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Platon
Clitophon Passage 408
Passage 3 sur 5
Référence canonique 408
Grec ancien
perseus-plato-cleitophon-grc
ΚΛΕΙ. καὶ δὴ καὶ περὶ τέχνην ὡσαύτως· ὅστις γὰρ δὴ μὴ ἐπίσταται τῇ ἑαυτοῦ λύρᾳ χρῆσθαι, δῆλον ὡς οὐδὲ τῇ τοῦ γείτονος, οὐδὲ ὅστις μὴ τῇ τῶν ἄλλων, οὐδὲ τῇ ἑαυτοῦ, οὐδʼ ἄλλῳ τῶν ὀργάνων οὐδὲ κτημάτων οὐδενί. καὶ τελευτᾷ δὴ καλῶς ὁ λόγος οὗτός σοι, ὡς ὅστις ψυχῇ μὴ ἐπίσταται χρῆσθαι, τούτῳ τὸ ἄγειν ἡσυχίαν τῇ ψυχῇ καὶ μὴ ζῆν κρεῖττον ἢ ζῆν πράττοντι καθʼ αὑτόν· εἰ δέ τις ἀνάγκη ζῆν εἴη, δούλῳ ἄμεινον ἢ ἐλευθέρῳ διάγειν τῷ τοιούτῳ τὸν βίον ἐστὶν ἄρα, καθάπερ πλοίου παραδόντι τὰ πηδάλια τῆς διανοίας ἄλλῳ, τῷ μαθόντι τὴν τῶν ἀνθρώπων κυβερνητικήν, ἣν δὴ σὺ πολιτικήν, ὦ Σώκρατες, ἐπονομάζεις πολλάκις, τὴν αὐτὴν δὴ ταύτην δικαστικήν τε καὶ δικαιοσύνην ὡς ἔστιν λέγων. τούτοις δὴ τοῖς λόγοις καὶ ἑτέροις τοιούτοις παμπόλλοις καὶ παγκάλως λεγομένοις, ὡς διδακτὸν ἀρετὴ καὶ πάντων ἑαυτοῦ δεῖ μάλιστα ἐπιμελεῖσθαι, σχεδὸν οὔτʼ ἀντεῖπον πώποτε οὔτʼ οἶμαι μήποτε ὕστερον ἀντείπω, προτρεπτικωτάτους τε ἡγοῦμαι καὶ ὠφελιμωτάτους, καὶ ἀτεχνῶς ὥσπερ καθεύδοντας ἐπεγείρειν ἡμᾶς. προσεῖχον δὴ τὸν νοῦν τὸ μετὰ ταῦτα ὡς ἀκουσόμενος, ἐπανερωτῶν οὔτι σὲ τὸ πρῶτον, ὦ Σώκρατες, ἀλλὰ τῶν ἡλικιωτῶν τε καὶ συνεπιθυμητῶν ἢ ἑταίρων σῶν, ἢ ὅπως δεῖ πρὸς σὲ περὶ αὐτῶν τὸ τοιοῦτον ὀνομάζειν. τούτων γὰρ τοὺς τὶ μάλιστα εἶναι δοξαζομένους ὑπὸ σοῦ πρώτους ἐπανηρώτων, πυνθανόμενος τίς ὁ μετὰ ταῦτʼ εἴη λόγος, καὶ κατὰ σὲ τρόπον τινὰ ὑποτείνων αὐτοῖς, ὦ βέλτιστοι, ἔφην, ὑμεῖς, πῶς ποτε νῦν ἀποδεχόμεθα τὴν Σωκράτους προτροπὴν ἡμῶν ἐπʼ ἀρετήν; ὡς ὄντος μόνου τούτου, ἐπεξελθεῖν δὲ οὐκ ἔνι τῷ πράγματι καὶ λαβεῖν αὐτὸ τελέως, ἀλλʼ ἡμῖν παρὰ πάντα δὴ τὸν βίον ἔργον τοῦτʼ ἔσται, τοὺς μήπω προτετραμμένους προτρέπειν, καὶ ἐκείνους αὖ ἑτέρους; ἢ δεῖ τὸν Σωκράτη καὶ ἀλλήλους ἡμᾶς τὸ μετὰ τοῦτʼ ἐπανερωτᾶν, ὁμολογήσαντας τοῦτʼ αὐτὸ ἀνθρώπῳ πρακτέον εἶναι, τί τοὐντεῦθεν; πῶς ἄρχεσθαι δεῖν φαμεν δικαιοσύνης πέρι μαθήσεως; ὥσπερ ἂν εἴ τις ἡμᾶς προύτρεπεν τοῦ σώματος ἐπιμέλειαν ποιεῖσθαι, μηδὲν προνοοῦντας ὁρῶν καθάπερ παῖδας ὡς ἔστιν τις γυμναστικὴ καὶ ἰατρική, κἄπειτα ὠνείδιζεν, λέγων ὡς αἰσχρὸν πυρῶν μὲν καὶ κριθῶν καὶ ἀμπέλων ἐπιμέλειαν πᾶσαν ποιεῖσθαι, καὶ ὅσα τοῦ σώματος ἕνεκα διαπονούμεθά τε καὶ κτώμεθα, τούτου δʼ αὐτοῦ μηδεμίαν τέχνην μηδὲ μηχανήν, ὅπως ὡς βέλτιστον ἔσται τὸ σῶμα, ἐξευρίσκειν, καὶ ταῦτα οὖσαν.
Anglais
Benjamin Jowett · perseus-plato-cleitophon-en
Cleit. So too, likewise, with respect to art: it is surely plain that a man who does not know how to use his own lyre does not know either how to use his neighbor’s, and that one who does not know how to use the lyre of others does not know how to use his own either, - nor yet any other instrument or chattel. Moreover, the conclusion of this argument of yours is a fine one, - how that for every man who knows not how to make use of his soul it is better to have his soul at rest and not to live, than to live acting according to his own caprice; but if it is necessary for him to live, it is better after all for such an one to spend his life as a slave rather than a free man, handing over the rudder of his will, as it were of a ship, to another man who has learnt the art of steering men - which is the name that you, Socrates, frequently give to politics, when you declare that this very same art is that of judging and justice. Against these arguments and others of a like kind, exceedingly numerous and couched in exceedingly noble language, showing that virtue can be taught and that a man should care above all else for himself, I have hardly uttered a word up till now, nor do I suppose that I ever shall utter a word against them in the future, for I regard them as most valuable admonitions and most useful, literally capable of waking us up, as it were, out of our slumber. So I gave my attention with a view to hear what was to follow next, although I did not at first question you yourself, Socrates, but some of your contemporaries and fellow-students or companions - or whatever name one ought to give to the relation in which they stand towards you. Of these I questioned first those who are specially held in regard by yourself, asking them what was your next argument, and propounding the matter to them somewhat after your own fashion: I ask you, my very good Sirs, in what sense do we now accept the exhortation to virtue which Socrates has given us. Are we to regard it as all there is, and suppose it to be impossible to pursue the object further and grasp it fully; and is this to be our lifelong task, just to exhort those who have not as yet been exhorted, and that they in turn should exhort others? Or, when we have agreed that this is exactly what a man should do, ought we to ask Socrates, and one another, the further question - What is the next step? What do we say is the way in which we ought to begin the study of justice? Just as if a man were exhorting us to devote care to our bodies, observing that we like children had as yet no notion of the existence of the arts of gymnastics and medicine; and were then to reproach us and say that it is disgraceful to spend all one’s care on wheat and barley and vines and all the goods which we labor to acquire for the sake of the body, and yet make no effort to discover some art or device for securing that the body itself shall be in the best possible condition - and that in spite of the fact that such an art exists.
Français
Victor Cousin · wikisource-cousin-cleitophon-fr-01
[408a] Pour les arts, c’est la même chose : celui qui ne sait pas se servir de sa lyre ne sait pas davantage se servir de celle de son voisin ; et celui qui ignore l’usage de la lyre des autres n’est pas plus habile sur la sienne. Il en faut dire autant des autres instruments et de toutes choses. Tu terminais enfin par cette belle pensée : celui qui ne sait pas se servir de son âme doit la laisser inactive et ne pas vivre plutôt que de vivre abandonné à lui-même ; ou si c’est une nécessité de vivre, il doit se soumettre à un autre [408b] plutôt que d’agir à sa fantaisie, et, comme un bon nautonier, confier la conduite de sa barque à celui qui est habile dans la science de gouverner les hommes, cette science que tu appelles souvent la politique, Socrate, et qui, selon toi, est la même que celle de juger, la justice. Dans ces discours et tant d’autres par lesquels tu nous apprends que la vertu peut être enseignée, et que nous ne devons pas négliger l’étude [408c] de nous-mêmes, je n’ai jamais rien trouvé et sans doute je ne trouverai jamais rien à reprendre : je les crois bons pour nous exciter et très propres à nous faire sortir du sommeil qui nous tient engourdis. Je fis donc une grande attention, et dans le désir que j’avais d’en savoir davantage, j’interrogeai non pas toi d’abord, Socrate, mais tes compagnons d’âge et de pensée, tes disciples, tes amis, enfin, quel que soit le nom qu’on doive donner au lien qui les attache à toi. Je m’adressai d’abord à ceux que tu estimes le plus ; je leur demandai de quoi on parlerait ensuite, et [408d] imitant ta méthode : que faut-il penser, mes amis, leur dis-je, de cette exhortation de Socrate à la vertu ? Est-ce là tout ? Ne faut-il pas arriver à la pratique et mettre la main à l’œuvre ? Faut-il que toute la vie se passe pour nous à exhorter ceux qui ne l’ont point encore été, et pour ceux-ci à en exhorter d’autres à notre exemple ? Ou plutôt, puisque nous convenons tous [408e] que c’est un devoir pour nous que ces exhortations, ne faut-il pas demander à Socrate et nous demander à nous-mêmes : qu’y a-t-il après cela ? Par où commencerons-nous l’étude de la justice ? Si quelqu’un venait nous exhorter à prendre soin de notre corps, nous voyant insouciants comme des enfants de ces arts qu’on nomme la gymnastique et la médecine ; et s’il nous faisait un reproche de donner tous nos soins au blé, à l’orge, à la vigne, à toutes ces choses enfin que nous cultivons et que nous recherchons pour les besoins de notre corps, sans rechercher le moins du monde un art, un exercice pour fortifier notre corps même, et cela quand cet art existe ; si nous demandions à cet homme de quels arts
Concepts de ce passage
Colère
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Aponie
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Soin de l’âme
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Désir
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Dialectique
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Condition de disciple
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Devoir
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Éducation
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Éther et champ
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Famille
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Formes intelligibles
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Liberté
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Jugement
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Justice
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Connaissance
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Logos de la nature
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Messie
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Attention
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Nécessité
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Prochain
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Éros philosophique
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Exercice philosophique
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Raison
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Rôles et relations
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Service
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Péché
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Esclavage
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Temps
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Vertu
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Guerre et paix
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Sagesse
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