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Aristote

Poétique Section 16

Section 8 sur 26

Référence canonique 1.16

Grec ancien

ἀναγνώρισις δὲ τί μέν ἐστιν, εἴρηται πρότερον· εἴδη δὲ ἀναγνωρίσεως, πρώτη μὲν ἡ ἀτεχνοτάτη καὶ ᾗ πλείστῃ χρῶνται δι’ ἀπορίαν, ἡ διὰ τῶν σημείων. τούτων δὲ τὰ μὲν σύμφυτα, οἷον λόγχην ἣν φοροῦσι Γηγενεῖς ἢ ἀστέρας οἵους ἐν τῷ Θυέστῃ Καρκίνος, τὰ δὲ ἐπίκτητα, καὶ τούτων τὰ μὲν ἐν τῷ σώματι, οἷον οὐλαί, τὰ δὲ ἐκτός, οἷον τὰ περιδέραια καὶ οἷον ἐν τῇ Τυροῖ διὰ τῆς σκάφης. ἔστιν δὲ καὶ τούτοις χρῆσθαι ἢ βέλτιον ἢ χεῖρον, οἷον Ὀδυσσεὺς διὰ τῆς οὐλῆς ἄλλως ἀνεγνωρίσθη ὑπὸ τῆς τροφοῦ καὶ ἄλλως ὑπὸ τῶν συβοτῶν· εἰσὶ γὰρ αἱ μὲν πίστεως ἕνεκα ἀτεχνότεραι, καὶ αἱ τοιαῦται πᾶσαι, αἱ δὲ ἐκ περιπετείας, ὥσπερ ἡ ἐν τοῖς Νίπτροις, βελτίους. δεύτεραι δὲ αἱ πεποιημέναι ὑπὸ τοῦ ποιητοῦ, διὸ ἄτεχνοι. οἷον Ὀρέστης ἐν τῇ Ἰφιγενείᾳ ἀνεγνώρισεν ὅτι Ὀρέστης· ἐκείνη μὲν γὰρ διὰ τῆς ἐπιστολῆς, ἐκεῖνος δὲ αὐτὸς λέγει ἃ βούλεται ὁ ποιητὴς ἀλλ’ οὐχ ὁ μῦθος· διὸ ἐγγύς τι τῆς εἰρημένης ἁμαρτίας ἐστίν, ἐξῆν γὰρ ἂν ἔνια καὶ ἐνεγκεῖν. καὶ ἐν τῷ Σοφοκλέους Τηρεῖ ἡ τῆς κερκίδος φωνή. ἡ τρίτη διὰ μνήμης, τῷ αἰσθέσθαι τι ἰδόντα, ὥσπερ ἡ ἐν Κυπρίοις τοῖς Δικαιογένους, ἰδὼν γὰρ τὴν γραφὴν ἔκλαυσεν, καὶ ἡ ἐν Ἀλκίνου ἀπολόγῳ, ἀκούων γὰρ τοῦ κιθαριστοῦ καὶ μνησθεὶς ἐδάκρυσεν, ὅθεν ἀνεγνωρίσθησαν. τετάρτη δὲ ἡ ἐκ συλλογισμοῦ, οἷον ἐν Χοηφόροις, ὅτι ὅμοιός τις ἐλήλυθεν, ὅμοιος δὲ οὐθεὶς ἀλλ’ ἢ Ὀρέστης, οὗτος ἄρα ἐλήλυθεν. καὶ ἡ Πολυίδου τοῦ σοφιστοῦ περὶ τῆς Ἰφιγενείας· εἰκὸς γὰρ ἔφη τὸν Ὀρέστην συλλογίσασθαι ὅτι ἥ τ’ ἀδελφὴ ἐτύθη καὶ αὐτῷ συμβαίνει θύεσθαι. καὶ ἐν τῷ Θεοδέκτου Τυδεῖ, ὅτι ἐλθὼν ὡς εὑρήσων τὸν υἱὸν αὐτὸς ἀπόλλυται. καὶ ἡ ἐν τοῖς Φινείδαις· ἰδοῦσαι γὰρ τὸν τόπον συνελογίσαντο τὴν εἱμαρμένην ὅτι ἐν τούτῳ εἵμαρτο ἀποθανεῖν αὐταῖς, καὶ γὰρ ἐξετέθησαν ἐνταῦθα. ἔστιν δέ τις καὶ συνθετὴ ἐκ παραλογισμοῦ τοῦ θεάτρου, οἷον ἐν τῷ Ὀδυσσεῖ τῷ ψευδαγγέλῳ· τὸ μὲν γὰρ τὸ τόξον ἐντείνειν, ἄλλον δὲ μηδένα, πεποιημένον ὑπὸ τοῦ ποιητοῦ καὶ ὑπόθεσις, καὶ εἴ γε τὸ τόξον ἔφη γνώσεσθαι ὃ οὐχ ἑωράκει· τὸ δὲ ὡς δι’ ἐκείνου ἀναγνωριοῦντος διὰ τούτου ποιῆσαι παραλογισμός. πασῶν δὲ βελτίστη ἀναγνώρισις ἡ ἐξ αὐτῶν τῶν πραγμάτων, τῆς ἐκπλήξεως γιγνομένης δι’ εἰκότων, οἷον ἐν τῷ Σοφοκλέους Οἰδίποδι καὶ τῇ Ἰφιγενείᾳ· εἰκὸς γὰρ βούλεσθαι ἐπιθεῖναι γράμματα. αἱ γὰρ τοιαῦται μόναι ἄνευ τῶν πεποιημένων σημείων καὶ περιδεραίων. δεύτεραι δὲ αἱ ἐκ συλλογισμοῦ.

Anglais

W. H. Fyfe, 1939

What a Discovery is has been already stated. As for kinds of Discovery, first comes the least artistic kind, which is largely used owing to incompetence - discovery by tokens. These may be congenital, like the spear the Earth-born bear or stars, like those which Carcinus uses in his Thyestes ; or they may be acquired and these may be on the body, for instance, wounds, or external things like necklaces, and in the Tyro the discovery by means of the boat. There is a better and a worse way of using these tokens; for instance Odysseus, by means of his wound, was discovered in one way by the nurse and in another way by the swine-herds. Discovery scenes constructed to prove the point are inartistic and so are all such scenes, but those are better which arise out of a reversal scene, as, for instance, in The Washing. In the second place come those which are manufactured by the poet and are therefore inartistic. For instance, in the Iphigeneia Orestes revealed himself. She was revealed to him through the letter, but Orestes says himself what the poet wants and not what the plot requires. So this comes near to the fault already mentioned, for he might just as well have actually brought some tokens. And there is the voice of the shuttle In Sophocles’ Tereus . The third kind is due to memory, to showing distress on seeing something. An example of this is the scene in the Cyprians by Dicaeogenes; on seeing the picture he burst into tears : and again in the Tale of Alcinous, hearing the minstrel he remembered and burst into tears; and thus they were recognized. The fourth kind results from an inference; for instance, in the Choephoroe Someone like me has come; but nobody is like me except Orestes; therefore he has come. And there is Polyidus’s idea about Iphigeneia, for it is likely enough that Orestes should make an inference that, whereas his sister was sacrificed, here is the same thing happening to him. And in Theodectes’ Tydeus that having come to find a son, he is perishing himself. And the scene in the Phineidae , where on seeing the spot the women inferred their fate, that they were meant to die there for it was there that they had been exposed. There is also a kind of fictitious discovery which depends on a false inference on the part of the audience, for instance in Odysseus the False Messenger , he said he would recognize the bow, which as a matter of fact he had not seen, but to assume that he really would reveal himself by this means is a false inference. Best of all is the discovery which is brought about directly by the incidents, the surprise being produced by means of what is likely - take the scene in Sophocles’ Oedipus or in the Iphigeneia - for it is likely enough that she should want to send a letter. These are the only discovery scenes which dispense with artificial tokens, like necklaces. In the second place come those that are the result of inference.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Nous avons déjà indiqué ce qu’est une reconnaissance. Quant aux espèces de reconnaissance, vient d’abord la moins artistique, très employée par incompétence : la reconnaissance par des signes. Ceux-ci peuvent être congénitaux, comme la lance que portent les Fils de la Terre, ou les étoiles, comme celles qu’emploie Carcinos dans son Thyeste ; ils peuvent aussi être acquis, et se trouver alors sur le corps, comme les blessures, ou être des objets extérieurs, comme les colliers et, dans Tyro, la barque qui permet la reconnaissance.

Ces signes peuvent être employés d’une manière meilleure ou pire. Ainsi, grâce à sa blessure, Ulysse fut reconnu d’une manière par la nourrice et d’une autre par les porchers. Les scènes de reconnaissance construites en vue de fournir une preuve manquent d’art, comme toutes les scènes de ce genre ; mais celles qui naissent d’une scène de renversement sont meilleures, comme par exemple dans Le Bain.

Viennent en deuxième lieu les reconnaissances fabriquées par le poète et qui, pour cette raison, manquent d’art. Dans Iphigénie, par exemple, Oreste révèle lui-même son identité. Elle lui est révélée par la lettre, mais Oreste dit lui-même ce que veut le poète, et non ce qu’exige l’intrigue. Cela se rapproche donc de la faute déjà mentionnée, car il aurait tout aussi bien pu apporter effectivement quelques signes. Il y a aussi la voix de la navette dans le Térée de Sophocle.

La troisième espèce est due à la mémoire, au fait de manifester de l’affliction à la vue de quelque chose. On en trouve un exemple dans la scène des Cypriens de Dicéogène : à la vue du tableau, il éclata en sanglots ; de même, dans le Récit d’Alcinoos, en entendant l’aède, il se souvint et éclata en sanglots ; et ils furent ainsi reconnus.

La quatrième espèce résulte d’une inférence. Par exemple, dans les Choéphores : quelqu’un qui me ressemble est venu ; or personne ne me ressemble, excepté Oreste ; c’est donc lui qui est venu. Il y a aussi l’idée de Polyidos au sujet d’Iphigénie, car il est assez vraisemblable qu’Oreste fasse cette inférence : puisque sa sœur a été sacrifiée, voici que la même chose lui arrive. Et, dans le Tydée de Théodecte, venu pour retrouver un fils, il comprend que c’est lui-même qui périt. Dans la scène des Phinéides, en voyant le lieu, les femmes infèrent leur destin : elles doivent mourir là, car c’est là qu’elles avaient été exposées.

Il existe aussi une sorte de reconnaissance fictive qui dépend d’une fausse inférence du public. Ainsi, dans Ulysse, le faux messager, il déclara qu’il reconnaîtrait l’arc, qu’en réalité il n’avait pas vu ; mais supposer qu’il révélerait réellement son identité par ce moyen est une fausse inférence.

La meilleure de toutes est la reconnaissance directement amenée par les événements, la surprise étant produite au moyen de ce qui est vraisemblable. Voyez la scène dans l’Œdipe de Sophocle ou dans Iphigénie, car il est assez vraisemblable qu’elle veuille envoyer une lettre. Ce sont les seules scènes de reconnaissance qui se passent de signes artificiels, tels que des colliers. Au deuxième rang viennent celles qui résultent d’une inférence.

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