study philosophy, in each other’s company; each sort spending their time together in the occupation that they love best of everything in life; for wishing to live in their friends’ society, they pursue and take part with them in these occupations as best they can. Thus the friendship of inferior people is evil, for they take part together in inferior pursuits [being unstable,] and by becoming like each other are made positively evil. But the friendship of the good is good, and grows with their intercourse. And they seem actually to become better by putting their friendship into practice, and because they correct each other’s faults, for each takes the impress from the other of those traits in him that give him pleasure - whence the saying: Noble deeds from noble men. So much for our treatment of Friendship. Our next business will be to discuss Pleasure.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

De même donc que les amants trouvent leur plus grande joie à voir ceux qu’ils aiment et préfèrent la satisfaction du sens de la vue à celle de tous les autres sens, parce que ce sens est le siège principal et la source de l’amour, de même aussi, pour les amis, ne pouvons-nous pas dire que la compagnie les uns des autres est la chose la plus désirable qui soit ? Car (i) l’amitié est essentiellement une communauté. Et (ii) un homme entretient avec son ami la même relation qu’avec lui-même ; or la conscience de sa propre existence est un bien ; il en va donc de même de la conscience de l’existence de son ami ; mais cette conscience s’actualise dans les relations mutuelles ; les amis désirent donc naturellement la compagnie les uns des autres. Et (iii) quelle que soit l’activité qui constitue l’existence d’un homme ou qui donne à sa vie sa valeur, il désire la partager avec ses amis. Ainsi, certains amis boivent ou jouent aux dés ensemble, d’autres pratiquent les exercices athlétiques et la chasse, ou étudient la philosophie en compagnie les uns des autres ; chaque catégorie passe son temps avec les autres dans l’occupation qu’elle aime par-dessus tout dans la vie ; car, désirant vivre dans la société de leurs amis, ils poursuivent et partagent avec eux ces occupations du mieux qu’ils le peuvent. Ainsi, l’amitié des hommes inférieurs est mauvaise, car ils prennent part ensemble à des occupations inférieures [étant instables], et, en devenant semblables les uns aux autres, ils deviennent positivement mauvais. Mais l’amitié des hommes bons est bonne et croît avec leurs relations. Et ils semblent même devenir meilleurs en mettant leur amitié en pratique et parce qu’ils corrigent mutuellement leurs défauts, car chacun reçoit de l’autre l’empreinte des traits qui lui plaisent en lui ; d’où le dicton : « Des hommes nobles viennent les nobles actions. » Nous en avons ainsi terminé avec notre étude de l’Amitié. Notre prochaine tâche sera de traiter du Plaisir.

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