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Platon
Clitophon Passage 407
Passage 2 sur 5
Référence canonique 407
Grec ancien
perseus-plato-cleitophon-grc
ΣΩ. ἀλλʼ αἰσχρὸν μὴν σοῦ γε ὠφελεῖν με προθυμουμένου μὴ ὑπομένειν· δῆλον γὰρ ὡς γνοὺς ὅπῃ χείρων εἰμὶ καὶ βελτίων, τὰ μὲν ἀσκήσω καὶ διώξομαι, τὰ δὲ φεύξομαι κατὰ κράτος. ΚΛΕΙ. ἀκούοις ἄν. ἐγὼ γάρ, ὦ Σώκρατες, σοὶ συγγιγνόμενος πολλάκις ἐξεπληττόμην ἀκούων, καί μοι ἐδόκεις παρὰ τοὺς ἄλλους ἀνθρώπους κάλλιστα λέγειν, ὁπότε ἐπιτιμῶν τοῖς ἀνθρώποις, ὥσπερ ἐπὶ μηχανῆς τραγικῆς θεός, ὕμνεις λέγων· ποῖ φέρεσθε, ὤνθρωποι; καὶ ἀγνοεῖτε οὐδὲν τῶν δεόντων πράττοντες, οἵτινες χρημάτων μὲν πέρι τὴν πᾶσαν σπουδὴν ἔχετε ὅπως ὑμῖν ἔσται, τῶν δʼ ὑέων οἷς ταῦτα παραδώσετε ὅπως ἐπιστήσονται χρῆσθαι δικαίως τούτοις, οὔτε διδασκάλους αὐτοῖς εὑρίσκετε τῆς δικαιοσύνης, εἴπερ μαθητόν - εἰ δὲ μελετητόν τε καὶ ἀσκητόν, οἵτινες ἐξασκήσουσιν καὶ ἐκμελετήσουσιν ἱκανῶς - οὐδέ γʼ ἔτι πρότερον ὑμᾶς αὐτοὺς οὕτως ἐθεραπεύσατε. ἀλλʼ ὁρῶντες γράμματα καὶ μουσικὴν καὶ γυμναστικὴν ὑμᾶς τε αὐτοὺς καὶ τοὺς παῖδας ὑμῶν ἱκανῶς μεμαθηκότας - ἃ δὴ παιδείαν ἀρετῆς εἶναι τελέαν ἡγεῖσθε - κἄπειτα οὐδὲν ἧττον κακοὺς γιγνομένους περὶ τὰ χρήματα, πῶς οὐ καταφρονεῖτε τῆς νῦν παιδεύσεως οὐδὲ ζητεῖτε οἵτινες ὑμᾶς παύσουσι ταύτης τῆς ἀμουσίας; καίτοι διά γε ταύτην τὴν πλημμέλειαν καὶ ῥᾳθυμίαν, ἀλλʼ οὐ διὰ τὴν ἐν τῷ ποδὶ πρὸς τὴν λύραν ἀμετρίαν, καὶ ἀδελφὸς ἀδελφῷ καὶ πόλεις πόλεσιν ἀμέτρως καὶ ἀναρμόστως προσφερόμεναι στασιάζουσι καὶ πολεμοῦντες τὰ ἔσχατα δρῶσιν καὶ πάσχουσιν. ὑμεῖς δέ φατε οὐ διʼ ἀπαιδευσίαν οὐδὲ διʼ ἄγνοιαν ἀλλʼ ἑκόντας τοὺς ἀδίκους ἀδίκους εἶναι, πάλιν δʼ αὖ τολμᾶτε λέγειν ὡς αἰσχρὸν καὶ θεομισὲς ἡ ἀδικία· πῶς οὖν δή τις τό γε τοιοῦτον κακὸν ἑκὼν αἱροῖτʼ ἄν; Ἥττων ὃς ἂν ᾖ, φατέ, τῶν ἡδονῶν. οὐκοῦν καὶ τοῦτο ἀκούσιον, εἴπερ τὸ νικᾶν ἑκούσιον; ὥστε ἐκ παντὸς τρόπου τό γε ἀδικεῖν ἀκούσιον ὁ λόγος αἱρεῖ, καὶ δεῖν ἐπιμέλειαν τῆς νῦν πλείω ποιεῖσθαι πάντʼ ἄνδρα ἰδίᾳ θʼ ἅμα καὶ δημοσίᾳ συμπάσας τὰς πόλεις. ταῦτʼ οὖν, ὦ Σώκρατες, ἐγὼ ὅταν ἀκούω σοῦ θαμὰ λέγοντος, καὶ μάλα ἄγαμαι καὶ θαυμαστῶς ὡς ἐπαινῶ. καὶ ὁπόταν αὖ φῇς τὸ ἐφεξῆς τούτῳ, τοὺς ἀσκοῦντας μὲν τὰ σώματα, τῆς δὲ ψυχῆς ἠμεληκότας ἕτερόν τι πράττειν τοιοῦτον, τοῦ μὲν ἄρξοντος ἀμελεῖν, περὶ δὲ τὸ ἀρξόμενον ἐσπουδακέναι. καὶ ὅταν λέγῃς ὡς ὅτῳ τις μὴ ἐπίσταται χρῆσθαι, κρεῖττον ἐᾶν τὴν τούτου χρῆσιν· εἰ δή τις μὴ ἐπίσταται ὀφθαλμοῖς χρῆσθαι μηδὲ ὠσὶν μηδὲ σύμπαντι τῷ σώματι, τούτῳ μήτε ἀκούειν μήθʼ ὁρᾶν μήτʼ ἄλλην χρείαν μηδεμίαν χρῆσθαι τῷ σώματι κρεῖττον ἢ ὁπῃοῦν χρῆσθαι.
Anglais
Benjamin Jowett · perseus-plato-cleitophon-en
Soc. Well, now, it would be indeed unhandsome of me not to put up with it when you are so anxious to do me a benefit. For obviously, when I have been taught my good points and my bad, I shall practice and pursue the one and eschew the other with all my might. Cleit. Listen, then. When I was attending your lectures, Socrates, I was oftentimes amazed at what I heard, and you seemed to me to surpass all other men in the nobleness of your discourse, when you rebuked mankind and chanted these words like a God on the tragic stage: Whither haste ye, O men? Yea, verily ye know not that ye are doing none of the things ye ought, seeing that ye spend your whole energy on wealth and the acquiring of it; while as to your sons to whom ye will bequeath it, ye neglect to ensure that they shall understand how to use it justly, and ye find for them no teachers of justice, if so be that it is teachable - or if it be a matter of training and practice, instructors who can efficiently practice and train them - nor have ye even begun by reforming yourselves in this respect. Yet when ye perceive that ye yourselves and your children, though adequately instructed in letters and music and gymnastic - which ye, forsooth, regard as a complete education in virtue - are in consequence none the less vicious in respect of wealth, how is it that ye do not contemn this present mode of education nor search for teachers who will put an end to this your lack of culture? Yet truly it is because of this dissonance and sloth, and not because of failure to keep in step with the lyre that brother with brother and city with city clash together without measure or harmony and are at strife, and in their warring perpetrate and suffer the uttermost horrors. But ye assert that the unjust are unjust not because of their lack of education and lack of knowledge but voluntarily, while on the other hand ye have the face to affirm that injustice is a foul thing, and hateful to Heaven. Then how, pray, could any man voluntarily choose an evil of such a kind? Any man, you reply, who is mastered by his pleasures. But is not this condition also involuntary, if the act of mastering be voluntary? Thus in every way the argument proves that unjust action is involuntary, and that every man privately and all the cities publicly ought to pay more attention than they do now to this matter. So then, Socrates, when I hear you constantly making these speeches I admire you immensely and praise you to the skies. So too when you state the next point in your argument, that those who train their bodies but neglect their souls are guilty of another action of the same sort - neglecting the part that should rule, and attending to that which should be ruled. Also when you declare that whatsoever object a man knows not how to make use of, it is better for him to refrain from making use thereof; thus, suppose a man knows not how to use his eyes or his ears or the whole of his body, it is better for such a man not to hear nor to see nor to employ his body for any other use rather than to use it in any way whatsoever.
Français
Victor Cousin · wikisource-cousin-cleitophon-fr-01
[407a] Socr. J’aurais tort de m’opposer au désir que tu montres de me rendre service. Dès que tu m’auras découvert ce qu’il y a de bien et ce qu’il y a de mal en moi, je poursuivrai l’un, et j’éviterai l’autre de toutes mes forces. Clit. Prête-moi donc ton attention. Souvent, Socrate, quand je me suis trouvé avec toi, j’ai été saisi d’admiration en t’écoutant ; et il m’a semblé que tu parlais mieux que tous les autres lorsque, gourmandant les hommes, comme un dieu du haut d’une machine de théâtre, [407b] tu t’écriais : où courez-vous, mortels ? ne voyez-vous pas que vous ne faites rien de ce que vous devriez faire ? Le but de tous vos soins est d’amasser des richesses et de les transmettre à vos enfants, sans vous inquiéter de l’usage qu’ils en feront. Vous ne songez pas à leur trouver des maîtres qui leur enseignent la justice, si elle peut s’enseigner, ou qui les y exercent et les y forment convenablement, si l’étude et l’exercice peuvent la donner. Vous ne vous gouvernez pas mieux vous-mêmes. Et quand après vous être instruits dans les lettres, [407c] la musique et la gymnastique, ce que vous croyez être la parfaite éducation pour devenir vertueux, vous voyez que ni vous ni vos enfants n’en êtes pas moins ignorants sur l’usage de vos richesses, comment n’êtes-vous pas scandalisés de cette éducation et ne cherchez-vous pas des maîtres qui fassent disparaître cette fâcheuse dissonance ? Car c’est à cause de ce désordre et de cette insouciance, et non parce qu’un pied tombe assez mal en mesure avec la lyre, qu’il y a défaut d’accord et d’harmonie entre les frères et les frères, les États et les États, [407d] et que, dans leurs divisions et leurs guerres, ils souffrent autant de maux qu’ils s’en font mutuellement. Vous prétendez que l’injustice est volontaire et qu’elle ne vient pas du manque de lumières et de l’ignorance, et cependant vous soutenez que l’injustice est honteuse et haïe des dieux. Quel est donc l’homme qui choisirait volontairement un tel mal ? Celui qui se laisse vaincre par les plaisirs, me répondez-vous. Mais si la victoire dépend de la volonté, la défaite n’est-elle pas toujours involontaire ? La raison nous force donc de convenir que de toutes manières l’injustice est involontaire, [407e] et que nous devons, chacun de nous en particulier, et toutes les républiques en général, nous montrer moins négligents que nous ne le sommes aujourd’hui. Quand je t’entends parler ainsi, Socrate, je t’admire, je t’aime et je te loue. J’éprouve le même sentiment quand tu ajoutes que ceux qui cultivent avec soin leur corps et négligent leur âme ne font pas autre chose que négliger ce qui commande et soigner ce qui doit obéir ; quand tu dis que celui qui ne connaît pas l’usage d’une chose fait mieux de ne pas s’en servir ; que celui qui ne connaît pas l’usage des yeux, des oreilles et des autres parties du corps, fait mieux de ne pas regarder, de ne pas écouter, et de ne tirer aucun service de ses membres que de s’en servir au hasard.
Concepts de ce passage
Colère
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Bienfait
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Soin de l’âme
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Devoir civique
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Mort
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Désir
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Dialectique
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Éducation
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Éther et champ
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Famille
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Formes intelligibles
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Dieu
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Sagesse humaine
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Impressions et assentiment
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Entraînement Jedi
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Justice
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Connaissance
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Logos de la nature
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Messie
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Attention
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Mode
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Exercice philosophique
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Plaisir
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Pauvreté et richesse
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Prière
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Raison
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Rôles et relations
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Service
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Souffrance
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Temps
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Tranquillité
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Vertu
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Guerre et paix
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Sagesse
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